La ministre Julie Boulet et la ministre Lise Thériault.

Pyrrhotite: près de 1 M$ redistribués dans la région

SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS — La ministre responsable de la Protection des consommateurs et de l’Habitation, Lise Thériault, était de passage à Saint-Étienne-des-Grès, mercredi, afin d’annoncer la redistribution d’une somme de 1 million $ provenant de l’aide fédérale accordée aux victimes de la pyrrhotite. Du même coup, la ministre en a profité pour rencontrer la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite afin de faire le point sur la situation.

Ce montant, précise Mme Thériault, est ce qui reste de l’octroi fédéral de 10 millions $ pour la dernière année. Ottawa, rappelons-le, avait octroyé 30 millions $ dans ce dossier par tranches de 10 millions $ par année. «On était dans la deuxième année. Les sommes doivent être engagées dans des rénovations, sinon, on les perd», explique-t-elle. «On a décidé de redistribuer tout de suite parce qu’à la fin du mois, les sommes, on les perdait», dit-elle. Une nouvelle et dernière tranche de 10 millions $ sera versée par Ottawa le 1er avril.

Le million $ restant a donc été divisé entre la Ville de Trois-Rivières (389 000 $), la MRC de Maskinongé (300 000 $) et la MRC de Nicolet-Yamaska (300 000 $).

Il est à noter que depuis le début de la crise, 82 millions $ ont été accordés au grand total par Québec et Ottawa pour soutenir les victimes. Les sommes n’ont pas encore été toutes dépensées, toutefois.

En 2017-2018, un montant de 5 642 000 $ a été versé à Trois-Rivières tandis que 1 476 300 $ ont été remis à la MRC de Maskinongé et 375 00 $ à la MRC de Nicolet-Yamaska.

«Si l’on se fie aux chiffres de la Coalition, il y aurait 2000 résidences qui auraient potentiellement de la pyrrhotite», indique pour sa part le député de Maskinongé, Marc H. Plante.

Ce dernier incite donc les gens à faire faire le test dès que possible. «Ils sont obligés de le faire. Quand tu vends ta maison, maintenant, toutes les agences d’immeubles demandent un test de pyrrhotite quand tu es en Mauricie», dit-il.

Les sommes accordées par le gouvernement devraient être accessibles jusqu’en 2022, mais il n’est pas acquis que d’autres aides seront fournies après cette date. «Actuellement, il y a 28 millions $ d’engagés. On attend les demandes. On croit qu’il y a suffisamment d’argent pour le moment», indique M. Plante.

La ministre Thériault a profité de son passage en Mauricie pour discuter avec les membres de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite dont l’entente de financement se termine à la fin du mois.

«On est en train de travailler à reconduire ce financement-là. En même temps, j’aime bien aller aux nouvelles, avoir le pouls du terrain», indique Mme Thériault en saluant le travail d’accompagnement et de soutien exercé par la CAVP auprès des victimes.

«Il faudrait que les gens fassent les tests», dit-elle. «L’argent est là, mais il ne faut pas attendre qu’il n’y en ait plus», insiste-t-elle.

Beaucoup de propriétaires aimeraient que Québec débloque des fonds pour les aider à payer les coûts élevés des tests de pyrrhotite. «Ce volet-là, je ne l’ai pas regardé encore», indique la ministre. «Quand les gens vont vendre leur maison, ils vont devoir faire le test quand même», plaide-t-elle.

Même si le jugement en appel sera rendu l’automne prochain, le dossier de la pyrrhotite ne sera pas clos pour autant. «Il y a les cas en zone grise. On s’est toujours battu pour eux, mais là, je pense qu’on commence à trouver un peu plus de solutions et peut-être des ouvertures pour aider ce monde-là», indique le président de la CAVP, Alain Gélinas. «La norme CSA a été changée. C’est bon pour les maisons futures, mais pas pour les fameuses zones grises. On a pensé à quelques solutions avec nos amis du Connecticut», dit-il. «On va voir jusqu’où le gouvernement est prêt à aller.»

«Il y a plusieurs choses qu’on demande encore au gouvernement, dont essayer de trouver un système pour inciter les gens à passer leur test de pyrrhotite», indique M. Gélinas. «La Coalition a toujours des demandes», dit-il.