L'aventurier Frédéric Dion et sa chienne Nanook passeront quatre jours dans des conditions extrêmes de survie, près du lac Mistassini.

Quelques inquiétudes pour Frédéric Dion

NDLR.: L'aventurier Frédéric Dion entreprend aujourd'hui sa nouvelle expédition nommée «Opération ours polaire» qui consiste à survivre seul en forêt près du lac Mistassini à plus de 100 km de Chibougamau sans équipement, sans eau et sans nourriture. Jusqu'au 19 janvier, date prévue pour son retour, l'aventurier témoigne quotidiennement des défis auxquels il est confronté.
Je prends l'hélicoptère demain matin [jeudi], à 9 h. Et il y a un doute qui s'installe. Je me demande comment ça va être. Est-ce qu'il va y avoir des loups? Est-ce que je vais avoir froid? J'ai une espèce de fébrilité mélangée avec une certaine peur qui imposent une certaine prudence.
Je dois me poser la question: est-ce que cette peur est utile? Dans ce cas, oui elle est utile. Elle permet de faire les petites choses qui peuvent faire la différence lors de l'aventure. La peur en expédition est essentielle, c'est ce qui permet de rester en vie.
Les premières heures seront cruciales pour construire mon igloo. C'est la première chose que je dois faire pour me garantir que je ne dormirai pas à la belle étoile.
L'expérience que je vais faire, c'est une expérience statique. Je n'ai pas beaucoup de déplacements de prévus. Je veux mesurer l'hydratation par la neige par rapport au manque de nourriture et à la chaleur.
Je n'ai aucun équipement de survie. Je n'ai ni couteau, ni briquet, ni sifflet, ni bout de métal avec lequel je pourrais aiguiser quelque chose. Je veux pousser l'expérience plus loin. Qu'est-ce qui se passe si tu n'as pas ces outils?
Si je réussis à trouver des roches, déjà c'est un plus pour moi. Je n'ai pas d'équipement de survie, mais j'ai trois systèmes de communication sur des réseaux différents.
À chaque aventure que je fais, des personnes tentent de me décourager. Un pilote de brousse de cette région du Québec m'a écrit pour me dire de ne pas faire ce défi, car c'était dangereux et que dans le bois, on «calait» jusqu'à la taille. Ça fait quand même douze ans que je fais des aventures. Il y a toujours des gens qui viennent ébranler notre confiance. À date je suis capable de composer avec ça.
Ma seule compagne lors de cette aventure sera ma chienne Nanook. C'est un vrai chien d'extérieur. Il est toujours dehors et mange de la neige à tous les jours. Pour elle, ce n'est pas un problème. Et je lui amène de la nourriture. Les gens ne font pas la différence entre un chien d'intérieur qui n'a pas son poil d'hiver et qui n'est pas habitué au froid et un chien d'extérieur comme un loup peut l'être. Mon chien n'a pas besoin de manteau lorsqu'il est à l'extérieur.
Parlant de loups, il y en a dans la région où je vais. S'ils sont dans notre secteur, ça ne leur prendra pas beaucoup de temps à découvrir que nous sommes sur leur territoire. C'est pour ça que je veux un igloo. Ça peut servir de barrière de protection.
Propos recueillis par Gabriel Delisle