À leur grand bonheur, les victimes de la pyrrhotite ont appris, vendredi après-midi, qu’elles ne feraient finalement pas les frais d’un conflit entre SNC-Lavalin et ses assureurs. ­
À leur grand bonheur, les victimes de la pyrrhotite ont appris, vendredi après-midi, qu’elles ne feraient finalement pas les frais d’un conflit entre SNC-Lavalin et ses assureurs. ­

Pyrrhotite: les victimes enfin dédommagées

TROIS-RIVIÈRES — C’était soir de fête, vendredi, pour l’ensemble des victimes de la pyrrhotite, qui ont vu les demandes de sursis déposées par SNC-Lavalin être rejetées en totalité par le tribunal.

Rendu par la juge Dominique Bélanger, en début d’après-midi vendredi, ce jugement de la Cour d’appel du Québec insiste sur le fait que les victimes ont assez attendu et n’ont pas à faire les frais d’une bataille entre la compagnie et ses assureurs.

Pour l’avocat principal des demandeurs dans l’affaire, Me Pierre Soucy, il s’agit d’une annonce plus qu’attendue qui viendra finalement enlever le poids qui pesait sur les épaules des personnes impliquées dans cette affaire depuis maintenant plus de six ans.

«C’est une excellente nouvelle. Je n’aurais pas pu mieux traduire la situation que l’a fait la juge lorsqu’elle a évoqué toute la détresse vécue par les victimes de la pyrrhotite. Cela fait 10 ans que je dis aux gens autour de moi d’avoir confiance en notre système de justice et voilà que ce jugement vient me donner raison et donne raison aux demandeurs, qui peuvent enfin tourner la page et être indemnisés», a fait savoir Pierre Soucy.

Celui-ci a d’ailleurs déjà pu contacter certaines victimes, qui ont évidemment poussé un grand soupir de soulagement lorsque le jugement a été rendu.

«La plupart des victimes sont très satisfaites. Tout le monde peut célébrer aujourd’hui cette grande victoire qui consacre leur droit à l’indemnisation. Le temps d’attente par lequel doivent passer les gens touchés par la pyrrhotite avant de recevoir leur somme d’argent ne se compte désormais plus en mois et en années, mais bien en jours et en semaines», a témoigné le procureur.

Par ailleurs, bien que le 13 juillet avait été identifié comme la date à laquelle les premiers paiements seraient acheminés vers les victimes, certains assureurs ont déjà pu remettre quelques-unes des sommes d’argent dues. Une conférence virtuelle sera tenue par Me Soucy dans les prochains jours dans le but d’informer les demandeurs sur la façon dont ils pourront recevoir leur dû.

Prochainement, Me Soucy entrera également en contact avec SNC-Lavalin dans le but de s’entendre avec la compagnie sur la façon dont seront remplis ses engagements. Rappelons que, dans un jugement phare de plus de 350 pages rendu en 2014 et confirmé en avril dernier, la Cour d’appel a conservé le pourcentage de responsabilité de SNC-Lavalin à 70 % sur l’indemnisation de 196 millions $.

Efforts concentrés sur la vague deux

Dorénavant, tous les efforts du camp des demandeurs seront concentrés sur la vague deux de l’affaire, qui, jusqu’à maintenant, avait déterminé que 800 propriétaires de maison étaient en droit de recevoir une indemnisation en lien avec la pyrrhotite.

«On souhaite que les enseignements de la Cour d’appel puissent être appliqués en totalité ou en partie dans la vague deux pour simplifier le débat et ainsi faire en sorte que les victimes de cette vague puissent elles aussi obtenir justice, mais dans un délai raisonnable», a souligné l’avocat principal des demandeurs.

Il est à noter que cette deuxième vague est toujours ouverte, «de sorte que ceux qui constatent des problèmes tels que des fissures anormales sur leur propriété et qui obtiennent un rapport d’expertise confirmant la nécessité de refaire les fondations du bâtiment peuvent toujours adhérer au groupe de victimes».