Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Projet majeur en vue pour Shawinigan

Shawinigan — La Ville de Shawinigan travaille sur l’implantation d’un projet industriel suffisamment sérieux, dans le secteur Saint-Georges, pour signer une convention d’option d’achat avec la société propriétaire d’un immense terrain où cette usine serait destinée.

Fidèle à son habitude, le maire, Michel Angers, demeure avare de commentaires sur ce genre de dossier. Pour le moment, il ne souhaite pas aller beaucoup plus loin que le libellé d’une résolution adoptée par le comité exécutif de la Ville, le 19 novembre.

Celle-ci indique qu’une «entreprise étrangère» est intéressée à s’établir à Shawinigan et qu’elle convoite un site dont la Ville n’est pas propriétaire. Ce vaste terrain de 735 000 mètres carrés appartient plutôt à Solifor Mauricie, une société en commandite spécialisée dans la gestion de terres forestières, qui avait acquis cette propriété d’Abitibi Consolidated en août 2009. Le site identifié est situé dans le secteur Saint-Georges, en face de l’usine Arbec, dans un quadrilatère ceinturé par le chemin de Turcotte, la route du Lac-à-la-Tortue, le chemin des Daniel et l’avenue de Saint-Georges.

La résolution précise ainsi que le comité exécutif autorise la signature d’une convention d’option d’achat entre la Ville et Solifor Mauricie «dans le cadre d’une éventuelle implantation d’une usine de plusieurs millions de dollars sur le territoire (...)». Cette entente ne crée aucune obligation d’acheter les terrains visés, mais la résolution ajoute que «cette démarche proactive pourrait faciliter et aider à l’implantation d’une usine d’envergure».

Chez Solifor, le président, Reynald Arial, n’a pas voulu s’avancer sur les détails de ce contrat. La société possède une superficie de plus de 24 000 hectares en Mauricie, ce qui inclut des propriétés dans la MRC de Portneuf.

Discrétion

Tout le discours sur le virage entrepreneurial de Shawinigan laisse un peu dans l’ombre les démarches du Service de développement économique de la Ville pour attirer une usine pouvant embaucher quelques centaines de travailleurs. Les échecs d’implantation de projets comme RIMA et FerroAtlantica, en 2013 et 2014, n’ont pas ralenti les efforts pour obtenir des projets d’envergure, particulièrement dans le parc industriel à grand gabarit. Ce site, acquis en catastrophe après des ententes avec une trentaine de propriétaires fonciers, demeure désert à ce jour. Tout de même, le maire estime sommairement à une dizaine le nombre de visites d’investisseurs intéressés par le parc industriel à grand gabarit au cours des dernières années.

M. Angers a toujours prôné la discrétion avant que tout soit coulé dans le béton. Il ne fait donc pas exception dans ce dossier précis.

«Quand on attache nos affaires, nous sommes prêts à annoncer», résume-t-il. «Mais tant que ce n’est pas fait... Pour le moment, on veut s’assurer d’avoir l’endroit. Pour le reste, nous sommes toujours en négociation. Nous avons d’ailleurs plusieurs dossiers en cours et c’en est un.»

Le maire semble encouragé par l’avancement des discussions, mais évidemment, il refuse de s’emballer trop vite.

«Nous avons vécu des dossiers où nous étions aussi très près de régler», rappelle-t-il. «Contrairement à d’autres, tant et aussi longtemps que ce n’est pas attaché, on ne discute pas de ça.»

M. Angers indique que la Ville travaille sur «quatre ou cinq» projets d’envergure. Le parc industriel à grand gabarit constitue toujours un atout important. Le maire croit qu’il manque seulement encore un peu de temps avant que cette zone grouille d’activités.