Des travaux sont en cours à l’église Sainte-Anne.

Québec octroie 56 176 $ pour des travaux de maçonnerie à l'église Sainte-Anne

Sainte-Anne-de-la-Pérade — Majestueuse et immense, trônant au centre du village de Sainte-Anne-de-la-Pérade, l’église Sainte-Anne a des allures de cathédrale. Pour qu’elle continue à passer à travers les âges sans prendre une ride, elle doit se plier régulièrement à une petite cure de jeunesse. La députée de Champlain et ministre de la Justice, Sonia LeBel, a d’ailleurs annoncé, mardi, une aide financière de 56 176 $ pour la restauration de sa maçonnerie.

«Le gouvernement est fier d’investir dans le patrimoine religieux parce que c’est une très grande partie de notre histoire, surtout dans les régions», explique Mme LeBel, qui a fait cette annonce au nom de sa collègue et ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

La députée de Champlain et ministre de la Justice, Sonia LeBel, a annoncé, mardi, l’octroi d’une subvention de 56 176$ pour la restauration de la maçonnerie de l’église de Sainte-Anne-de-la-Pérade. On la voit ici en compagnie de René Beaudoin, président de la fabrique.

Cette subvention a été octroyée en vertu du programme visant la protection, la transmission et la mise en valeur du patrimoine culturel à caractère religieux «afin que ce magnifique bâtiment, qui est quant à moi une icône de la région, puisse conserver toute sa beauté dans les années à venir et qu’on puisse continuer d’en profiter», souligne Mme LeBel. Ces témoins du passé sont des biens collectifs, des biens précieux, a-t-elle mentionné. «Nos prédécesseurs ont beaucoup investi pour nous léguer des bâtiments qui sont si riches. Donc, je pense que c’est notre responsabilité de faire en sorte qu’ils continuent et qu’on puisse les léguer aux générations futures. Même si ce n’est pas juste pour des raisons religieuses. Je pense que ça va au-delà de la religion. C’est un symbole d’une communauté.»

L’enveloppe de ce programme contient un total de 20 M$ pour l’année 2019-2020. Toutefois, la somme des demandes d’aide financière au Conseil du patrimoine religieux du Québec est deux fois plus élevée.

Le président de la fabrique, René Beaudoin, a d’ailleurs rappelé qu’en 2003, un inventaire du patrimoine religieux avait permis de répertorier 2746 lieux de culte. Seize ans plus tard, 612 ont été démolis, ont fermé ou ont changé de vocation. «C’est le quart - une église sur quatre - depuis 16 ans qui ont fermé, qui ont été démolies, etc. Et on pense que d’ici les 10 prochaines années, on ne sera pas loin de la moitié. Alors quand on regarde la situation, on se dit qu’elle est assez critique d’où l’importance des interventions du gouvernement et des autres partenaires pour que nos églises puissent être conservées. Au moins, avec les travaux qui sont en train de se faire ici, ça permet à l’église de Sainte-Anne-de-la-Pérade d’échapper à ce scénario», espère-t-il.

Mais le gouvernement en fait-il assez? «Naturellement, on pourrait discuter en disant qu’on pourrait toujours en faire plus, mais notre gouvernement en fait quand même beaucoup», affirme Mme LeBel. Pour ce qui est de l’église de Sainte-Anne-de-la-Pérade, des échafauds ont été érigés le long des murs, signe que les travaux sont déjà en branle. Mais seulement une partie de la maçonnerie sera restaurée cette année. Pour réparer l’ensemble des murs, il en coûtera près de 500 000 $. Si le gouvernement supporte environ 70% des coûts, la fabrique doit trouver le reste. Concerts, bingos, les paroissiens ne manquent pas d’imagination. Il y a quelques années une campagne de financement avait même été lancée pour réparer un des clochers. Mais il reste que chaque année, de nouveaux bobos apparaissent. Par exemple, le mur arrière de la sacristie devra être refait au complet. La brique à l’arrière de ce mur de tôle s’effrite. «Ce sont des coûts dont on aurait pu se passer. On y va par priorité, mais chaque année, il y a des surprises. C’est ça l’histoire de la santé d’une église», raconte Robert Prévost, membre du Comité local des affaires économiques de Sainte-Anne-de-la-Pérade.

Mais il est clair que la communauté de Sainte-Anne-de-la-Pérade va tout faire pour conserver son église. Pour la mairesse, Diane Aubut, elle constitue l’identité de la municipalité. «C’est vraiment un trésor, c’est vraiment quelque chose qui fait partie de nos communautés, et c’est la fierté des Péradiens.»