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Simon Allaire, député de Maskinongé et Alain Gélinas, président de la CAVP.
Simon Allaire, député de Maskinongé et Alain Gélinas, président de la CAVP.

Pyrrhotite: deux dossiers majeurs connaissent enfin un dénouement heureux

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — À quelques jours de la fête de Noël et malgré les impératifs financiers engendrés par la très coûteuse pandémie de COVID-19, le gouvernement du Québec annonce enfin un dénouement heureux dans deux dossiers majeurs qui préoccupaient la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite depuis de très nombreuses années.

Le député de Maskinongé, Simon Allaire, a annoncé vendredi matin qu’une aide financière allant jusqu’à 1200 $ sera en effet rendue disponible aux propriétaires qui n’ont pas encore fait faire leurs tests de pyrrhotite. Si un second test s’avérait nécessaire, une deuxième aide de 1200 $ leur sera également versée.

Environ 3300 propriétaires de la région sont admissibles à cette aide, le critère principal pour l’obtenir étant que leur maison a été construite entre 1996 et 2008, période au cours de laquelle la pyrrhotite s’est retrouvée dans les fondations de milliers de maisons en Mauricie et au Centre-du-Québec.

On espère avoir ainsi un portrait juste de la situation de la pyrrhotite, ce qui permettrait à Québec et à Ottawa de budgétiser de nouveaux soutiens financiers pour finaliser cette crise après une décennie de batailles.

Autre nouvelle très importante, cette fois pour les quelque 400 victimes dites en zone grise. La Société d’habitation du Québec émettra des lettres de conformité qui leur garantira une éligibilité au programme d’aide financière existant. Ceci permettra aux propriétaires en zone grise de pouvoir enfin vendre leur maison, s’ils le désirent.

Rappelons que les maisons des victimes en zone grise contiennent de la pyrrhotite, mais à des taux inférieurs à 0,23%. Ce taux avait été décrété par le jugement-phare sur la pyrrhotite et constitue une teneur dans le béton à partir de laquelle il est réputé certain que les fondations vont se fissurer et doivent dont être remplacées.

À moins de 0,23% de pyrrhotite, la science n’a pu démontrer encore que le béton sera affecté. Des recherches sont en cours à ce sujet depuis plusieurs années à l’Université Laval et pourraient changer la donne pour plusieurs propriétaires éventuellement.

Ce processus, on le constate, est long. C’est pourquoi la lettre de conformité vient libérer ces propriétaires d’une attente interminable puisque la vente de leur maison est désormais accompagnée d’une assurance que l’aide financière sera disponible pour remplacer les fondations s’il faut le faire éventuellement.

Autre bonne nouvelle pour le président de la CAVP, Alain Gélinas. Au terme d’un entretien tout récent avec le bureau du ministre fédéral François-Philippe Champagne, une toute nouvelle ouverture de la part d’Ottawa serait faite pour une deuxième aide financière fédérale lorsque Québec mettra plus d’argent dans ce dossier. Le gouvernement fédéral n’injectera toutefois rien en rapport avec les annonces d’aujourd’hui, car il s’agit de modifications aux programmes québécois.

Toutefois, on sait que la CAVP réclame une bonification du programme provincial d’aide de 75 000 $ par résidence. Si Québec le fait, ce serait à cette occasion que le gouvernement fédéral délierait les cordons de sa bourse pour la première fois depuis l’aide de 30 M$ annoncée il y a plusieurs années, indique M. Gélinas. «Le fédéral doit être là en 2021», martèle-t-il.

Mécontentement

L’annonce d’une aide financière non remboursable aux propriétaires qui n’ont toujours pas fait faire leurs tests a fait bondir de colère, vendredi, des propriétaires qui avaient payé de leur poche, eux, pour faire les fameux tests de pyrrhotite. Ces derniers crient à l’injustice et demandent que l’aide soit rétroactive pour eux.

Le député Simon Allaire a indiqué au Nouvelliste que «les personnes qui avaient un taux supérieur à 0,23% pouvaient se faire rembourser les tests avec le prêt obtenu pour les travaux. C’était admissible», réplique-t-il.

On sait toutefois que l’aide actuelle de 75 000 $ sous forme de prêt remboursable est nettement insuffisante pour couvrir tous les travaux de remplacement des fondations, encore moins payer les tests. La CAVP, même si elle se dit très heureuse des dénouements annoncés vendredi, entend d’ailleurs continuer à mordiller le mollet du gouvernement en 2021 à ce sujet.

Le président de la CAVP, Alain Gélinas, se dit conscient que l’aide annoncée vendredi pour les tests de pyrrhotite n’est pas rétroactive. «C’est plate, on le sait», dit-il. M. Gélinas rappelle toutefois que les propriétaires avaient la possibilité de réclamer ce montant lors des poursuites déposées contre les parties responsables du désastre. «Rien n’est parfait dans cette maudite crise», fait valoir M. Gélinas. Ce dernier a toutefois tenu à souligner que M. Allaire et son gouvernement ont tout de même répondu à deux des quatre principales demandes de la CAVP, des demandes qui traînaient depuis huit ans au moins.