Andréanne Allard montre la revue Maison et demeure de février 2019.

Quand le rêve devient réalité

LA TUQUE — «Quand j’ai eu l’appel, j’avais l’impression que je venais de gagner un gros lot.» Andréanne Allard rêvait de voir un de ses décors dans la revue Maison & Demeure, la version française de House & Home, un magazine de décoration et de design bien connu à travers le Canada. Son souhait aura finalement été exaucé en février 2019 alors qu’un de ses projets de Trois-Rivières s’est retrouvé sur la page couverture.

«Avant même que je sois à mon compte, chaque fois que je recevais une revue, j’aimais ce qu’il y avait à l’intérieur et je rêvais d’avoir une petite case à moi là-dedans», lance d’entrée de jeu la Latuquoise.

«C’est drôle parce que j’ai tous les numéros depuis 2009 chez nous.[…] C’est un numéro qui soulignait les dix ans de la revue (francophone). C’est très valorisant pour mon travail. […] Ils m’ont appelée, et un mois plus tard ils faisaient le shooting photo. Au niveau de l’accomplissement, c’est vraiment une belle récompense», ajoute-t-elle.

Le parcours vers cette réalisation ne s’est toutefois pas fait sans effort. Même si la Latuquoise avait les arts plastiques dans la peau dès la fin de son secondaire, la route vers le succès qu’elle connaît aujourd’hui a été parsemée de remises en question.

C’est à Québec qu’elle a fait ses études après avoir abandonné quelques années plus tôt le programme de design d’intérieur à Trois-Rivières.

«J’ai en moi autant le côté cartésien qu’artistique. C’est là que je me suis rendu compte que j’adorais aménager les espaces […] J’avais de très bonnes notes, j’avais eu même des mentions et on m’offrait des emplois. J’ai plutôt décidé de partir un an en voyage avec sac à dos. J’avais envie de vivre autre chose avant de commencer ma carrière», raconte-t-elle.

C’est là qu’elle estime avoir appris à vivre simplement, et à se limiter dans les besoins.

Un projet de la designer Andréanne.

«J’essaie même d’inculquer ça à mes clients. Je propage le design durable», souligne la jeune femme de 38 ans.

À son retour, Andréanne Allard a travaillé pour une firme en aménagement de bureau. Elle a pu y parfaire sa technique.

«Je ne faisais pas de finition. J’ai fait ça pendant sept ans, mais à travers ça j’avais toujours de petits contrats ici et là avec des proches qui me permettaient de faire sortir mon côté créatif. […] Je sentais toujours un peu ma créativité qui était prise à l’intérieur. Je le sentais et je devais me positionner ailleurs», note-t-elle.

En 2010, la Latuquoise a été approchée pour donner des cours à l’établissement d’enseignement où elle avait gradué. Un défi qu’elle a accepté avec grand plaisir. À travers ça, les contrats continuaient d’arriver à La Tuque où sa carrière «a pris son envol» notamment avec la boutique Rouge Marine et la pâtisserie Gâtez-vous.

«Ç’a m’a donné comme un coup de pied de me dire que je pourrais enseigner et être à mon compte en même temps. C’est comme ça que ç’a commencé».

Installée à Trois-Rivières depuis un bon moment, Andréanne Allard a eu l’occasion aussi d’écrire sur un blogue spécialisé et de collaborer dans différentes revues, près d’une quarantaine de fois au total. Elle insiste sur l’importance de prendre de belles photos des décors.

«Ce n’est pas de la petite bière de prendre des photos d’un décor. Quand j’ai un shooting photo, c’est un cadeau que je me fais», note-t-elle.

Un projet de la designer Andréanne.

Maintenant, elle se consacre à son entreprise. Andréanne Allard s’inspire des tendances en Europe, mais surtout de ses clients et de leur mode de vie dans ses projets.

«J’aime les clients qui m’appellent parce qu’ils ont envie de travailler avec moi et qu’ils aiment ma signature. C’est aussi personnel de choisir une coiffeuse que de choisir une designer […] J’aime collaborer au fait que les gens soient bien dans leur maison», a-t-elle conclu.