Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies.

Qu’on lance les hostilités

CHRONIQUE / Maintenant qu’Yvon Deshaies, le maire de Louiseville a mis fin au grand suspense de l’été en rendant sa décision de ne pas être candidat indépendant dans Trois-Rivières, une possibilité qui devait faire trembler de peur les autres candidats, on peut penser que les dés sont jetés et qu’on peut commencer la campagne électorale,

À moins que ce ne soit la victoire à l’arraché, au photo-finish, «serrée comme au référendum», comme le suggère Louise Charbonneau, la candidate choisie cette semaine pour représenter le Bloc québécois dans Trois-Rivières, on se dit qu’il est plus que temps qu’on donne le signal de départ, car plusieurs candidats ont déjà au moins deux à trois tours de piste de chauffe d’accomplis.

On ne passera pas pour un savant devin, ni prétendre posséder un pif électoral aussi fin que celui des meilleurs renifleurs de parfum, ni même la prétention d’avoir été introduit dans le cercle très fermé de ceux qui savent, mais on peut prédire sans se tromper que les élections fédérales seront déclenchées dans moins de dix jours, au plus tard le dimanche 15 septembre. C’est la loi.

Certes, on dira que dans la région, il manque encore deux candidats néo-démocrates, un dans Saint-Maurice-Champlain et l’autre dans Bécancour-Nicolet-Saurel.

Si on se bousculait il y a quatre ans pour porter les couleurs néo-démocrates dans Saint-Maurice-Champlain, la présence du ministre libéral François-Philippe Champagne est peut-être trop intimidante cette fois-ci. À moins que l’ex-candidat Jean-Yves Tremblay, conseiller municipal, remette ça, mais c’est peu probable, même si on l’a beaucoup vu à la Classique internationale de canots.

Sans dire que dans cette circonscription, la partie semble déjà jouée, on n’en est pas loin. Le conservateur Bruno-Pier Courchesne a beau en nourrir de grands espoirs, mais il apparaît difficile pour le moment de penser qu’il pourrait parvenir à «sortir le Champagne», comme il l’a imagé lors du lancement de sa campagne.

De la même façon, il n’y a rien de très stimulant pour l’éventuel candidat néo-démocrate dans Bécancour-Nicolet-Saurel, à la perspective d’affronter Louis Plamondon qui peut raisonnablement aspirer à une onzième victoire électorale, ce qui en fera le parlementaire ayant siégé le plus longtemps dans l’histoire de la Chambre des communes.

La spectaculaire remontée du Bloc québécois dans les intentions de vote, sous l’impulsion de son nouveau chef Yves-François Blanchet, l’a assurément bien remis en selle. Ce sont les vieux anglos qui vont se tordre d’indignation à l’idée que le recordman des parlementaires canadiens, c’est un… séparatiste. Pour l’instant, c’est plus que probable.

Bien sûr, pour les néo-démocrates du Québec, un Jagmeet Singh désenturbanné, qui a, décoiffé, des airs du Christ, comme on l’a fait voir cette semaine dans une pub du parti, un Jagmeet portant des gants de boxe, mais pas dans le rôle du méchant, ça peut séduire des Québécois. Surtout que l’homme s’exprime plutôt bien en français et qu’il finira bien par paraître sympathique… mais c’est pas encore Jack.

Aucun sondage ne prédit depuis plusieurs mois déjà, une victoire possible des deux députés néo-démocrates sortants de la région, Robert Aubin dans Trois-Rivières et Ruth Ellen-Brosseau dans Berthier-Maskinongé.

On les situe même au quatrième et même cinquième rangs, derrière le Parti vert, ce qui ne correspondrait pas à l’estime et au respect qu’ont pour eux leurs électeurs.

Dans un cas comme dans l’autre, ils sont loin d’avoir jeté l’éponge, car on les a vus un peu partout dans les événements de l’été.

Reste que si on s’en fie aux sondages les plus récents et à ce qu’en prédisent les sites de projection du vote, la lutte se ferait plutôt entre conservateurs et libéraux dans Trois-Rivières et entrent la libérale Christine Poirier et le bloquiste Yves Perron, dans Berthier-Maskinongé, qui a toujours conservé un bon fond bloquiste… ou souverainiste.

Dans la région, la lutte qui fera se tenir sur le bout de leur chaise les amateurs d’élection, c’est à Trois-Rivières qu’elle va avoir lieu. On peut même déjà prétendre qu’elle profitera d’un suivi national.

C’est évidemment en raison de l’entrée dans la bataille pour le Parti conservateur de l’ex-maire Yves Lévesque qui porte la circonscription de Trois-Rivières aux portes d’une potentielle victoire des bleus.

Ce qui donne d’autant de piquant à cette lutte, c’est que son adversaire, la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin, qu’Yves Lévesque voyait comme celle qui devrait lui succéder à la mairie de Trois-Rivières, brigue les couleurs libérales et le devance légèrement dans les intentions de vote exprimées jusqu’ici.

Mais comme ça reste à l’intérieur des marges d’erreur, il n’y a encore rien de tranché. Ils sont au coude-à-coude et ça commence dans les deux clans à se regarder de travers. Finis les excès de politesse. On passe aux jambettes, chaque fois que c’est possible.

Il faut dire que Lévesque est un super-campaigner, un champion de la poignée de main et des accolades, un naturel dans les bains de foule, ce qu’il appelle, probablement avec raison, sa «zone payante».

Il est aussi perçu par beaucoup comme un homme d’action qui fera débloquer les dossiers, s’il est élu, si les conservateurs forment le gouvernement et s’il en reste des dossiers.

C’est pour ruiner cette vision d’homme qui ferait débloquer les choses que le ministre François-Philippe Champagne a annoncé cette semaine, pendant qu’il peut encore parler au nom du gouvernement, que le port, l’aéroport et le sanctuaire, «c’est réglé». On repassera pour les détails et les conférences de presse, «c’est réglé» , se contentera-t-il de répéter.

La manœuvre est évidemment d’envoyer comme message que Lévesque, c’est devenu un choix inutile, car tout est réglé.

Le candidat conservateur doit quand même affronter une adversaire libérale qui a plutôt fait belle figure jusqu’à présent et qui, visiblement, n’entend pas se laisser intimider par son ancien camarade hiérarchique.

Qu’on sonne la cloche à Rideau Hall, les électeurs sont prêts.

Coup de cœur: Évidemment au 52e Festival western de Saint-Tite, avec, on le lui souhaite, pas de privilèges VIP pour la SPCA de Montréal.

Coup de griffe: Si la députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, présente une motion pour améliorer les services hospitaliers, faudrait pas qu’elle oublie de la voter quand viendra son tour.