Les ruines de l’école Le Rucher de Saint-Sylvère peu après l’incendie en août 2017.

Qu’arrivera-t-il de l’école Le Rucher?

Saint-Sylvère — La Commission scolaire de la Riveraine et le maire de Saint-Sylvère, Andrien Pellerin, ont hâte de savoir clairement ce qui adviendra de l’école Le Rucher qui a été rasée par un incendie, en août dernier.

Lors de son passage à Notre-Dame-du-Mont-Carmel où il a annoncé l’injection de 71,06 millions $ pour les écoles de la Mauricie et du Centre-du-Québec, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a été muet à ce sujet, même si la présidente de la Commission scolaire, Marjolaine Proulx, a tenté d’en savoir plus sur le sort de cette école.

«Ce n’est pas clair et quand on parle au ministère non plus», dit-elle.

La Commission scolaire voudrait que les élèves du Rucher, qui ont été installés temporairement au Faubourg du Mont-Bénilde, aillent à l’école Marquis de Saint-Célestin qui sera démolie cet automne et reconstruite avec un agrandissement.

La Commission scolaire estime que les élèves handicapés ou ayant des besoins spéciaux qui étaient à Saint-Sylvère, seront mieux à Saint-Célestin, car ce sera plus facile pour le transport scolaire et l’école est plus centrale, explique Mme Arsenault.

La Commission scolaire aimerait faire de l’école Marquis de Saint-Célestin une école dite inclusive pour les deux groupes d’enfants et profiter du fait que les deux écoles sont à rebâtir pour mettre son plan à exécution.

Cela ne règle toutefois pas le besoin de reconstruire aussi à Saint-Sylvère.

La Commission scolaire a obtenu, à la suite de l’incendie de l’école de ce village, un montant issu du régime d’indemnisation de 6,45 millions $. Une partie de cette somme a été utilisée, jusqu’à présent, afin d’aménager des locaux au Faubourg du Mont-Bénilde, l’automne dernier, pour y recevoir ces élèves aux besoins spéciaux. Il a aussi fallu acheter du matériel et il faut aussi payer le loyer, depuis un an et peut-être pour encore un ou deux ans, explique Mme Arsenault.

La Commission scolaire ne sait pas encore si l’école Le Rucher de Saint-Sylvère pourra être reconstruite.

«Est-ce qu’on peut reconstruire à Saint-Sylvère et ramener les enfants chez eux», questionne Mme Arsenault qui a reçu des informations contradictoires à ce sujet jusqu’à présent de la part de Québec.

Cette situation n’est pas sans inquiéter le maire de Saint-Sylvère, Adrien Pellerin. «On y tient vraiment à notre école», dit-il.

C’est qu’en plus d’être une école, l’édifice servait de salle communautaire pour le village. Or, à part l’église, il n’y a plus d’endroit dans le village pour réunir la population, déplore-t-il. Mardi, justement, la municipalité a eu à convoquer la population pour discuter du dossier de l’épicerie qui fait face à une fermeture. «On était 150 personnes, il a fallu se réunir dans l’église», dit-il.

Le maire Pellerin dit en avoir discuté avec le député Donald Martel et a demandé une rencontre avec la Commission scolaire la Riveraine. «On a 6,45 M$ sur papier pour la reconstruction à Saint-Sylvère, mais il ne fait pas d’annonce officielle», déplore-t-il en parlant du ministre Proulx.

Le ministre a en effet annoncé 7,07 M $ pour la démolition et la reconstruction de l’école Marquis de Saint-Célestin, mais n’a pas indiqué à la Commission scolaire ce qu’elle devra faire du reste des 6,45 M$ de la mesure d’indemnisation pour l’école Le Rucher de Saint-Sylvère.

Ce qui est clair présentement, c’est que l’école Marquis sera reconstruite au même endroit, malgré un sol dont la nature avait causé des problèmes de structure à l’ancien édifice. Il existe en effet de nouvelles technologies qui permettent de conserver la stabilité des bâtiments malgré ce genre de problème de sol, fait valoir la présidente.

Ce qui est clair aussi, c’est que la Commission scolaire n’aura pas besoin de reconstruire la bibliothèque ni le gymnase puisque leur structure est intacte et séparée de l’édifice. Il est aussi très clair qu’on veut un école inclusive et que de ce fait, les élèves handicapés qui étaient regroupés à l’école Le Rucher de Saint-Sylvère seront ramenés à Saint-Célestin lorsque l’école Marquis sera reconstruite.

«Le gros point d’interrogation» toutefois, précise Marjolaine Arsenault, «c’est est-ce qu’on va pouvoir reconstruire et ramener les élèves du village à Saint-Sylvère», se questionne-t-elle. «Ils sont présentement à Saint-Wenceslas», dit-elle.

«Même le ministre l’a dit. Un village doit avoir une école», rappelle néanmoins Mme Arsenault qui n’est pas contre l’idée.

«Il y a une analyse encore à faire. En ce moment, je ne veux pas m’avancer sur Saint-Sylvère parce que je ne peux pas dire oui et je ne peux pas dire non parce que je ne le sais pas. La municipalité a perdu son école, a perdu sa bâtisse, a perdu son centre communautaire et elle veut ravoir quelque chose», plaide Mme Arsenault. «On les comprend aussi et on l’a demandé dans notre résolution», précise-t-elle.

La Commission scolaire n’arrive pas à avoir de réponse claire du ministère à savoir si elle peut reconstruire l’école de Saint-Sylvère avec le montant du régime d’indemnisation reçu. «Il faut attendre que tout soit éclairci», fait-elle valoir.

Du côté de Saint-Célestin, la Commission scolaire attend à l’automne avant d’entamer les travaux de démolition parce que le gymnase sert de salle communautaire et que des camps de jour y ont lieu cet été.

Mme Arsenault ne peut pas encore dire quand sera ouverte la nouvelle école à Saint-Célestin. «Il faut qu’on démolisse. Il va peut-être y avoir des ajouts de terrains à faire. On ne pouvait rien faire tant qu’on n’avait pas de nouvelles à savoir si l’on démolit ou pas», dit-elle.