Me Pierre Soucy, avocat principal des victimes de la pyrrhotite.
Me Pierre Soucy, avocat principal des victimes de la pyrrhotite.

Pyrrhotite: plus de 700 chèques arriveront la semaine prochaine

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les victimes de la vague un de la pyrrhotite recevront le chèque de dédommagement qu’ils attendent depuis 10, voire 12 ans, au cours de la semaine prochaine.

Le procureur principal des victimes de la pyrrhotite, Me Pierre Soucy, a en effet reçu lundi, par transfert bancaire, le montant du capital et des intérêts de la part de SNC-Lavalin. Les sommes sont en ce moment dans le compte en fiducie de son étude légale.

Les montants qui seront remis aux victimes comprennent également le remboursement avec intérêts des déboursés judiciaires que les victimes ont assumés (frais d’experts, de sténographie, d’huissier, timbres judiciaires, etc.). Dans ce cas précis, Me Soucy s’attend à recevoir cette portion de l’argent dans le courant de la semaine.

Tout cela fait en sorte que le procureur sera en mesure de poster les chèques à ses clients, soit vendredi ou au tout début de la semaine prochaine au plus tard, dit-il.

Ce n’est pas une mince affaire, toutefois. C’est qu’il y a «énormément de données et de gestion à faire pour ces remises-là», dit-il. «On va faire au-delà de 700 chèques. On va faire des états de compte, des lettres explicatives à tout le monde», dit-il.

Pour faire face à cette tâche imposante, dit-il, «on a bâti un système, avec l’informaticien Yves Demontigny de la compagnie Solution informatique Trois-Rivières, qui gère au-delà de 300 000 cellules d’information qui tiennent sur 136 colonnes par 700 lignes qui viennent déterminer les adresses, le remboursement des déboursés, ceux qui avaient versé des acomptes, les déductions, le remboursement des frais et des intérêts, les nouvelles adresses de ceux qui ont déménagé», illustre Me Soucy.

Ce système informatique «diminue les risques d’erreurs et traite toute l’information. Faire rouler ce système pour générer de la documentation prend quelques heures, voire une journée entière», dit-il, «mais c’est plus rapide que si c’était une gestion manuelle», fait-il valoir. Dans ce cas, il aurait fallu des mois pour concilier toutes ces données, dit-il.

La semaine prochaine, donc, les victimes de la vague un recevront enfin leur argent, capital et intérêts, pour faire réparer leur maison ou rembourser les montants déjà déboursés pour remplacer les fondations.

Rappelons que les défendeurs ont annoncé leur intention de porter leur cause en Cour suprême. Or, le 10 juillet dernier, la Cour d’appel a jugé que «les questions soumises à la Cour suprême par les requérantes sont, à ce stade-ci, trop éloignées des demandeurs (les victimes de la pyrrhotite) et relèvent plutôt d’une lutte intestine à savoir qui doit payer, soit SNC ou ses assureurs», écrivait la juge Dominique Bélanger. Les victimes de la pyrrhotite ne sont désormais plus touchées par cet aspect du litige.

Le paiement des quelque 800 victimes de la vague un met fin à un véritable supplice qui aura duré plus d’une décennie pour les propriétaires. Le 12 juin 2014, la Cour supérieure rendait 69 jugements incluant un jugement phare condamnant SNC-Lavalin et Alain Blanchette à assumer une part de responsabilité de 70 % dans ce drame.

Le 20 novembre suivant, SNC et d’autres parties en appelaient de cette décision, ce qui avait prolongé le supplice des propriétaires. Ces appels ont été rejetés le 6 avril 2020 par la cour. Michel Lemay, vice-président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, est le seul administrateur de cet organisme qui recevra un chèque. Les autres membres font en effet tous partie de la vague deux, dit-il.

M. Lemay incite les propriétaires visés par les années où la pyrrhotite a été amalgamée au béton à faire faire leurs tests de pyrrhotite le plus vite possible s’ils veulent pouvoir se joindre aux recours intentés pour la deuxième vague. Ces tests, dit-il, sont nécessaires «pour être éligible à embarquer dans la vague deux», explique-t-il. «Pour le moment, il n’y a pas de date de fermeture du groupe. Les gens peuvent continuer à s’inscrire», mais il vaut mieux ne pas tarder, insiste-t-il.