Pas moins de 4000 résidences n’ont pas encore subi de test de pyrrhotite car il coûte trop cher.

Pyrrhotite: la Coalition veut sensibiliser les candidats

TROIS-RIVIÈRES — En Mauricie, le sujet de la pyrrhotite demeure un incontournable, en cette campagne électorale provinciale et la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite (CAVP) multiplie les démarches afin de sensibiliser les candidats des divers partis.

La CAVP évalue toujours à 4000 le nombre de maisons qui n’ont pas encore subi de test de pyrrhotite. Un sondage réalisé par l’organisme, l’an dernier, a permis de déterminer que le coût trop élevé de ce test représentait un obstacle pour les propriétaires.

La Coalition demande depuis longtemps au gouvernement qu’un programme soit créé pour aider les victimes à faire faire ces tests. «Chaque fois qu’on s’informe, on nous dit que le dossier progresse. On s’attend à une annonce avant les élections», indique le porte-parole de la CAVP, Yvon Héroux.

L’organisme veut aussi sensibiliser les candidats au fait qu’il faut relancer le programme de recherche universitaire qui avait pour mandat de déterminer à partir de quel taux réel de pyrrhotite le béton sera affecté dans son intégrité. Dans son jugement phare prononcé le 12 juin 2014, le juge Michel Richard avait établi à 0,23 % en volume de pyrrhotite le taux au-delà duquel des dommages au béton vont apparaître. Cette décision n’était toutefois pas basée sur des études scientifiques, mais sur des témoignages et des faits constatés. Rappelons qu’en Europe, où la pyrrhotite a aussi fait des dommages, ce taux a été fixé à 0,1 % en volume.

En Mauricie, il existe aujourd’hui de nombreuses maisons qui sont cataloguées en zone grise. Elles contiennent en effet de la pyrrhotite, mais à des taux inférieurs à 0,23 %. Or, ces maisons sont devenues invendables, mais les propriétaires n’ont pas accès au programme de la SHQ et n’ont pas accès non plus à la réduction de la valeur de leur maison qui réduirait leur compte de taxes municipales. «Encore une fois, la ministre Lise Thériault nous a assurés de son appui en ce sens et nous espérons des annonces à court terme», indique M. Héroux.

Autre point chaud de ce dossier, c’est que les victimes veulent savoir ce que le prochain gouvernement fera si SNC-Lavalin perdait en appel (ce jugement sera rendu cet automne) et décidait de porter sa cause en Cour suprême. Cette perspective, rappelle M. Héroux, signifierait que les victimes n’auraient pas accès pendant de nombreuses années encore aux montants auxquels elles ont droit, depuis le jugement de 2014 pour payer les dommages à leur maison et reprendre le cours normal de leur vie. «Prolonger le supplice n’est pas envisageable», fait valoir M. Héroux.

Ce dernier a indiqué que chacun des partis a confirmé son intention de rencontrer les représentants de la CAVP. Mercredi, une rencontre a eu lieu avec le Parti libéral.

«On veut informer les candidats qui connaissent peu ce dossier. On veut expliquer nos attentes. On veut savoir quelle est la position de chaque parti pour résoudre cette crise», résume M. Héroux.

Ce dernier rappelle que depuis 9 ans, «la CAVP a toujours bien collaboré avec les gouvernements précédents et souhaite maintenir de bonnes relations dans le but d’assurer un support optimum pour les victimes».

Les candidats libéraux de la Mauricie, Marc H. Plante, Jean-Denis Girard, Pierre Michel Auger et Pierre Giguère, ont eux aussi rencontré la CAVP, mercredi. Ils ont publié un communiqué conjoint dans lequel ils indiquent qu’ils réaffirment leur soutien à la CAVP et rappellent que depuis 2011, pas moins de 52 millions $ ont été consentis par le gouvernement du Québec aux victimes de la pyrrhotite afin de les soutenir en attendant la fin des procédures légales.