Sonia LeBel ­ assure avoir pris des mesures pour que la CDPDJ puisse avoir les moyens de remplir son mandat en renforçant sa gouvernance.

Protection des enfants: «Une volonté d’agir», dit LeBel

Trois-Rivières — «La protection des enfants est un enjeu majeur pour tout le monde», avait déclaré la candidate caquiste Sonia LeBel lors du déclenchement de sa campagne électorale en août 2018. Encore sous le choc du décès tragique d’une fillette de 7 ans à Granby, force est d’admettre que c’est maintenant tout le Québec qui a embrassé cet enjeu.

Maintenant ministre de la Justice et députée de Champlain, Mme LeBel assure qu’elle s’est attelée à la tâche dès les premières semaines de son mandat en rencontrant notamment le directeur de la DPJ Robert Levasseur, qui est officiellement en poste depuis octobre 2018, et en prenant le pouls de l’organisation. «Ça a été une des premières actions que j’ai prises comme députée.»

Il faut dire que la DPJ Mauricie-Centre-du-Québec a été malmenée dans trois jugements publiés à un peu moins de deux ans d’intervalle. À la fin de l’année 2016, la juge Marie-Josée Ménard avait indiqué que la DPJ avait «toléré l’intolérable» dans un dossier touchant deux frères qui auraient été «abandonnés» dans une famille «toxique».

En décembre 2017, le juge Bruno Langelier avait aussi vertement critiqué la DPJ. En raison de délais largement dépassés, il avait dû remettre un enfant à ses parents biologiques sans même savoir s’ils étaient en mesure de s’en occuper adéquatement. Finalement, en octobre 2018, la DPJ avait à nouveau été blâmée pour avoir laissé un enfant dans une famille d’accueil «toxique».

À la suite du premier jugement, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a ouvert une enquête. Son rapport devrait être déposé d’ici la fin du mois de juin.

«Un rapport qui va être extrêmement important», affirme Mme Lebel. Pendant la campagne électorale, la ministre avait d’ailleurs critiqué le fait que la Commission n’avait toujours pas terminé son rapport.

Mais la ministre LeBel assure avoir pris des mesures pour que la CDPDJ puisse avoir les moyens de remplir son mandat en renforçant sa gouvernance. Des postes vacants qui n’avaient pas été comblés sous le règne libéral l’ont été ou sont sur le point de l’être. Ainsi, en février, Philippe-André Tessier a été nommé président de la CDPDJ alors qu’il en avait assuré l’intérim pendant près d’une année. Rappelons que la CDPDJ mène également une enquête sur la mort de la fillette de Granby.

Mais alors que le rapport n’est toujours pas publié concernant les cas de la région, Mme LeBel assure que la DPJ n’est pas dans l’attente mais dans l’action. «Une des choses que je disais en campagne électorale, c’est qu’il fallait prendre des mesures dans l’intervalle [que le rapport soit publié]. Il ne fallait pas attendre», rappelle-t-elle.

Elle mentionne d’ailleurs que la DPJ Mauricie-Centre-du-Québec a élaboré un plan d’action pour s’assurer de mettre de l’avant des services de qualité ainsi que des mesures préventives.

Mme LeBel est au fait des défis rencontrés par la direction régionale de la DPJ, notamment les délais de traitement et tous les problèmes liés à la main-d’œuvre. «On a des gens qui quittent parce qu’ils sont en épuisement professionnel», souligne-t-elle. Et comme dans le cas des infirmières, il y a «une très grande difficulté de recrutement».

Devant tous ces enjeux, la ministre LeBel assure que le premier ministre, François Legault, a aussi fait de la protection des enfants une priorité et que le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, est à pied d’œuvre pour améliorer tout ce qui touche la protection de la jeunesse.

«Le premier ministre s’est donné quelques jours de réflexion pour voir comment on peut agir tous ensemble, et faire peut-être un examen en profondeur du système, et dans nos départements respectifs, on a été mobilisé pour travailler là-dessus.»

Il s’agit d’un problème aux multiples facettes impliquant de multiples joueurs, fait remarquer Mme LeBel. «Il faut donc l’attaquer de multiples façons», souligne-t-elle.

C’est donc loin d’être simple, mais la ministre LeBel est rassurée de constater qu’il y a «une volonté d’agir» de la part de la direction régionale de la DPJ. «Ce qui me rassure c’est qu’on est dans l’action maintenant. Il va y avoir un certain temps avant qu’on ait un effet sur le terrain, mais on y travaille, ça c’est clair.»