Conservation de la nature Canada assurera la protection d’environ 75 % des milieux humides de la Mauricie. De gauche à droite: Patrice Laliberté, chargé de projet à Conservation de la nature Canada, Michel Angers, maire de Shawinigan, Pierre Giguère, député de Saint-Maurice et Luc Dostaler, maire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel

Protéger les milieux humides en Mauricie

SHAWINIGAN — L’organisme Conservation de la nature Canada (CNC) a annoncé mercredi la protection de 2748 hectares supplémentaires dans la tourbière du Lac-à-la-Tortue.

La Tourbière du Lac-à-la-Tortue est la plus grande tourbière de la vallée du Saint-Laurent. Sur le territoire de la Mauricie, elle regroupe les municipalités de Shawinigan, Saint-Narcisse, Saint-Maurice et Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

C’est grâce à la compagnie Solifor de la Mauricie que Conservation de la nature Canada a été en mesure d’assurer la protection de ces hectares supplémentaires. La compagnie a cédé les 2748 hectares qui s’ajoutent à la quinzaine de kilomètres carrés déjà protégés par CNC.

L’organisme préservera maintenant un peu plus de 43 km2 ce qui correspond à environ à 75 % des milieux humides du territoire. La pérennité de ce patrimoine naturel et des différents écosystèmes qui s’y trouvent est primordiale puisque la tourbière permet la régularisation du débit des cours d’eau.

En agissant comme un filtre naturel, «la tourbière du Lac-à-la-Tortue agit comme un effet tampon et permet d’éviter les inondations des cours d’eau qu’elle alimente», explique Patrice Laliberté, chargé de projet à Conservation de la nature Canada au Québec.

La tourbe joue notamment un rôle primordial dans la lutte contre les changements climatiques, puisqu’une grande quantité de gaz carbonique y est emprisonnée. Ces milieux humides, composés d’un grand tapis de mousse, sont considérés comme étant d’importants puits de carbone. La mousse en question est formée par la succession de matières organiques au fil des ans. «Les conditions humides, l’acidité et l’absence de nutriments ont favorisé l’implantation et la conservation de ce milieu», précise M. Laliberté.

Protéger les espèces menacées
Cette nouvelle acquisition contribuera à la sauvegarde de plantes en situation précaire sur ce milieu naturel. «On identifie des secteurs qui ont de grandes valeurs écologiques parce qu’ils présentent des espèces menacées ou des milieux fragiles. On va ensuite les gérer de manière à s’assurer que ces éléments restent sur le territoire», mentionne Patrice Laliberté.

Selon lui, la woodwardie de Virginie, qui appartient à la catégorie des fougères, et l’utriculaire à scapes géminés, une plante aquatique carnivore, se retrouvent toutes les deux susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables selon la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du gouvernement du Québec.

Plus de 2,1 M $ pour appuyer le projet
Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, en a profité pour annoncer une aide financière de 2 152 000 $ de la part du gouvernement du Québec pour la nouvelle acquisition de CNC. Ce dernier s’est dit heureux de pouvoir contribuer à la protection de nos milieux humide. «Nous avons une très belle tourbière dans la circonscription de Saint-Maurice et nous avons besoin de milieux de ce genre pour contrer les inondations», souligne-t-il.