Alain Gélinas, président de la Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite.

Pyrrhotite: «Manifestez-vous pour qu'on vous aide»

La Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite a mis sur son site web, vendredi, ainsi que sur sa page Facebook, un questionnaire destiné aux victimes de la pyrrhotite qui ne se sont pas encore manifestées. Ce questionnaire permettra à la CAVP de connaître les raisons pour lesquelles un grand nombre de victimes n’ont toujours pas levé la main pour obtenir l’aide financière qui leur permettrait de faire réparer leur maison.

Selon les chiffres obtenus par l’organisme, 1800 maisons ont été réparées à ce jour, mais au cours de la période où la pyrrhotite a été utilisée, environ 8000 permis de construction ont été émis. «Ce n’est pas parce que nous sommes au courant de ces chiffres que nous savons à qui appartiennent ces maisons», souligne le président de la CAVP, Alain Gélinas.

Ce dernier rappelle que les procédures juridiques en cours ne sont pas un recours collectif et que les victimes qui n’ont pas entamé de procédures légales ne seront donc pas couvertes lors du jugement en appel qui sera rendu en 2018.

Pour entreprendre des procédures et être dédommagés, les propriétaires dont les maisons ont été construites au cours de la période où la pyrrhotite a été amalgamée au béton doivent absolument faire un test de pyrrhotite afin de démontrer que leurs fondations en contiennent. Ils doivent ensuite consulter un avocat pour intenter un recours.

Or, ce test coûte la jolie somme de 3000 $ et la Coalition se dit bien consciente que certains propriétaires ne peuvent se permettre une telle dépense et que c’est peut-être pour cette raison qu’elles demeurent silencieuses.

La CAVP demande donc aux victimes non manifestées de remplir le questionnaire qui sera accessible sur son site web et sur sa page Facebook jusqu’au 18 novembre.

Les informations qui en ressortiront permettront à l’organisme de connaître la ou les raisons principales pour lesquelles plusieurs personnes restent muettes face à la condition de leur maison.

Si c’est, par exemple, parce qu’elles n’ont pas les moyens de payer le test de béton, la Coalition pourrait alors prendre les mesures qui s’imposent afin de demander du soutien financier pour elles, illustre le président.

«Manifestez-vous pour qu’on vous aide», dit-il.

Certes, les victimes qui répondront au questionnaire devront s’identifier et donner leur adresse, «mais ce sera tout à fait confidentiel», promet M. Gélinas.

«On veut juste être sûr que ce sont bien des victimes qui répondent au questionnaire», dit-il et pas n’importe qui.