Sylvain Gilbert et Mélanie Robert ont accueilli les petits Samuel, Mathieu et Simon il y a trois semaines. Avec leur grand frère de trois ans, Lucas, les parents affirment sans hésitation que la famille est désormais complète.

Quand la vie voit triple

Ils s'appellent Simon, Samuel et Mathieu. Couchés l'un contre l'autre dans leur parc, portant tous le même petit pyjama bleu, les triplés ont tout de trois petits anges.
Nés le 14 février dernier, les trois petits Valentins ont tout de même chamboulé la vie de leurs parents, Sylvain Gilbert et Martine Robert, qui n'auraient jamais pu imaginer que la vie leur réserverait une telle surprise le jour où ils ont choisi de donner un petit frère ou une petite soeur à leur premier fils, Lucas.
C'est que le couple du secteur Pointe-du-Lac n'a suivi aucun traitement de fertilité pour cette seconde grossesse, pas plus que pour la première d'ailleurs. Ce genre de naissance multiple, entièrement naturelle, est rarissime. En 2012, sur les 54 naissances de triplés au Québec, seulement huit ou neuf l'auraient été sans aucun traitement de fertilité, note Sylvain Gilbert.
«Ça a été toute une surprise, un choc même. Nous l'avons appris lors de la première échographie. Dès que le médecin a posé l'appareil sur le ventre de Martine, nous en avons vu deux. On se disait: Ah! Des jumeaux! Mais on a vite compris que ce n'était pas ça», se souvient Sylvain.
À peine quelques secondes écoulées à l'échographie qu'ils découvraient le troisième petit frère, bien caché derrière les deux autres. Une surprise qui n'avait rien d'une bonne nouvelle sur le coup, et qu'il a fallu apprendre à apprivoiser avec le temps.
«C'était le choc. On a pleuré, beaucoup. Sur le coup, ça n'a rien de drôle, car c'est vraiment toute ta vie que tu dois repenser. La maison, les voitures, le budget. Et quand tu t'attendais à avoir deux enfants dans ta vie, et que du jour au lendemain on te dit que tu en auras plutôt quatre, c'est un gros coup», se souvient Martine Robert, qui est infirmière aux soins intensifs du CSSSTR.
Cette dernière confie avoir pris quelques jours pour «pleurer ce que j'avais à pleurer». Puis, débrouillarde et déterminée, s'est retroussée les manches pour se mettre en mode action et préparer cette arrivée, qui n'aurait rien d'habituel.
«J'ai contacté d'autres mamans qui avaient eu des triplés. Par le bouche à oreille, j'en ai trouvé un peu partout dans la province et j'ai pris contact avec elles, car elles étaient bien placées pour comprendre ce qui nous arrivait et ce à quoi il fallait se préparer», se souvient Martine, qui dit avoir aussi reçu énormément de soutien de l'équipe de la clinique GARE (Grossesse à risque élevé) du CSSSTR ainsi que des médecins Natacha Malmédy et Michel Patry.
«Dr Patry m'a vite fait comprendre que oui, c'était une grosse épreuve, mais que j'avais les conditions idéales pour que tout se passe bien. Ma santé était bonne et mon corps était capable de supporter cette grossesse. Ils ont été vraiment formidables avec moi et m'ont fait beaucoup de bien», mentionne Martine.
Les triplés sont nés à 35 semaines et 4 jours, par césarienne à Trois-Rivières. «Ça a été un bel accouchement, mais aussi intense. Il y avait au moins 18 personnes dans la salle, une équipe pour chaque bébé», se rappelle Sylvain.
Les parents saluent également toute l'implication du personnel médical qui, sans intervenir au plan professionnel, s'est impliqué sur le plan personnel en contribuant à leur façon à rendre la vie plus facile à leur collègue de travail Martine.
«On a reçu tellement de cadeaux. On a eu des dons en argent, des meubles, du linge, une poussette. Même quand nous étions à l'hôpital, les infirmières venaient le matin pour nous porter du café ou des collations. Les gens ont été tellement généreux», s'exclame Sylvain.
Une semaine, 150 biberons, 150 couches...
Simon, Samuel et Mathieu ont reçu leur congé de l'hôpital dix jours après leur naissance.
Depuis, la petite famille tente de trouver son rythme du mieux qu'elle peut. À l'heure des boires, on couche les trois frères sur la table, et on leur installe le biberon accoté sur un petit rouleau de serviette. Pendant que papa surveille et fait faire les rots en série, maman en profite pour stériliser les autres biberons, ranger un peu la cuisine, recharger la table à langer et s'occuper de Lucas qui, à trois ans, continue d'avoir besoin de l'attention de ses parents.
À chaque semaine, ce sont 150 biberons qu'il faudra donner, 150 couches qu'il faudra changer, sans compter tout le reste qui doit être accompli dans la routine d'un nouveau-né.
«On a calculé l'autre jour, et il nous est arrivé de changer 24 couches dans la même journée», signale Martine.
Des dépenses nombreuses qui ont été amoindries par plusieurs contributions que les parents ont pu aller chercher. Outre une subvention gouvernementale versée aux parents lors de la naissance de triplés, Mélanie et Sylvain ont pu compter sur l'aide de la Fondation Maurice-Tanguay qui a accepté de leur fournir de nouveaux électroménagers pour répondre à la demande soudainement très grande.
Ils ont aussi obtenu des cartes-cadeaux des pharmacies Jean Coutu et Proxim, en plus d'obtenir de l'aide domestique une à deux fois par semaine du groupe Maternaide, du soutien de l'organisme Mamies Tendresse et de l'aide d'une travailleuse sociale du CLSC qui a su les guider vers les bonnes ressources. Mais toute cette aide ne se présente pas toute seule à la naissance des triplés, il faut que les parents fassent leurs démarches pour y parvenir.
«Il fallait faire ça tout de suite, car ce n'est pas quand ils auront deux ou trois ans que les gens vont lever la main pour nous aider. On a eu beaucoup de chance et on s'arrange pour faire en sorte que cette aide nous dure le plus longtemps possible», mentionne Sylvain.
Et heureusement, les parents peuvent aussi compter sur le soutien inconditionnel des familles, puisqu'ils ont la chance d'avoir les grands-parents et des soeurs qui viennent régulièrement donner un coup de main.
«On réalise la chance qu'on a de les avoir proche. Ils sont d'une aide très précieuse», convient Martine.