La pyrrhotite affecte 8000 maisons en Mauricie, selon la CAVP et 34 000 au Connecticut.

Pyrrhotite: premier colloque international

TROIS-RIVIÈRES — Trois-Rivières accueillera le tout premier colloque international sur la pyrrhotite, les 24 et 25 septembre, alors que les représentants de 34 000 victimes de la pyrrhotite du Connecticut, aux États-Unis, ainsi que plusieurs experts viendront passer quelques jours dans la région afin de partager et d’approfondir leurs connaissances accumulées à ce sujet.

Cette rencontre avec nos voisins du Sud est organisée bénévolement par la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite qui représente les propriétaires des quelque 8000 maisons affectées. L’automne dernier, Le Nouvelliste avait accompagné la CAVP au Connecticut où s’était tenue une première rencontre amicale entre regroupements de victimes.

Cette fois-ci, des experts québécois et américains, notamment ceux du Trinity College au Connecticut, se rencontreront afin d’échanger sur leurs connaissances respectives de la pyrrhotite. Comme l’explique le président de la CAVP, Alain Gélinas, cet État américain, qui est situé dans la même formation géologique que la Mauricie, compte pas moins de 34 000 cas. «C’est donc un beau laboratoire à ciel ouvert, à six heures de route à peine d’ici», dit-il. Si jamais des tests révélaient que des maisons de 35 ans qui contiennent de la pyrrhotite au Connecticut ne se sont pas encore fissurées, ce constat pourrait peut-être permettre de cibler enfin un pourcentage à partir duquel la présence de la pyrrhotite n’occasionne pas de problème au béton, explique-t-il, d’où l’intérêt de partager les connaissances.

Ce colloque sera suivi d’une assemblée générale sur la pyrrhotite, le 29 septembre, à laquelle toutes les victimes de la région seront conviées. La CAVP y invite aussi les candidats des divers partis, dans la région.

Alain Gélinas, président de la CAVP.

Alain Gélinas indique que jusqu’à présent, la CAVP a pu rencontrer les candidats du PLQ, du PQ, de QS et de la CAQ, sauf Jean Boulet qui ne pourra que le 27 septembre.

M. Gélinas s’est dit extrêmement déçu des échanges entre la CAVP et les candidats jusqu’à présent. «Personne ne parle de la pyrrhotite alors que c’est un enjeu énorme dans la région. C’est nous qui les avons invités. Ils n’ont pas demandé à nous rencontrer, dit-il. «Ils se disent tous sensibles à la question, mais aucun parti n’a pris de position claire dans le dossier», déplore le président de la CAVP. «C’est pris à la légère», constate-t-il. «Je suis bien déçu.»

Malgré tout, la CAVP n’entend pas lâcher le morceau. Plusieurs revendications sont sur la table et «8000 familles, si l’on tient compte qu’il y a au moins deux électeurs par famille, ça fait pas mal d’électeurs», fait valoir Alain Gélinas.

La CAVP demande toujours de l’aide pour les victimes prisonnières de la zone grise. Elle veut aussi de l’aide financière pour les propriétaires qui doivent réaliser des tests de béton. La Coalition insiste pour que la recherche scientifique sur la pyrrhotite soit relancée. Elle veut aussi faire bonifier le programme d’aide actuel et faire réfléchir les élus afin qu’ils sachent quoi faire si jamais la cause, qui est toujours devant la Cour d’appel, était portée en Cour suprême par les défendeurs.

M. Gélinas espère que le jugement en appel, qui est attendu avec impatience, sera rendu cet automne.