La piste cyclable du boulevard des Forges fera l’objet de discussions entre les élus.
La piste cyclable du boulevard des Forges fera l’objet de discussions entre les élus.

Qu’adviendra-t-il de la piste cyclable des Forges?

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La piste cyclable ratée du boulevard des Forges, dont les images ont fait le tour du Québec depuis les derniers jours, sera-t-elle corrigée? C’est la question que devra se poser très prochainement le Comité sur la mobilité durable et la sécurité routière de la Ville de Trois-Rivières, qui entend tout mettre en œuvre pour qu’un tel scénario ne se reproduise jamais.

Mardi après-midi, en séance de travail, les élus municipaux ont tous convenu qu’une telle erreur ne pouvait plus se reproduire. Or, au-delà de vouloir chercher des coupables, les élus ont plutôt convenu qu’il importe désormais de savoir non seulement ce qu’il adviendra de cette piste cyclable ratée, mais également de planifier une méthode de travail qui évitera qu’on puisse à nouveau échapper un tel projet à l’avenir.

Pour la conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure, il est primordial que le Comité sur la mobilité durable et la sécurité routière se penche sur cette question dès la prochaine rencontre prévue le 27 août.

«Je veux qu’on regarde des solutions ponctuelles pour cette piste-là. Mais le plus important, c’est qu’est-ce qu’on fait pour la suite? Comment on fait pour améliorer nos pratiques? On a des ingénieurs qui sont formés pour tout ce qui est piéton, mais pas pour les pistes cyclables. Par ailleurs, dans cette optique, on révise tous les projets de pistes cyclables qui s’en viennent pour ne plus l’échapper, et il y a des designs qui vont changer», constate la conseillère municipale.

Sa collègue du district des Carrefours, Valérie Renaud-Martin, avec qui elle a d’ailleurs eu des échanges musclés via les réseaux sociaux à ce sujet au cours des derniers jours, abonde dans le même sens. Les deux femmes qui, mardi soir, avaient visiblement tourné la page sur cet incident et choisi de travailler dans le même sens, souhaitent désormais savoir comment l’erreur pourra être corrigée.

«Je ne cherche pas de coupable mais je veux qu’on tombe dans la résolution de problème. Combien ça coûterait de ramener ça comme il faut? On va se pencher là-dessus et impliquer les gens des Travaux publics», mentionne Mme Renaud-Martin.

Pour Mariannick Mercure, la solution la plus facile, logique, et la moins coûteuse serait certainement de tracer une voie cyclable à cet endroit et d’oublier cette piste cyclable qui ne sera en fait qu’un très large trottoir à cette hauteur.

«Le but c’est de regarder ce qu’on peut faire et d’évaluer les coûts. Est-ce qu’on peut rétrécir les voies et tracer une bande cyclable? Est-ce qu’on défait l’infrastructure pour faire complètement autre chose? C’est là-dessus qu’il faut réfléchir et c’est ce qu’on va faire, avant de faire une recommandation au conseil. C’est le conseil qui aura le dernier mot», mentionne Mme Mercure, qui se dit en confiance de voir émerger de bonnes idées avec les gens présents sur le comité, dont des représentants de Roulons Vert, du ministère des Transports et de la Sécurité publique.

Pour le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, la réflexion s’impose, mais on est encore loin d’une décision. «Tout le monde a adressé son point de vue, on a vidé la question. On va discuter en comité à savoir si on est prêt à investir pour que cette piste soit retirée ou non, mais ce n’est pas une décision qui sera prise tout de suite. Ce sera toujours une question de coûts et d’échéanciers. Cet argent qu’on met là, on ne le met pas ailleurs», rappelle-t-il.

Le projet de trottoir à cette hauteur du boulevard des Forges avait coûté un peu plus de 500 000$, dont 140 000$ uniquement pour la portion piste cyclable. Le projet entier était subventionné à 50% par le gouvernement provincial.