La Pourvoirie du lac Blanc bénéficiera d’une aide gouvernementale de 821 000 $ de la part de Développement économique Canada pour des travaux d’agrandissement. Mélanie Joly, ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie en compagnie de Gaston Pellerin et de son fils Georges, propriétaires de la Pourvoirie du lac Blanc.

Quatre arrêts en Mauricie pour Mélanie Joly

SAINT-ALEXIS-DES-MONTS — Créer 180 000 emplois d’ici 2030, au Canada, dans le secteur touristique. Voilà un objectif que Mélanie Joly, ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, croit possible. Et celle-ci est de passage en Mauricie pour entendre les intervenants du milieu sur leur réalité et les défis auxquels ils font face, en marge de l’élaboration d’un plan stratégique pour y arriver.

La journée de la ministre Joly a débuté lundi par un arrêt à Saint-Alexis-des-Monts, pour l’annonce d’une contribution remboursable de 821 000 $ à la Pourvoirie du lac Blanc. Cet octroi de Développement économique Canada s’inscrit dans la stratégie de diversification de l’offre touristique, en cours d’élaboration, indique la ministre.

La stratégie en question, dont on devrait connaître les détails avant l’été, s’articule autour de quatre pôles, soit ceux du tourisme gourmand, du tourisme autochtone, du tourisme LBGTQ et celui du tourisme hivernal, explique Mme Joly. C’est précisément ce dernier axe qui justifiait sa présence et l’annonce à Saint-Alexis-des-Monts, souligne-t-elle.

Pour la ministre Joly, peu de secteurs de l’économie présentent un potentiel aussi important que celui du tourisme. Elle parle d’un rythme de croissance de 4 % à l’échelle planétaire. S’il n’en tient qu’à son gouvernement, le Canada obtiendra sa juste part de cette effervescence, assure-t-elle.

Pour y arriver, plusieurs enjeux doivent être considérés, selon Mme Joly. Il faut d’abord s’extraire de la perspective estivale et étendre l’offre touristique sur l’ensemble de l’année, fait-elle valoir. Miser sur une approche qui met davantage de l’avant le tourisme en région serait également un aspect à privilégier.

Par ailleurs, la ministre soutient que des études montrent que 30 % des touristes planifient leurs vacances en fonction de considérations gastronomiques, tandis que seulement 8 % de ceux qui choisissent le Canada le font pour ces raisons.

Un comité-conseil d’une dizaine de personnes a été mis sur pied pour voir à l’élaboration de la stratégie. Celui-ci est présidé par Frank McKenna, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick. Y siègent également Raymond Bachand, anciennement ministre des Finances et ministre du Tourisme du Québec, de même que Liza Frulla, présidente de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec et ancienne ministre de la Culture et des Communications à Québec et du Patrimoine, à Ottawa.

Après l’annonce de Saint-Alexis-des-Monts, la ministre Joly rencontrait une quarantaine d’intervenants du milieu, à l’occasion d’un dîner-conférence organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de la MRC de Maskinongé, au Magasin général Le Brun. Elle se rendait ensuite au Musée des Abénakis à Odanak et à Trois-Rivières pour prendre part à des rencontres privées.

Investissements à la Pourvoirie du lac Blanc

La Pourvoirie du lac Blanc est l’exemple type d’entreprise en mutation, passant de l’exploitation forestière au service touristique, que Mélanie Joly aime à évoquer pour illustrer le potentiel de cette filière économique.

L’entreprise de Gaston Pellerin à Saint-Alexis-des-Monts est née de la conversion d’un domaine familial en centre de villégiature à vocations multiples. Elle affiche une croissance ininterrompue depuis les quelque 23 dernières années, selon son directeur commercial, Daniel Grenier.

L’aide financière d’Ottawa, annoncée par Mélanie Joly, vient ainsi contribuer aux travaux d’agrandissement devenus nécessaires pour accommoder une clientèle qui avoisine aujourd’hui les 30 000 touristes en hébergement et les 20 000 visiteurs d’un jour, par année, indique-t-on.

Avec les nouveaux investissements, les installations compteront désormais 70 chambres et emploieront 70 travailleurs. En plus de nouvelles unités d’hébergement, d’importants travaux de rénovation ont notamment été effectués dans les cuisines. Un centre multiservice est également projeté. Les modalités du prêt sans intérêt prévoient un remboursement sur une période de six ans.

Les touristes étrangers constituent les deux tiers de la clientèle au lac Blanc et comptent pour 75 % des revenus. Bien que les Français continuent de représenter la portion la plus importante des visiteurs, des Allemands, des Belges et même des Mexicains font désormais partie des clients de l’endroit.

Quant à l’hiver qui s’achève, si les quantités de neige reçues dans la région cette année ont causé des maux de tête à plusieurs, au lac Blanc on se réjouit de cette inhabituelle abondance. «Pas de neige, ça ne marche pas», philosophe Gaston Pellerin.