Pierre Saint-Yves et Yannick Gendron pourront poursuivre leurs recherches sur le fondateur de Trois-Rivières.

Projet Théodore Bochart: financement complété

Yannick Gendron et Pierre Saint-Yves ont franchi une autre étape dans leur projet de livre et de documentaire basés sur l'hypothèse de la fondation de Trois-Rivières par Théodore Bochart.
Le duo a atteint son objectif de récolter 7000 $ en campagne de sociofinancement via la plateforme La Ruche/Mauricie.
L'historien et le réalisateur pourront se rendre en France l'été prochain pour compléter leurs recherches et documenter visuellement les traces laissées par celui qui aurait véritablement fondé la ville de Trois-Rivières, au lieu du personnage de Laviolette préalablement désigné.
À la mi-décembre, au terme de la campagne de sociofinancement de 45 jours, 77 donateurs avaient investi entre 5 $ et 250 $ dans le projet. En échange de leur contribution, les donateurs pouvaient recevoir divers privilèges liés au projet.
L'argent amassé contribuera à financer les recherches de M. Gendron aux Archives nationales de France à Paris, aux Archives nationales d'outre mer à Aix-en-Provence et aux Archives départementales de Sainte-Maritime à Rouen. 
L'historien souhaite y trouver d'autres détails qui permettraient de décrire la vie de celui qui s'est aussi distingué par sa carrière militaire à son retour en France après ses quatre ans passés en Nouvelle-France.
D'ici le voyage prévu cet été, Yannick Gendron sera en mesure de commencer la rédaction de son livre. Il considère avoir recueilli plus de 90 % de l'information qu'il trouve pertinente pour la constitution d'une bonne biographie de Théodore Bochart.
Il a consulté des dizaines de milliers de pages pour alimenter ses recherches. Dans les archives françaises, il espère déceler d'autres petits détails qui enrichiraient la description de sa vie, et illustreraient une partie des activités commerciales de l'époque, aussi.
«J'aimerais trouver des détails comme le contenu des navires, le nombre de matelots... Quand les bateaux partaient d'un certain port pour la Nouvelle-France, ils devaient revenir au même port et déclarer des choses à leur retour. Je n'ai pas ces déclarations-là. C'était une façon de contrôler la marchandise, une façon pour le roi de contrôler les impôts, les entrées d'argent. Je pourrais trouver ça dans des catalogues», donne-t-il comme exemple.
De son côté, le producteur, réalisateur et journaliste Pierre Saint-Yves est à la recherche d'un diffuseur pour le projet de documentaire, avec la souplesse de pouvoir en adapter le format. Les deux hommes avaient travaillé ensemble à la conception du documentaire Sur les traces de Laviolette, présenté dans le cadre des fêtes du 375e anniversaire de la fondation de Trois-Rivières en 2009. C'est depuis ce temps que le duo s'intéresse à Théodore Bochart, dont l'importance du rôle a émergé dans les recherches sur Laviolette.
L'hypothèse défendue par Yannick Gendron circule de plus en plus. Des enseignants du primaire et du secondaire commencent même à l'introduire quand ils abordent l'histoire de la Nouvelle-France et de Trois-Rivières. «Ce qui était une curiosité en 2009 est devenu une possibilité sérieuse. L'hypothèse se tient davantage que de dire que ce n'est pas possible», constate Pierre Saint-Yves.
Par la médiation de ses recherches et de ses projets, par sa présence sur internet et par des activités comme des promenades historiques dans le Vieux Trois-Rivières, Yannick Gendron considère avoir atteint une partie du grand public.
«Je n'ai pas senti d'enthousiasme du milieu universitaire, j'ai l'impression que ça va venir avec le temps, peut-être avec la publication. J'ai atteint le public de façon générale et le milieu de l'éducation mais j'ai pas percé le milieu universitaire encore.»
«Les gens veulent savoir les détails. Ils veulent savoir ce qui fait en sorte que j'en suis venu à cette hypothèse, ce qu'il y a de solide en dessous de ça. Ils veulent savoir jusqu'à quel point je suis sûr. Moi, je suis convaincu de mon affaire!», assure l'historien.
Des gens s'inquiètent même à savoir s'il faudrait changer le nom du pont Laviolette si un consensus acceptait les conclusions de l'historien... «Ce que je dis depuis le départ c'est que ce serait le fun de commencer à intégrer Bochart dans notre toponymie. Mettons qu'au final il ne se révèle pas être le fondateur de Trois-Rivières, reste que c'est un personnage important pour la ville», conclut M. Gendron.