La future serre de cannabis à usage médical s’installerait dans les environs des bureaux de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, le long de l’autoroute 30. — Photo: François Gervais

Projet de serre de cannabis à usage médical

BÉCANCOUR — Un projet de serre de cannabis à usage médical verra le jour à Bécancour. L’entreprise Flora Agritech a annoncé sa volonté de s’établir à l’est du boulevard Arthur-Sicard, dans le Parc industriel et portuaire. Comprenant quatre phases, ce projet créera à terme une centaine d’emplois dans la région. Et le promoteur a déjà enclenché le processus pour obtenir les autorisations d’usage de Santé Canada, soit les licences de production et de vente.

 

À elle seule, la première phase permettra de créer 30 à 50 emplois permanents. L’entreprise a récemment acquis une option d’achat sur un terrain de 1 800 000 pieds carrés et commencera le projet avec une première phase de 250 000 pieds carrés, représentant un investissement de 40 millions $.

«On l’attendait un petit peu. Ils étaient venus nous rencontrer. Et nulle part, ça accroche, à la suite de la rencontre de la semaine dernière avec la commission consultative en environnement de Bécancour. C’était unanime. C’est quelque chose de propre. De toute façon, ce n’est pas une question émotive pour nous autres, c’est une question légale. Alors, lorsqu’une entreprise respecte toutes les normes urbanistiques en vigueur, on émet le permis tout simplement», a commenté le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Ce projet s’ajoute à celui confirmé en janvier à Louiseville. IsocanMed investit 10 millions de dollars dans une usine de 65 000 pieds carrés qui pourrait atteindre jusqu’à 500 000 pieds carrés. Quelque 10 tonnes de marijuana thérapeutique séchée seront produites annuellement par cette entreprise ayant en poche sa licence de production de Santé Canada. Du côté de Trois-Rivières, l’entreprise Déméter Organi-K est toujours en attente des autorisations afin d’aller de l’avant avec son projet dans le parc industriel des Carrefours, selon Innovation et développement économique Trois-Rivières. Le directeur adjoint de l’organisme, Jean Côté, assure que le projet continue de cheminer et que les discussions avec les dirigeants de l’entreprise sont fréquentes.

M. Dubois se dit content «à partir du moment qu’il y a une animation économique, et qu’on est en mesure de briser un peu l’inertie économique qu’on a vécue au cours des quatre dernières années». «Ce serait le premier projet de moyenne importance», souligne-t-il.


Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, se réjouit du projet de serre de cannabis à usage médical.

Selon le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, le projet respecte tous les critères. «C’est un bon dossier conforme à toutes nos normes dans le parc. Et il n’y aurait pas aujourd’hui la légalisation de la marijuana publique comme ça va se faire dans quelques mois que ce dossier-là se réglait aussi. Il le fallait de toute façon. C’est sûr que les gens vont avoir tendance à mêler les deux, mais nous, il n’y a pas de liens entre ça et la vente du joint au dépanneur», a-t-il tenu à préciser.

«Nous sommes très fiers de notre projet basé sur de hautes technologies européennes qui nous permettront d’atteindre des seuils de productivité et d’innovation inégalés en Amérique du Nord», a fait savoir Tony Fionda, président de Flora Agritech.

Selon lui, ce projet se veut un projet respectueux de l’environnement à tous les niveaux. En effet, il n’y aura pas d’eau potable utilisée dans sa production. Les premiers travaux permettront d’ailleurs de créer des bassins de rétention d’eau de pluie et d’eau provenant de la fonte des neiges. Cette eau sera ensuite utilisée pour la production de cannabis.

Cette technologie néerlandaise offre également un environnement où l’air et la pression sont contrôlés avec grande précision. Les rayons du soleil atteignent les cultivars en passant à travers un toit en verre spécialisé qui optimise les niveaux de micromoles dans les serres. Le contrôle électronique du climat interne sera automatisé. Les systèmes de chauffage et de refroidissement avancés maximiseront les économies d’énergie et protégeront la plante.


Le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard.

Selon la direction, ces serres offriront également un environnement de travail sain pour les employés, puisque ceux-ci travailleront principalement dans les sections de logistiques, de finalisation des produits, d’emballage ainsi que dans les sections de recherche et développement.

Un système de filtration des eaux, d’irrigation et de distribution des nutriments permettra une recirculation complète et une alimentation spécifique aux cultivars, en plus de systèmes de suivi des produits de la graine à la vente.

L’entreprise assure qu’aucun accès au site ne sera permis. Celui-ci fera l’objet d’une sécurité de haut niveau en conformité avec les règles rigoureuses de Santé Canada. «Flora Agritech rencontrera les normes techniques associées à la production médicale et fera la transformation technique associée à ces produits médicaux sur place et sous la supervision d’une équipe scientifique», a-t-on précisé sans néanmoins confirmer l’approbation de Santé Canada à ce stade-ci.

Plusieurs étapes ont déjà été réalisées afin de mettre au monde ce projet qui s’étendra sur quatre phases. Flora Agritech a pris une option sur le terrain numéro 11 de la Société du Parc industriel de Bécancour le 2 mars dernier. Suite à cela, des tests de sol préliminaires ont été effectués afin de confirmer que la qualité des sols était optimale pour le projet.

La phase 2 devrait voir le jour à l’automne 2019, tandis que les phases 3 et 4 sont planifiées pour l’été et l’automne 2020. Chacune de ces phases complémentaires sera de 250 000 pieds carrés, sur le même terrain. Les trois phases additionnelles doivent encore être confirmées. 

«Nous sommes très enthousiastes à l’idée de nous installer à Bécancour. L’emplacement est idéal et répond à certains critères techniques. Lors de la présentation du projet au conseil municipal en mars dernier, nous avons constaté que la ville de Bécancour possède une vision du développement constructive et responsable qui cadre avec nos valeurs. Nous sommes impatients de présenter plus en détail notre projet novateur à la population», ajoute M. Fionda.

Des projets technologiques comme celui de Flora Agritech doivent suivre un processus bien établi. Celui-ci suit son cours alors que l’entreprise collabore étroitement avec les autorités responsables afin d’obtenir toutes les autorisations permettant d’amorcer la production.

«Flora Agritech se veut un partenaire d’affaire pour la région de Bécancour. Ce projet de développement sera un créateur d’emploi tout en étant un projet écologique et soucieux de l’environnement, grâce à ces technologies néerlandaises révolutionnaires. Celui-ci pourrait amener jusqu’à cinq millions de dollars en retombées économiques ainsi que des emplois de très haute qualité pour la région incluant des emplois se spécialisant dans le domaine de la chimie, des techniques agricoles ainsi que des emplois de haut niveau dans l’ensemble des domaines de la gestion d’entreprise», affirme le président de cette compagnie québécoise qui se spécialise dans la production et la transformation de cannabis de qualité médicale. 

Pour Bécancour, cette bonne nouvelle s’ajoute au règlement des conventions collectives chez Sural et Viterra. «Il y a aussi des relations de travail qui sont harmonieuses à Bécancour. Ce n’est pas juste des conflits qu’on a. À chaque fois qu’il se signe une convention collective de bonne foi, c’est toujours agréable à entendre», a indiqué le maire Dubois.

Et plusieurs autres projets sont actifs à la Société du parc industriel et portuaire. «Exceptionnellement, actuellement, il y a huit dossiers d’options dans le parc», a conclu Maurice Richard, la moitié faisant l’objet d’ententes de confidentialité.

Avec la collaboration de Martin Lafrenière et Mathieu Lamothe