Les candidats à l’élection fédérale dans Trois-Rivières se disent sensibles à la réalité vécue par les victimes de la pyrrhotite.
Les candidats à l’élection fédérale dans Trois-Rivières se disent sensibles à la réalité vécue par les victimes de la pyrrhotite.

Pyrrhotite: des candidats sensibles au sort des victimes

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le cri du coeur lancé plus tôt cette semaine par le président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Alain Gélinas, au sujet de l’aide insuffisante donnée aux victimes de la pyrrhotite dans la région a trouvé écho auprès des candidats dans la campagne électorale fédérale. Et si tous ne s’entendent pas sur les mesures à prendre rapidement, chacun reconnaît qu’il faudra désormais en faire plus pour les milliers de citoyens de la région aux prises avec cet important vice de construction qui affecte directement, pour la grande majorité, l’investissement le plus important de leur vie.

Rappelons que M. Gélinas a pu comparer l’aide apportée aux victimes habitant au Connecticut, aux États-Unis, qui ont pu obtenir jusqu’à 175 000$ d’aide en moins de quatre ans, alors que l’aide réservée aux victimes québécoises ne dépasse pas 75 000 $ et est versée sous forme d’un prêt sans intérêt, ce qui ne couvre pas la totalité des dommages et des réparations, évaluées en moyenne à 187 000$ par résidence affectée.

Rappelant que son gouvernement a fait preuve de compassion en acceptant de verser une aide financière de 30 M$ pour les victimes, la candidate libérale Valérie Renaud-Martin se dit sensibilisée aux demandes des victimes et veut se faire leur porte-voix. Cette dernière rappelle que les études scientifiques afin de déterminer le seuil d’affection à la pyrrhotite, la fameuse «zone grise» permettra de baser les décisions du gouvernement quant à l’aide à apporter aux victimes sur des faits scientifiques. Par contre, elle estime qu’à court terme, apporter une aide financière pour permettre aux propriétaires n’ayant pas encore réalisé de test sur leur maison sera une bonne solution, puisque cela permettrait de dresser un portrait fidèle de la situation plus rapidement et ainsi permettre au prochain gouvernement d’évaluer de manière plus tangible à quelle hauteur il devra intervenir pour aider les victimes.


« Nous avons les reins plus solides, comme gouvernement fédéral, pour absorber ces montants »
Robert Aubin

Son adversaire néodémocrate et député sortant de Trois-Rivières, dit pour sa part partager l’exaspération de la Coalition, puisqu’il a lui-même talonné le gouvernement conservateur sur ce sujet lors de son premier mandat. Il déplore aujourd’hui que tant les décisions des conservateurs que des libéraux ont fait en sorte de faire rater au moins deux cycles de révision des normes du bâtiment aux victimes, et que rien ne laisse présager qu’ils pourront obtenir une modification de cette norme lors du prochain cycle.

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«Les conservateurs ont toujours refusé de prendre quelque responsabilité que ce soit dans le dossier et ont même coupé dans l’étude sur la norme, qui se faisait déjà. À leur arrivée en 2015, les libéraux ont fait ce don de charité de 30 M$. Par contre, ils ont relancé l’étude sur la norme il y a à peine trois mois, et il faudra au moins deux ans sinon plus avant d’en connaître les résultats, ce qui pourrait faire rater un troisième cycle de révision de la norme. Je peux très bien comprendre que la Coalition fulmine», constate Robert Aubin, qui s’engage non seulement à financer les tests pour les victimes potentielles, mais aussi à discuter d’une forme d’équité pour les citoyens ayant déjà payé pour leur test.

Dès la modification de la norme, la maison non affectée reprend sa pleine valeur, rappelle Robert Aubin. «Pour ceux qui se retrouvent encore à l’intérieur de la zone problématique, le NPD s’engagera à aider les propriétaires à la hauteur du jugement de la cour. Ces argents seront avancés par le gouvernement pour permettre aux gens d’effectuer les réparations, pour ensuite qu’on se fasse rembourser par les compagnies d’assurances. Nous avons les reins plus solides, comme gouvernement fédéral, pour absorber ces montants», croit-il.

Le candidat conservateur Yves Lévesque rappelle pour sa part avoir fait beaucoup pour les victimes de la pyrrhotite lorsqu’il était maire de Trois-Rivières et qu’il continue d’être sensible à la réalité vécue par les victimes. Il estime qu’il importe de trouver rapidement une réponse à la question de la zone grise en octroyant les ressources financières suffisantes à la chaire de recherche mandatée pour le faire, mais également de subventionner les tests pour les maisons non encore testées. «Une fois que la nouvelle norme sera établie, nous mettrons en place un programme d’aide pour ceux qui se retrouvent à l’intérieur de cette nouvelle norme», indique M. Lévesque qui ajoute que le gouvernement conservateur nommerait un porteur de dossier fédéral pour le sujet de la pyrrhotite.

Louise Charbonneau, candidate du Bloc québécois, considère que l’aide apportée aux victimes est nettement insuffisante, et compte talonner le gouvernement pour la modification rapide du Code du bâtiment si elle est élue. En outre, le Bloc militerait pour un soutien financier gouvernemental aux victimes équivalent à la hauteur des réparations à apporter à la résidence affectée. «Ça fait dix ans que ça dure et je m’engage à défendre le dossier avec force et conviction», mentionne Mme Charbonneau, précisant que le Bloc soutiendrait aussi le financement des tests de pyrrhotite, ce qui se rembourserait aisément avec les taxes générées par les rénovations sur les maisons affectées.

Marie Duplessis, du Parti vert, se dit elle aussi très sensible au sort réservé aux victimes, et plaide pour un meilleur encadrement global des propriétaires victimes de la pyrrhotite. «Je veux qu’ils soient pris en charge complètement. Ça appartient au gouvernement par la suite de régler avec les compagnies d’assurances, l’application des jugements, les carrières responsables. Mais les victimes ne doivent absolument pas être laissées seules là-dedans», mentionne-t-elle.