Yan-Maverick Quitich

Propos racistes envers Yan-Maverick Quitich: pas de sanction de Hockey Mauricie

LA TUQUE — Hockey Mauricie affirme avoir fait ses devoirs dans le dossier impliquant Yan-Maverick Quitich, le jeune hockeyeur atikamekw qui aurait été la cible de propos racistes lors d’un match de bantam B à l’aréna Jean-Guy-Talbot du secteur Cap-de-la-Madeleine. Il n’y aura pas de sanction, mais on misera davantage sur la sensibilisation à tous égards. Une décision qui laisse perplexe la mère du jeune hockeyeur.

«Il faut avoir des sanctions. C’est inacceptable ce qui s’est passé. C’est briser le rêve d’un enfant ce qui s’est passé. On réclame une sanction. Franchement, retourner derrière le banc après un geste aussi inacceptable… On n’accepte pas ça. Je vais m’opposer et je vais porter plainte personnellement afin qu’il y ait des sanctions», a lancé Maylène Weizineau, la mère de Yan-Maverick Quitich.

Rappelons que le jeune autochtone de La Tuque se serait fait traiter de Kawish à quelques reprises durant un match disputé à Cap-de-la-Madeleine.

Hockey Mauricie avait promis de se pencher sur le dossier et cela a été fait, selon le président René Leclair. Des discussions ont eu lieu avec tous les entraîneurs, avec l’arbitre et les présidents d’association. «Ce qui est difficile dans ces dossiers-là, d’un côté on dit que cela a été dit, et de l’autre on dit qu’on n’a jamais dit ça. C’est un peu compliqué de prendre parti. Les sanctions qu’il y a eu sont par rapport au match. Autre que ça, il n’y a pas de sanctions. Les différentes parties ont été avisées. […] J’aimerais ça vous dire qu’on va prendre des sanctions contre celui qui l’a dit, mais… Ça va bien quand on a une vidéo pour confronter quelqu’un. Il n’y en a pas», a-t-il lancé.

«J’ai demandé la participation de tout le monde. Le but, ce n’est pas nécessairement de trouver un coupable, c’est que cela ne se reproduise plus. C’est le but recherché», a ajouté René Leclair.

Hockey Mauricie a également envoyé une lettre aux arbitres afin qu’ils soient «plus rigoureux et vigilants envers les propos racistes».

Le président de Hockey Mauricie, René Leclair.

«On est en train de regarder d’autres solutions aussi de façon à ce que les présidents d’association et les entraîneurs puissent contrer ça le plus possible. Est-ce qu’on va y parvenir à 100 %? C’est notre souhait», a indiqué le président de Hockey Mauricie.

La semaine dernière, un entraîneur de La Tuque a publié sur sa page Facebook une lettre qu’il avait envoyée à Hockey Mauricie concernant des propos racistes. «Neuf années plus tard, rien n’a changé, voici une plainte que j’ai faite en 2010. Il est temps que ça arrête et que les pas de tête racistes soient bannis des arénas», peut-on lire dans la publication de Jimmy Deniss.

Dans sa lettre, datée de novembre 2010 et signée par deux entraîneurs des Loups de La Tuque atome A, on dénonce les comportements déplorables et inacceptables d’entraîneurs et de parents qui ont eu lieu pendant et après une partie. «Premièrement, des adultes ont agressé et intimidé verbalement des enfants de 9 et 10 ans pendant leurs présences sur la patinoire au point où un des enfants, faisant partie de l’équipe des Loups de La Tuque atome A, en pleurs, a demandé de sortir de la patinoire et a demandé de ne plus y retourner pour ne plus subir les agressions et l’intimidation venant des parents et de l’entraîneur», peut-on lire dans la lettre.

Ils poursuivent que «toute l’équipe a été traitée de gang de sauvages».

Les auteurs de la lettre font remarquer la présence de jeunes amérindiens au sein de l’équipe et que ces propos sont perçus comme racistes. «De telles attaques sont intolérables et ne doivent pas rester sans action de la part des responsables de Hockey Mauricie et Hockey Québec», peut-on lire.

Le président de Hockey Mauricie n’était pas au courant de l’existence de cette lettre. René Leclair est à la tête de l’organisation depuis 2017 seulement. «Je n’étais pas au courant et je n’ai pas vu la lettre […] Je ne commenterai pas ce qui s’est passé il y a dix ans, je n’étais pas là. Est-ce que c’est regrettable? La réponse c’est oui. On ne veut pas que ça se passe», insiste-t-il.

Pour lui, c’est une raison de plus pour mettre les bouchées doubles pour faire de la sensibilisation.

Vague de sympathies

Le récit de Yan-Maverick Quitich a fait le tour des réseaux sociaux la semaine dernière. Le jeune hockeyeur atikamekw et sa famille ont reçu une véritable dose d’amour et de soutien. «On a reçu des messages d’un peu partout au Québec. Les gens nous ont témoigné leur soutien. […] Mon fils a reçu beaucoup de messages également. Je le sentais loin mon garçon après cet événement. Ça lui a fait du bien, ça l’a encouragé, mais il espérait lui aussi qu’il y ait des sanctions. On est déçu de la décision», a conclu Maylène Weizineau.