Dans l’ordre habituel, on retrouve Matthew Scorah, directeur principal de la technologie chez Nauticol Energy Ltd, Denis Lelerc, président et chef de la direction d’Écotech Québec, et Yvan Martin, conseiller en communication et relations avec le milieu pour ProjetBécancour.ag.

ProjetBécancour.ag: potentiel de 355 000 tonnes de plus

BÉCANCOUR — Grâce au Défi INNO+, dix solutions technologiques innovantes pourraient permettre à ProjetBécancour.ag d’espérer capturer et valoriser jusqu’à 355 000 tonnes additionnelles de CO2, soit une diminution équivalente à 101 000 voitures.

C’est ce que le promoteur a fait savoir, lundi, en rencontre de presse alors que le projet d’usine intégrée de production d’urée et de méthanol, évalué à 1,3 milliard de dollars à Bécancour, devrait faire l’objet d’audiences du BAPE à l’automne.

Déjà, le procédé envisagé permet de récupérer et de valoriser 55 % des émissions de CO2 générées lors de la production du méthanol pour le transformer en urée. Or, c’est pour valoriser le 45 % excédentaire que la grappe des technologies propres Écotech Québec a lancé un appel à l’innovation.

Selon son président et chef de la direction, Denis Leclerc, une vingtaine d’avenues furent soumises et la moitié d’entre elles, réparties principalement dans le biocarburant, les matériaux avancés et l’agroalimentaire, ont été retenues pour analyse ultérieure en fonction de différents critères dont les coûts et contraintes de la solution proposée, le niveau de maturité de la technologie, les projets comparables déjà réalisés et les programmes de subvention disponibles pour sa mise en place.

«L’objectif du Défi INNO+ est de permettre à ProjetBécancour.ag de capter et valoriser le plus d’émissions de GES possible en fonction des technologies disponibles, en s’alliant à des entreprises qui proposent des solutions innovantes pour capturer et valoriser le CO2», explique-t-il.

Entre autres, on propose l’utilisation d’enzymes, de composés métalliques organiques et d’amines pour capturer le CO2 directement dans le procédé avant l’émission à l’atmosphère afin de permettre la valorisation.

Utilisation du CO2 dans le procédé de fabrication de matériaux de construction, purification et liquéfaction du CO2 capturé pour l’utilisation dans le domaine médical, utilisation de microorganismes pour convertir le CO2 en protéines pour consommations animale et humaine: voilà autant d’exemples de conversion en produits à valeur ajoutée qui ont été soulevés.

Une autre avenue pour réduire l’empreinte carbone, c’est l’utilisation dans le secteur agricole pour stimuler la photosynthèse des cultures en serre. Et il y a aussi cette possible valorisation du CO2 pour la production de carburant durable utilisé dans le secteur des transports.

«Ce que l’on nous présente est trop flou pour espérer une réduction réelle des émissions de la future usine intégrée, même à moyen terme. De plus, elle ne répond pas aux réductions nécessaires en amont, de l’ordre de 1 000 000 tonnes, et en aval de l’usine, de l’ordre de 4 000 000 tonnes. Au lieu de voir le projet gagner en pertinence, on pourrait encore s’enfoncer un peu plus, surtout lorsque l’on songe à de futurs carburants», a fait savoir Marc Brullemans, du Collectif scientifique sur la question des gaz de schiste et sur les enjeux énergétiques au Québec et membre d’Alternatives Bécancour.

L’usine de Bécancour deviendrait l’une des premières dans le monde à utiliser une partie des gaz de combustion émis par la production de méthanol pour produire de l’urée. Situé dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour, ce projet créera, à terme, 200 emplois lors de sa mise en service, prévue en 2022.

Actuellement, les agriculteurs québécois importent 100 % de l’urée dont ils ont besoin, soit plus de 350 000 tonnes par année. La production d’urée à Bécancour permettra de garantir leur approvisionnement, un facteur important puisque la saison de production est courte. «L’usine de ProjetBécancour.ag répondra à 100 % de la demande québécoise en urée et en partie à la demande canadienne», rappelle le conseiller en communication et relations avec le milieu pour ProjetBécancour.ag, Yvan Martin.

«La production d’urée et de méthanol au Québec contribuera à réduire notre dépendance aux sources d’approvisionnement extérieures en diminuant les importations de pays tels que la Russie, les États-Unis, Trinité-et-Tobago ou le Vénézuéla. ProjetBécancour.ag contribuera à la prospérité des familles agricoles québécoises en raison notamment de la présence de La Coop fédérée parmi les partenaires du projet, qui s’est déjà engagée à acheter l’entièreté de la production d’urée pour approvisionner ses réseaux de détaillants, à partir de la production de l’usine», renchérit-il en conclusion.