Un nouveau recours judiciaire devrait être lancé par les propriétaires aux prises avec un taux de pyrrhotite inférieur à 0,23 % dans les fondations de leur demeure.

Pyrrhotite: lancement d'un nouveau recours?

Un nouveau recours judiciaire devrait être lancé, le 27 février, par les propriétaires aux prises avec un taux de pyrrhotite inférieur à 0,23 % dans les fondations de leur maison.
Myrabelle Chicoine est propriétaire d'une maison datant de 1995 qu'elle n'arrive pas à vendre, à Trois-Rivières, parce que le pourcentage de pyrrhotite qui a été trouvé dans son béton est inférieur à ce taux qui avait été fixé, rappelons-le, par le juge Michel Richard dans son jugement-phare sur la pyrrhotite.
Mme Chicoine désire regrouper les propriétaires situés, comme elle, dans cette zone grise et organise à cet effet une réunion d'information le 27 février prochain. 
La Coalition d'aide aux victimes de la pyrrhotite sera présente à cette réunion, a confirmé le coordonnateur de l'organisme, Steeve Guy.
En compagnie d'avocats, la propriétaire proposera alors une stratégie juridique. «Si tout se passe comme j'imagine, cette soirée sera le début officiel d'un recours», dit-elle.
Mme Chicoine veut notamment caractériser le groupe des maisons en zone grise, savoir dans quelle fourchette se situent les taux et en quelle année ces maisons ont été construites.
Dans son jugement de juin 2014, le juge Richard avait fixé à 0,23 % en volume de pyrrhotite le seuil au-delà duquel les dommages étaient susceptibles d'apparaître dans le béton. Avec ou sans fissures apparentes dans leurs fondations, les propriétaires pouvaient donc demander réparation.
«Selon la preuve, le dossier avec (le) seuil le plus bas a été de 0,23 % VPO», indique le jugement.
«Il est ressorti de la preuve d'experts de façon non équivoque que c'est le pourcentage en volume de pyrrhotite qui est le facteur le plus important à considérer pour l'évaluation du gonflement du béton», indique le jugement.
Cette décision venait de porter atteinte à tous ceux qui se situent sous cette norme. Impossible de vendre, en effet, dès que le mot pyrrhotite apparaît dans les rapports d'analyses, même en faible quantité.
En 2015, les mêmes experts qui avaient témoigné durant le procès sur la pyrrhotite, ont changé leur fusil d'épaule. Ils ont en effet écrit un document selon lequel le pourcentage établi dans le jugement-phare ne repose sur aucun fondement scientifique. Ils critiquent aussi les techniques employées par les laboratoires qui ont évalué la présence de pyrrhotite chez les demandeurs. Bref, il y a du sable dans l'engrenage et une véritable guerre d'experts s'annonce.
Pendant que se déroulent toutes ces tergiversations, «il y a des propriétaires qui souffrent», plaide de son côté Mme Chicoine. Leur maison n'a plus de valeur et ils sont obligés de vendre à perte. «Et puis, on a un délai de prescription à observer», rappelle-t-elle, d'où l'importance de ne pas attendre que l'impasse soit totalement dénouée avant d'agir.
Environ 172 propriétaires sont dans la zone grise, présentement et Mme Chicoine estime qu'entre 70 et 100 d'entre eux seront présents à la rencontre du 27.
Rappelons que Mme Chicoine avait lancé un sondage auprès des propriétaires en zone grise, il y a quelques semaines. Les informations recueillies à cette occasion serviront à élaborer la demande auprès du tribunal.
Pour l'instant, la démarche entreprise par Mme Chicoine avec des avocats de Québec s'enligne vers des recours individuels comme ce fut le cas pour le premier procès de la pyrrhotite. La stratégie légale sera confirmée lors de la rencontre du 27 février qui aura lieu à la salle Mauricie-Pitre de Trois-Rivières, au 6455 rue Notre-Dame-Ouest, à 19 h.