Mélissa et Jimmy Marcouiller, promoteurs du projet de résidences de tourisme au Domaine du lac Vincent, lors de l’assemblée d’information de mercredi soir.

Projet domiciliaire du Domaine du lac Vincent: de forts vents de face

Shawinigan — Même réduit en termes d’unités et de superficie, le projet domiciliaire du Domaine du lac Vincent rencontre toujours de forts vents de face. Les promoteurs l’ont à nouveau senti mercredi soir, lors d’une assemblée d’information qui a réuni 25 personnes à la salle du conseil municipal de Shawinigan, qui ont fermement marqué leur opposition pendant deux heures.

Jimmy et Mélissa Marcouiller demandent aux élus d’adopter un changement de zonage ciblé afin de permettre la construction de six maisons pouvant être accréditées résidences de tourisme. Chacune pourrait avoir jusqu’à six chambres. Même s’il ne s’agirait pas de maisons riveraines, les propriétaires de ces unités auraient un accès au lac Vincent. Les résidents s’inquiètent de voir ainsi débarquer des touristes insouciants de la fragilité de ce petit plan d’eau paisible.

Le 27 mai, un premier projet de résolution avait été adopté par le conseil municipal pour un projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) dans ce secteur. Une erreur s’était glissée dans son libellé, puisqu’une seule des deux zones visées était désignée. Or, plutôt que de reprendre le processus du début, les promoteurs ont simplement décidé de laisser tomber la deuxième zone prévue.

Néanmoins, la Ville de Shawinigan a jugé bon d’organiser une séance d’information sur ce projet, mercredi soir, afin de permettre aux citoyens de s’exprimer. Les opposants ont monopolisé le plancher.

Essentiellement, les réserves demeurent les mêmes que celles qui s’étaient manifestées lors de l’assemblée publique de consultation, le 17 juin. Les résidents n’avaient pas prévu d’exploitation commerciale dans leur secteur lorsqu’ils ont acquis leur propriété, ils craignent des abus des fêtards ou d’écervelés, ils insistent sur la fragilité de leur lac et ils craignent les conséquences d’une hausse de la circulation sur des chemins privés.

Le maire, Michel Angers, a tenté de savoir si la réduction du projet et la garantie des promoteurs selon laquelle les visiteurs ne pourraient avoir accès au lac pouvaient devenir socialement acceptables. Or, ces engagements n’ont rassuré personne dans la salle. Qui se chargerait de contrôler les allées et venues des visiteurs?

«On sait ce que c’est, les Airbnb», témoigne France Joyal. «On perd le contrôle! Nous avons une vingtaine de chalets actuellement et des terrains pour potentiellement une vingtaine d’autres, ça me semble suffisant. Le danger de donner l’accès à des propriétaires de cette zone et de ne pas pouvoir contrôler l’accès des locataires, c’est complètement impensable.»

Les promoteurs ont calmement répondu aux inquiétudes et après la séance, ils ne semblaient guère ébranlés par ce qu’ils avaient entendu.

«Nous avons pensé à une solution qui pouvait être agréable pour tous», souligne Mme Marcouiller, qui rappelle que les premières maisons se retrouveront à au moins 500 mètres du lac. «Je vois une réticence, mais nous sommes des gens très imaginatifs. Nous sommes persévérants. Si on se fait bloquer, ce n’est pas grave. Notre but est de trouver une vocation en deuxième rangée. Nous pouvons en trouver une autre, ce n’est pas un problème.»

«L’opposition, il y en aura tout le temps», fait remarquer son frère. «On ne voit pas ceux qui veulent une vocation locative.»

Joan Hamel, administratrice au Regroupement des associations de lacs et cours d’eau de Shawinigan, a également pris la parole pour appuyer les riverains. Elle a rappelé aux élus l’importance d’adopter une réglementation pour encadrer les résidences de tourisme, un processus dans lequel le conseil municipal vient de s’engager.

Les élus prendront donc ce dossier en délibéré. L’adoption du deuxième projet de règlement est prévue à la séance extraordinaire de lundi ou à celle de septembre.