Des institutions d'enseignement privé de la région rendaient hommage à leurs finissants, samedi.
Des institutions d'enseignement privé de la région rendaient hommage à leurs finissants, samedi.

Promotion 2020: «digne de qui vous êtes»

TROIS-RIVIÈRES — Difficile de départager qui des élèves ou des professeurs se seront montrés les plus émotifs au cours des célébrations entourant la fin du secondaire dans différents établissements d'enseignement privé de la région, durant la journée de samedi. S'il s'agissait de marquer la conclusion d'un parcours pour les uns, pour les autres, l'occasion était celle de saluer ceux-là même qui sont au cœur de la profession qu'ils ont embrassée. Et de mettre un point final à une année qui aura présenté son lot de défis.

À l'Institut secondaire Keranna, les quatre instigateurs de la pétition réclamant l'autorisation de célébrer la fin du parcours secondaire se sont dits entièrement satisfaits de la façon dont on avait fait les choses. Une longue haie d'honneur, s'étalant dans les corridors de l'école, donnait en effet la chance à quelque 50 membres du personnel, enseignants et employés de soutien, de lever leur chapeau aux finissants. Au son des crécelles, maracas et autres percussions, les élèves posaient en quelque sorte leur premier pied dans leur vie d'adulte, forts d'une maturité qu'aura contribué à forger l'épreuve d'une crise sanitaire inédite. Les sourires se lisaient sur tous les visages, tournés vers l'avenir.

«C'est malade», commente Florence Farrier, une des quatre étudiantes à l'origine de la pétition. Cette dernière aura finalement recueilli plus de 18 000 signatures et se sera taillé une place dans l'espace public québécois. Pour Jonathan Boivin, un autre des quatre jeunes militants, la vocalisation de leur désir d'obtenir le droit de souligner la fin leur parcours secondaire aura fait une différence. «On a vraiment aidé à ce que ça se passe», affirme celui qui poursuivra ses études en sciences naturelles, pour éventuellement se diriger vers la physiothérapie.

Pour la directrice générale de l'institution, Julie L'Heureux, la prise de parole de ses quatre étudiants mérite d'être soulignée. «Ils l'ont fait avec leurs valeurs, qui sont aussi les nôtres», commente-t-elle. Elle observe que les adolescents ont pris le parti de rassembler plutôt que de replier sur eux-mêmes, malgré le contexte de confinement. «C'est une grande source de fierté», confie-t-elle. Au terme de la haie d'honneur, la centaine de finissants assistaient à une cérémonie dans le gymnase de l'école, où des chaises avaient été disposées en respectant les mesures de distanciation physique.


Florence Farrier, Jonathan Boivin et Benjamin Allard, instigateurs de la pétition pour un bal de finissants, en compagnie de Julie L'Heureux (au centre), directrice générale de l'Institut secondaire Keranna.

Fort de l'originalité et de la volonté de se démarquer qui définissent l'adolescence, un groupe de cinq finissants avait pour sa part choisi d'arriver «au bal» à bord d'un camion de pompier. L'engin, un véhicule de démonstration de l'entreprise 1200 degrés, avait à son bord trois finissants dans la cabine avant et deux finissantes dans la nacelle qui guide la grande échelle. «On distance les deux bulles», lance à la blague François Proulx, propriétaire de l'entreprise et chauffeur du jour. Pour Marc Héroux, père de l'une des deux jeunes filles qui prenaient place au pied de l'échelle «Keranna a bien fait les choses». Les albums de finissants avaient notamment été livrés à domicile aux élèves, dans les jours précédents l'événement.


Certains finissants ont repoussé les limites de l'originalité.

Du côté du Collège Marie-de-l'Incarnation, il n'était pas question non plus de passer le moment sous silence. D'autant que l'année qui s'achève s'était ouverte sur le décès d'un des élèves. Naël Loïs Nga Onana, mort noyé à l'île Saint-Quentin deux jours avant la rentrée scolaire, était dans les pensées de ses 40 collègues finissants. Chacun sera d'ailleurs reparti avec un t-shirt à son effigie.

Pour Philippe Germain, membre du comité du bal, l'hommage aux finissants venait soulager la déception initiale d'avoir vu le bal de fin d’année reporté. «Ça sera en octobre, en décembre, on ne sait pas trop, mais ça va avoir lieu», indique toutefois celui qui aspire à devenir infirmier.

Il faut dire que l'on n'aura pas lésiné ici non plus à faire de la journée un moment «digne de qui vous êtes», comme l'imagera au cours d'une allocution Valérie Renaud-Martin, conseillère municipale et diplômée de l'institution trifluvienne. Présente également, la députée de Trois-Rivières, Louise Charbonneau, aura pour sa part décerné une bourse de 250$ à Camille Garon, pour son implication dans le gouvernement étudiant.

Les élèves ont déambulé dans les corridors de l'école, pour une dernière fois, recevant notamment leur album de finissant. Ils ont ensuite revêtu toge et mortier, pour immortaliser le moment.

Clin d'œil au contexte actuel, Marie-Anne Gingras aura reçu de la part de ses professeurs le titre de «confinée de l'année». «Elle était toujours celle qui arrivait avant les autres dans les rencontres virtuelles et qui nous donnait signe de vie quand on avait l'impression qu'on parlait dans le néant», témoigne Gabrielle Caron, sa professeure de français.

Marie-Anne Gingras, «confinée de l'année», entourée de Gabrielle Caron, enseignante de français, de Julie Maltais, enseignante de mathématique et d'Élisabeth Jourdain, directrice générale du Collège Marie-de-l'Incarnation.

Au Séminaire Sainte-Marie, à Shawinigan, on aura plutôt opté pour la formule ciné-parc. Les 48 finissants étaient tous conviés à Vallée-du-Parc à la tombée du jour, pour une soirée sous la thématique Star Wars. On visait ainsi à souligner la persévérance de «la cohorte de Jedi», explique Jean-Sébastien Roy, directeur de l'établissement.

On aura profité de l'écran du nouveau ciné-parc pour projeter une courte rétrospective personnalisée de chacun des étudiants, imageant leur parcours et leurs ambitions futures. Chacun se sera vu décerner quelques cadeaux, dont un masque de protection fabriqué par Hélène Bergeron, une enseignante de l'endroit. On aura aussi pris la peine d’immortaliser la soirée par une photo de groupe dans la montagne.

L’événement s'est conclu par une rediffusion du Bal mammouth de Télé-Québec, avec un mot personnel de la comédienne Sarah-Jeanne Labrosse et de Pier-Luc Funk, en attendant le «vrai party», insiste Jean-Sébastien Roy. Le directeur promet un vrai bal à ses finissants, quand la situation s'y prêtera.

Au Séminaire Sainte-Marie, on avait opté pour la formule ciné-parc.