Le député et ministre François-Philippe Champagne.
Le député et ministre François-Philippe Champagne.

Pyrrhotite: «on a fait notre part», dit François-Philippe Champagne

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — «Dès le départ, on a mis 30 millions de dollars dans un fonds. Il reste des millions dans ce fonds. Quand les gens m’interpellent, je dis: «Est-ce que le problème est le fonds ou les règles? Si des fonds sont encore disponibles, mais que les règles ne conviennent pas tout à fait, interpellez nos partenaires du Québec. S’il y a des fonds disponibles, il me semble que l’enjeu est au niveau des règles. Nous, on a fait notre part.»

François-Philippe Champagne affirme que le gouvernement Trudeau a déjà entendu le cri du cœur des victimes de la pyrrhotite. C’est la raison pour laquelle il a investi ces 30 millions de dollars dans un fonds géré par la Société d’habitation du Québec à la demande des victimes. Mais le ministre des Affaires étrangères souligne que non seulement le gouvernement fédéral a investi cette somme, il a aussi consacré quatre millions de dollars dans le financement de travaux de recherche à l’Université Laval pour déterminer une règle reconnue concernant la présence en pourcentage de ce minerai dans le béton. Voilà pourquoi il affirme que le Canada a fait sa part dans ce dossier et que la solution finale passe par une autre voie.

«Ce que je comprends est que la Cour d’appel doit rendre une décision prochainement. Notre programme est un programme d’aide. Les responsables de cette tragédie sont les compagnies visées par la poursuite et leurs assureurs. C’est là, la solution de cette tragédie. Le gouvernement est venu en appui, car c’est un enjeu aux niveaux social, économique et humain. Mais la vraie solution, la vraie compensation des victimes va venir des compagnies qui ont fourni l’agrégat et on espère tous un jugement qui va donner satisfaction aux victimes», déclare M. Champagne, de passage au Nouvelliste vendredi dans le cadre d’une tournée des médias régionaux.

Par ailleurs, le député de Saint-Maurice – Champlain ne croit pas que la solution passe par la création d’un fonds d’aide fédéral à même les amendes de 280 millions de dollars imposées à SNC-Lavalin.

«Il n’y a pas de précédent ni de système pour faire ça.»

«Les responsables de cette tragédie (de la pyrrhotite) sont les compagnies visées par la poursuite et leurs assureurs. C’est là, la solution de cette tragédie», croit le ministre Champagne.

Fermeté... et sagesse

Tout en affirmant comprendre la frustration de nombreux citoyens et entrepreneurs face au blocage ferroviaire, François-Philippe Champagne estime que le gouvernement fédéral est bien avisé de prendre le temps nécessaire pour régler par la négociation cette délicate situation.

«Est-ce qu’on veut une solution à court terme ou à long terme? Si on veut une solution à long terme, on peut s’inspirer de ce que le Québec a fait dans le développement des ressources naturelles. Il a négocié avec les Premières Nations dans une situation gagnant-gagnant. Il faut faire preuve de sagesse pour avoir une solution à long terme. Ça prend de la fermeté et de la sagesse et les négociations avancent. Le chemin adopté va nous permettre d’avoir une résolution à long terme et c’est là que la négociation prend toute sa place», déclare M. Champagne, en rappelant que la barricade la plus problématique, soit celle située près de Belleville en Ontario, a été levée.

Selon M. Champagne, les Affaires étrangères ont contacté André Lafrenière, ce citoyen de Shawinigan détenu à Hong Kong pour une histoire présumée de stupéfiants. Le ministre assure que le Canada lui offre des services consulaires. C’est un peu la même chose avec les gens atteints du coronavirus. Le ministère des Affaires étrangères a établi un programme d’aide pour fournir des services consulaires à ces gens.

«J’ai parlé à Mme Trudel (Manon, une femme originaire de Sainte-Thècle et infectée par le coronavirus qui a été confinée pendant 17 jours sur un navire de croisière mis en quarantaine au large du Japon) cette semaine pendant une trentaine de minutes. Mais comme ministre des Affaires étrangères, mon rôle est d’organiser la logistique pour s’assurer qu’on offre des services. On a une cinquantaine de Canadiens dans 27 hôpitaux au Japon sur 300 km. Des gens nous ont demandé certains types de repas, pour d’autres, c’est au niveau des communications, au niveau de l’accompagnement. Je comprends la détresse et l’urgence d’agir. J’appelle des familles pour avoir le son de cloche local et celui que j’ai reçu est qu’ils sont satisfaits des services dans les circonstances.»

De nombreux citoyens vont profiter de la semaine de relâche scolaire pour prendre le large. François-Philippe Champagne recommande aux gens de faire preuve de prudence dans leurs déplacements en cette période d’épidémie de coronavirus.

Le ministre François-Philippe Champagne rappelle que le ministère des Affaires étrangères a établi un programme d’aide pour fournir des services consulaires aux Canadiens en difficulté à l'étranger.

«Informez-vous sur le site Affaires mondiales Canada et de l’Agence de santé publique du Canada parce que le coronavirus, il y a des foyers qui se développent rapidement. Inscrivez-vous (au service d’inscription des Canadiens à l’étranger). Ça nous permet de faire le suivi et d’être capables de communiquer avec vous. Et si vous êtes en situation difficile, informez-nous. À la dernière page du passeport, les informations sont là.»