Les jumelles Amélia et Ayana Petiquay Létourneau entourent la policière Vicky Chilton-Soucy de la Sécurité publique de Wemotaci et le policier Guillaume Maltais de la Sûreté du Québec.

Projet Mikisiw: des modèles pour encourager les jeunes

Encourager la persévérance scolaire en présentant des modèles de réussite autochtone, c'est le nouveau défi s'est donné le Centre d'amitié autochtone de La Tuque (CAALT). Une initiative qui s'inscrit dans le projet Mikisiw, un programme de soutien à l'apprentissage.
Il s'agit d'un programme qui s'adresse aux jeunes de niveau primaire qui est, selon les intervenants du CAALT, beaucoup plus que de l'aide aux devoirs et aux leçons.
«Il y a d'autres apprentissages que l'on considère importants, surtout au niveau de la culture. On veut que ces jeunes-là puissent acquérir d'autres compétences», soutient la directrice générale du CAALT, Christine Jean.
Il ne s'agit pas d'un nouveau programme, il existe depuis près d'une vingtaine d'années, mais il a été l'objet de quelques ajustements dans les dernières années.
«Depuis cinq ou six ans, c'est plus structuré et plus adapté», confirme Mme Jean.
C'est d'ailleurs dans cet esprit que les dirigeants ont décidé de présenter des conférenciers autochtones.
«C'est pour inciter à la persévérance scolaire qu'on a voulu inviter des personnes qui peuvent être des modèles pour ces enfants-là», note Mylène Awashish, animatrice communautaire du CAALT.
«C'est de mettre un personnage modèle autochtone et de semer une étincelle pour ces jeunes-là. Il y a des personnages modèles à l'école, mais le modèle de persévérance scolaire n'est pas toujours adapté aux autochtones. En mettant à l'avant-plan des Autochotones qui sont allés à l'école et qui ont réussi, on veut inciter nos jeunes à persévérer. La persévérance et la réussite scolaire chez les autochtones demeurent un grand défi chez les jeunes et moins jeunes», a ajouté Christine Jean.
C'est Constant Awashish, le grand chef de la nation atikamekw qui a été le premier à rencontrer les jeunes. Il a partagé son expérience avec les jeunes.
«C'était un cercle, ils ont échangé. Les jeunes étaient super attentifs. Ils avaient visiblement un intérêt. La communication se faisait bien [...] Constant Awashish leur a aussi parlé en Atikamekw», souligne la directrice générale du CAALT.
Les jeunes ont pu rencontrer deux policiers également la semaine dernière. Un policier de la Sûreté du Québec qui assure les fonctions d'agent de liaison autochtone avec les communautés atikamekws et une jeune policière de la Sécurité publique de Wemotaci.
«Ça peut aider à désamorcer des craintes que les jeunes ont aussi. Là, on parle de policiers, mais ça pourrait être une infirmière», lance Mme Jean.
Les deux policiers ont pris du temps pour aider les jeunes dans leurs devoirs et leurs leçons en plus de parler respectivement de leur parcours scolaire et de leur fonction.
Vicky Chilton-Soucy, une jeune femme de 23 ans, a expliqué aux jeunes que c'était un rêve de devenir policière.
«J'ai toujours voulu faire ça dans ma vie. Travailler dans ma communauté en plus c'est parfait», mentionne-t-elle.
Elle n'a pas hésité une seconde quand elle a été approchée par le CAALT pour s'adresse aux jeunes.
«J'étais vraiment contente qu'on me demande de venir ici [...] On veut leur dire de persévérer à l'école, que ce n'est pas toujours facile, j'ai connu beaucoup d'échecs, mais c'est important de poursuivre et de faire ce que l'on aime. Le décrochage c'est trop facile», soutient la policière autochtone.
Le policier Guillaume Maltais a également parlé de son parcours scolaire en plus d'expliquer ses fonctions auprès des communautés.
«Ma fonction en général c'est d'être le visage de la Sûreté du Québec pour les communautés et d'être le plus accessible possible pour eux. C'est aussi de dégager une image sécurisante culturellement pour eux, pour les aider à accéder à nos services sans avoir de craintes», a affirmé Guillaume Maltais de la Sûreté du Québec.
Les enfants auront l'occasion de rencontrer d'autres modèles autochtones dans les prochaines semaines.