Valérie Delage et Steven Roy Cullen devant le boisé des Estacades durant la campagne électorale

Québec solidaire en montée dans la région: on est sorti de la marginalité»

TROIS-RIVIÈRES — Québec solidaire n’a peut-être pas fait élire de candidat lundi en Mauricie, il reste que son pourcentage d’appuis a véritablement explosé dans la région. Il a doublé dans toutes les circonscriptions et même triplé dans un cas. Dans deux des quatre comtés de la Mauricie, ce jeune parti a terminé troisième devançant le Parti québécois.

Québec solidaire, qui existe depuis 12 ans, a définitivement perdu son étiquette de négligé. «On est heureux d’être dans la ligue des grands. On est sorti de la marginalité, même ici en Mauricie, et ça nous rend vraiment fiers», se réjouit Valérie Delage, qui était candidate dans Trois-Rivières. «Maintenant, on joue dans les ligues majeures», renchérit Steven Roy Cullen, qui se présentait dans Champlain.

Mme Delage et M. Cullen ont terminé troisième dans leur circonscription respective. Avec 17,18 % des suffrages, Mme Delage a obtenu 653 votes de plus que Marie-Claude Camirand du Parti québécois. Mme Delage a fait mieux que son parti qui a obtenu 16,1 % des voix.

Quant à Steven Roy Cullen, il a récolté 12,96 % des suffrages, soit 357 de plus que le péquiste Gaétan Leclerc.

Dans Laviolette-Saint-Maurice et Maskinongé, Christine Cardin et Simon Piotte, ont terminé au quatrième rang à quelque 200 voix du Parti québécois.


« Depuis le début de l’existence de Québec solidaire, on est en augmentation constante. Je pense que ça va se poursuivre et que ça va même prendre plus d’ampleur. »
Steven Roy Cullen

Christine Cardin a multiplié par trois le pourcentage de vote de Québec solidaire comparativement aux résultats obtenus par ses candidats dans Laviolette et Saint-Maurice en 2014.

Au Centre-du-Québec, dans Nicolet-Bécancour, François Poisson a obtenu 12,34 % des votes contre 7,92% pour le candidat de 2014.

Des résultats jugés très satisfaisants. «On a fait une belle campagne au niveau régional pendant plusieurs mois, voire même plusieurs années. Ça fait longtemps qu’on prépare cette élection. C’est sûr qu’on aurait aimé gagner, mais compte tenu du contexte, on est heureux de notre résultat», note Mme Delage. «Québec solidaire a fait des gains énormes. On le voyait dans nos salles, dans nos soirées électorales. Il y avait du monde. Il y a un mouvement de fond. Il y a quelque chose qui est en train de se construire, c’est clair», se réjouit M. Cullen. «On était un quatuor mauricien et même un quintet avec François Poisson au Centre-du-Québec. On a fait un travail de terrain, on a travaillé sur les idées, on a fait des sorties publiques, on était présent et on avait des bénévoles. On est très fiers», ajoute-t-il.

Et ces résultats ne constituent pas un accident de parcours, ce n’est qu’un début, selon Mme Delage et M. Cullen. «Je pense qu’on a monté une marche et qu’on ne va pas la redescendre. Nous, ce qu’on fait c’est un travail de fond. Un travail avec les gens sur le terrain. On construit une marche à la fois. Je pense qu’on va juste continuer à grandir», souligne Mme Delage. «Depuis le début de l’existence de Québec solidaire, on est en augmentation constante. Je pense que ça va se poursuivre et que ça va même prendre plus d’ampleur. Il y a certaines personnes qui m’ont dit que ce qu’on voit chez Québec solidaire aujourd’hui, c’est un peu ce qu’on voyait au sein du Parti québécois dans les années 70», raconte M. Cullen.

Comment expliquer cette progression? Par le travail sur le terrain et des idées qui rejoignent les préoccupations des citoyens, estiment les représentants de Québec solidaire. «Les gens ont beaucoup parlé de leurs inquiétudes par rapport à l’environnement, par rapport aux changements climatiques. C’est revenu constamment dans les conversations avec les gens que je rencontrais. L’autre préoccupation, c’était le désabusement de nos gouvernements. Je pense que nous avons une manière différente de faire de la politique. On est plus proche des gens et ça apporte un intérêt. Ils y voient une alternative aux vieilles manières de faire de la politique. Les inégalités grandissantes préoccupent aussi», note Mme Delage.

La Mauricie peut-elle être une terre fertile pour Québec solidaire alors que de l’autre côté du spectre politique, la Coalition avenir Québec a obtenu partout dans la région des majorités colossales? «Les gens au niveau national réalisent que Québec solidaire, ce n’est pas juste un parti montréalais. On l’a enfin prouvé. Nous, on le sait depuis longtemps en Mauricie, assure Mme Delage. Ça fait longtemps qu’on est impliqué et qu’on a une base militante solide ici. Là on le voit. Ça transparaît dans les résultats électoraux. Je pense que c’est là pour durer.»