Constant Awashish est le grand chef du CNA.
Constant Awashish est le grand chef du CNA.

Racisme envers les Autochtones: les résultats du sondage bien reçus à La Tuque

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Les résultats du sondage sur le thème les Québécois et le racisme envers les Premières Nations, réalisé par la firme Léger pour l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), ne surprennent pas vraiment les différents acteurs autochtones de la Haute-Mauricie.

«Je ne suis pas tombée en bas de ma chaise», lance d’entrée de jeu Laurianne Petiquay, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque (CAALT).

«Quand on regarde le profil des répondants par contre, je pense qu’il aurait été intéressant de voir davantage de données provenant des régions. On voit que 50 % des répondants proviennent de Montréal. La réalité est parfois différente en région», souligne-t-elle.

Le grand chef du Conseil de nation atikamekw (CNA), Constant Awashish, n’est pas non plus surpris, il note les progrès réalisés au cours des dernières années. Il constate aussi à la lecture des résultats du sondage que les Québécois sont très conscients de l’existence du problème de racisme et qu’ils font preuve d’ouverture vis-à-vis les demandes des Premières Nations.

«Les Québécois ne sont pas dupes. Ils confirment l’existence de cette situation. On vient nous dire qu’on n’est pas dans le champ en tant que dirigeants autochtones quand on dénonce des situations. La population québécoise, je pense, nous appuie dans nos demandes. Ils demandent au gouvernement de faire des actions concrètes pour la lutte au racisme et à la discrimination», soutient Constant Awashish.

«On est désavantagé par notre situation socioéconomique et le gouvernement doit faire les efforts nécessaires pour qu’on puisse avoir un meilleur rattrapage et qu’on puisse mieux contribuer à l’effervescence de la société. Une des solutions qui ressort de ce sondage, c’est de donner plus d’autonomie aux Premières Nations dans les décisions qui concernent le territoire et les ressources naturelles», ajoute-t-il.

Le sondage souligne en effet que 91 % des répondants pensent que l’État québécois a un rôle important à jouer dans l’atteinte et le maintien de l’égalité entre les Premières Nations et les Québécois non autochtones.

Le grand chef du CNA pense également que les Québécois sont davantage «branchés» que les dirigeants gouvernementaux.

«Quand on parle de gouvernement, souvent c’est la sourde oreille. Il y a encore beaucoup de chemin à faire au gouvernement», affirme-t-il.

Laurianne est directrice générale du Centre d’amitié autochtone de La Tuque.

Le sondage révèle que 92 % des citoyens non autochtones de la province croient que les Premières Nations font l’objet de racisme ou de discrimination.

«Les Québécois sont au courant qu’il y a un problème, maintenant il faut agir», martèle Laurianne Petiquay.

Cette dernière n’est pas sans faire le lien avec la mission du Centre d’amitié autochtone qui travaille depuis 46 ans au mieux-être des autochtones.

«Depuis 46 ans, on travaille fort pour améliorer la condition de vie des autochtones en milieu urbain. On travaille à lutter contre le racisme évidemment. Il faut continuer de se concerter et de travailler ensemble pour le mieux-être des autochtones. […] Le plus dur à combattre c’est le racisme systémique. On met beaucoup d’énergie là-dessus», note-t-elle.

D’ailleurs, l’APNQL a annoncé l’élaboration de «son propre plan d’action» afin de s’attaquer à la discrimination et au racisme. Il devrait voir le jour à l’automne. Une bonne idée selon les deux intervenants autochtones de La Tuque.

«J’ai hâte de voir le plan de lutte qu’ils vont sortir. Ils sont en mode action et c’est très bien», souligne Laurianne Petiquay.

Elle espère d’ailleurs que les Centres d’amitiés autochtones feront partie de la solution.

«C’est certain que ça va faire partie de nos discussions, maintenant la forme que ça va prendre pour l’instant je n’en ai aucune idée», note de son côté Constant Awashish.

Le sondage indique également qu’une majorité de répondants pensent que les Premières Nations ne sont pas traitées sur le même pied d’égalité que les Québécois non autochtones dans les structures sociales.

«On revient encore au racisme systémique. C’est tout à fait en lien avec le rapport de la commission Viens qui dit qu’il y a un problème de racisme systémique au niveau des services […] Ce que l’on voit beaucoup, c’est l’accès aux services, l’éducation, les problèmes liés au logement. On ne doit pas nier ces problèmes-là», a conclu Laurianne Petiquay, directrice générale du CAALT.

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