Plus de 1 milliard $ de dommages résidentiels causés par la pyrrhotite dans la région.

Pyrrhotite: Me Soucy optimiste pour ce printemps

TROIS-RIVIÈRES — Le principal procureur des victimes de la pyrrhotite, Me Pierre Soucy, se dit optimiste à l’effet que l’arrêt en appel tant attendu par ses clients soit rendu ce printemps, «mais je ne peux en dire plus, car ce serait pure spéculation», nuance-t-il avec prudence.

Ce jugement portera sur la vague 1 qui concerne les bâtiments construits entre 2003 et 2008. Cette cause avait été entendue en première instance par le juge Michel Richard. Dans son jugement rendu le 12 juin 2014, le juge de la Cour supérieure avait condamné les défendeurs Construction Yvan Boisvert, Carrière B & B inc. de même que SNC-Lavalin et son géologue Alain Blanchette.

SNC-Lavalin avait été condamnée à payer 70 % du montant.

En marge de ce dossier, la Cour supérieure doit également se prononcer sur une autre cause en lien avec la pyrrhotite, impliquant Lafarge Canada et SNC. Lafarge voulait toutefois attendre que le jugement en appel soit rendu avant que sa cause procède, dans ce dossier, tandis que SNC, elle, se disait prête à procéder même si l’arrêt de la Cour d’appel n’est pas encore déposé. Dans une décision rendue le 18 février dernier, le juge Pierre Ouellet a déclaré que la cause ne sera pas reportée comme l’aurait souhaité Lafarge. Ce procès s’est donc amorcé en mars et se poursuivra en avril et même l’automne prochain.

Me Soucy précise toutefois que «le recours entre Lafarge et SNC n’a aucune incidence» sur le jugement en appel qui est attendu d’une semaine à l’autre par les victimes.

«Ça aura un effet sur la vague 2», nuance-t-il toutefois «parce que Lafarge est poursuivie aussi dans la vague 2. Donc ça peut avoir une certaine incidence sur la vague 2», dit-il.

Le procureur rappelle que le procès sur la vague 2, qui touchera les constructions de 1996 à 2008 (et peut-être un cas en 2009 selon la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite), ne se tiendra pas «tant et aussi longtemps que le procès sur la vague 1 n’est pas terminé», dit-il. «J’imagine que le jugement entre Lafarge et SNC aura son lot d’incidences», prévoit-il.

Selon un portrait élaboré par la CAVP, les dommages causés par la pyrrhotite sont évalués à plus d’un milliard $, et ce, uniquement pour le volet résidentiel. On sait que de nombreux commerces, de même que divers établissements et des infrastructures routières ont été fabriqués avec du béton contaminé à la pyrrhotite.

Le coût moyen pour réparer une résidence unifamiliale est de 211 000 $, de 200 000 $ pour une maison jumelée (100 000 $ par maison) et de 512 000 $ pour un quadruplex. Il peut dépasser les 600 000 $ pour une résidence de plus grande valeur.

Plus de 1200 résidences ont été réparées à ce jour.

Malgré tout, «la norme sur la qualité des agrégats du béton n’a toujours pas été révisée et est toujours aussi floue», rappelle la CAVP.

En fonction du nombre de propriétaires qui ont fait faire des tests de béton, la CAVP indique que 685 victimes étaient couvertes par un plan de garantie et 1300 propriétaires ne l’étaient pas. Les victimes ont bénéficié d’une aide financière de 52 millions $ du gouvernement provincial et de 10 millions $ par année sur 3 ans de la part du gouvernement Trudeau.