Michel Lemay, vice-président de la CAVP et Alain Gélinas, président.

Pyrrhotite: «Bonne écoute et beaucoup d’ouverture» au bureau du ministre Champagne

Shawinigan — Le président de la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite, Alain Gélinas est sorti ravi de sa rencontre, mardi, au bureau de circonscription du ministre fédéral François-Philippe Champagne où lui et ses collègues Michel Lemay (vice-président) et Yvon Héroux (coordonnateur) ont été reçus par la directrice de circonscription, Catherine Deschênes. «Ça n’a pas été une petite rencontre vite faite. Elle a duré plus de 2 h 30», dit-il.

Juste avant Noël, le président de la CAVP avait annoncé en conférence de presse son intention de remuer ciel et terre, en 2020, pour faire bouger les choses. Sa première étape visait le gouvernement fédéral et son représentant régional, le ministre Champagne. Or, celui-ci est l’étranger tout le mois de janvier, dans le cadre de ses fonctions politiques. Au bureau de circonscription de Shawinigan, on a toutefois pris très au sérieux la visite de la CAVP. Les représentants des victimes de la pyrrhotite ont pu remettre à Mme Deschênes une liste de 14 préoccupations dont cinq sont jugées urgentes et prioritaires.

«On a eu beaucoup d’écoute et beaucoup d’ouverture», raconte M. Gélinas.

Un de ces sujets prioritaires, c’est l’obtention pour les victimes du montant de 285 M$ de pénalités imposées à SNC-Lavalin, la firme qui avait été condamnée, en première instance il y a 2 ans, à payer 70 % des dommages liés à la pyrrhotite en Mauricie. On sait que SNC est allée en appel de cette décision. Le tribunal d’appel devrait rendre son verdict au cours des premiers mois de 2020.

L’obtention de ce montant de 285 M$ pour les victimes «n’est pas négociable», affirme Alain Gélinas. «On y tient mordicus.»

Mme Deschênes ne pouvait se prononcer sur cet aspect particulier du dossier lorsque jointe par Le Nouvelliste, mardi. Elle explique toutefois que cette demande «devra être chiffrée» par la CAVP, afin de déterminer à quoi servira la somme.

Parmi les autres priorités, la CAVP plaide toujours pour que les tests de pyrrhotite soient financés afin que la région ait enfin un portrait clair de la situation et puisse régler ce dossier une fois pour toutes. «On ne veut pas attendre six mois», martèle le président de la CAVP.

Parmi ses points les plus urgents, la CAVP réclame un interlocuteur pouvant assurer une communication fluide et permanente entre la CAVP et les instances fédérales qui ont à traiter le dossier. À ce chapitre, Mme Deschênes indique que cet interlocuteur sera probablement elle ou un autre attaché politique. On sait que du côté du gouvernement provincial, c’est le député Simon Allaire qui s’acquitte de cette tâche. La CAVP, dans la cadre de sa tournée 2020 des décideurs de la région, rencontrera d’ailleurs M. Allaire, le 15 janvier. Ce dernier représentera alors, comme convenu, tous les députés de la CAQ de la région.

Les cas de pyrrhotite situés en zone grise font également partie des priorités discutées au cours de la rencontre au bureau de comté de M. Champagne. Il s’agit de fondations qui n’ont pas encore de fissures, mais dont la teneur en pyrrhotite est légèrement au-dessus de la norme de 0,23 %. Ces cas ne sont pas admissibles à l’aide financière pour reconstruire les fondations.

Ottawa devra donc continuer à financer les recherches scientifiques afin que soit enfin établie, après 10 ans de catastrophe, une norme solide en matière de pyrrhotite dans les constructions en béton, ce qui permettrait d’éviter d’autres drames.

Alain Gélinas et ses collègues sortent donc satisfaits de cette rencontre et croient avoir éclairé le bureau de M. Champagne sur de nouveaux aspects du dossier de la pyrrhotite, «un dossier qui évolue constamment», fait valoir le président.

Mercredi après-midi, la CAVP prévoit rencontrer les députés régionaux du Bloc québécois Louise Charbonneau (Trois-Rivières), Louis Plamondon (Bécancour-Nicolet-Saurel) et Yves Perron (Berthier-Maskinongé). Les trois députés tiendront d’ailleurs un point de presse à la sortie de cette rencontre vers 15 h 30.

La CAVP estime qu’il est urgent d’obtenir plus d’aide d’Ottawa. «Les victimes sont tannées de se faire niaiser. Les victimes ne sont plus capables. Il ne faut pas que ça prenne encore un an. Ça nous prend cet argent», martèle le président en parlant des 285 M$. Son ultimatum? «Hier», dit-il sans hésitation.

La CAVP se réjouit de voir que la problématique de la pyrrhotite en Mauricie, au Connecticut et au Massachusetts est en train de sortir du Québec. Au cours des dernières semaines, en effet, de nombreux articles ont été écrits à Toronto, à Halifax, en Libye et même en Chine à ce sujet. C’est que rien ne prouve que cette pierre maudite ne se cache pas dans d’autres régions et que le drame vécu au Québec et au nord des États-Unis ne se reproduira pas ailleurs un jour, fait valoir la CAVP.