Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Projet du Château Bellevue: Michel Angers ira jusqu'au bout

Les résidents de cinq zones touchées par le projet de construction du Groupe Château Bellevue, sur l'avenue des Cèdres à Shawinigan, pourront se manifester lors de la tenue de registre prévue lundi, à l'hôtel de ville. Il faudrait 47 signatures pour forcer le conseil municipal à abandonner le changement de zonage proposé ou à organiser un référendum et le maire, Michel Angers, annonce déjà ses couleurs: pas question de lever le nez sur un investissement privé de 50 millions de dollars.
La construction de cet immeuble de 300 appartements sur dix étages rencontre une contestation, puisque les résidents de trois zones contiguës ont accumulé suffisamment de signatures, le mois dernier, pour provoquer une procédure d'enregistrement. Les deux autres zones sont celles où le projet doit être réalisé. Elles étaient automatiquement qualifiées pour ce processus.
Ce bassin comprend 358 personnes habiles à voter. Si au moins 47 d'entre elles se manifestent lundi à l'hôtel de ville, entre 9 h et 19 h, Shawinigan pourrait bien vivre un deuxième référendum depuis la fusion municipale, après celui de la clinique d'acupuncture de Sylvie Doucet en 2013. Mais M. Angers croit toujours que les résidents se rallieront au projet en s'abstenant de signer le registre.
«Nous avons fait tout ce qui était humainement possible de faire pour que le projet soit adapté aux préoccupations des citoyens», rappelle-t-il. «Lors de la dernière assemblée avec eux, j'ai senti qu'il y avait une acceptabilité sociale.»
«J'ai insisté beaucoup sur l'aspect communautaire et collectif de la démarche», ajoute-t-il. «Au-delà de l'immeuble qui s'installe, ça respecte les orientations de concentration urbaine et ça permet à nos aînés d'avoir un endroit au centre-ville pour vaquer à leurs occupations. Notre population a le droit de profiter d'un bâtiment comme celui-là.»
Le maire assure qu'il n'existe pas de plan B pour le promoteur à Shawinigan. Si le site reluqué est bloqué par la population, il risque de tourner les talons. Voilà pourquoi M. Angers compte bien aller jusqu'au bout du processus si la résistance se prolonge.
«On ne laissera jamais tomber», jure-t-il. «Un projet de 50 millions $, avec 75 emplois, un dynamisme économique et une volonté de garder nos aînés chez nous... Ça n'arrive pas une fois par semaine, un projet comme celui-là. Les gens l'ont bien compris. Leur message, c'est qu'ils ne sont pas contre le projet, mais ils ne veulent pas l'avoir dans leur cour. On ne peut pas le mettre dans un vert pâturage! Les gens doivent réfléchir. Est-ce que c'est bon pour notre communauté?»
«Je compte beaucoup sur le fait que les gens ne se rendront pas à la signature du registre», ajoute-t-il. «Je fonde beaucoup d'espoir dans le fait que nos explications, les modifications, la validations des demandes qui ont été faites auront été entendues. Je ne peux pas croire qu'on pourrait passer à côté d'un projet comme celui-là.»
Les réserves portent notamment sur la vue de certains citoyens vers la rivière Saint-Maurice qui serait dorénavant obstruée par ce mastodonte. Le maire s'est rendu lui-même dans le quartier pour en avoir le coeur net et ce qu'il a constaté renforce son impression selon laquelle l'impact visuel demeurerait très limité.
«Il faut être ouvert au changement», suggère-t-il. «Il faut aussi être ouvert au fait que lorsque des opportunités communautaires comme celle-là se présentent, il faut les saisir. C'est extrêmement important en terme de taxes, ça représente des emplois, du dynamisme, mais c'est surtout le fait qu'un promoteur choisisse Shawinigan pour sa qualité de vie.»
M. Angers ne verrait donc «aucun problème» à aller en référendum. «Je ne le souhaite pas», précise-t-il. «Mais on ne doit pas prendre pour acquis qu'on laisserait tomber facilement ce projet.»
Cette nouvelle construction, rappelons-le, serait située à la place de l'immeuble à bureaux qui abrite notamment l'agence immobilière Re-Max, avec la façade orientée en diagonale vers la 9e Rue de la Pointe.