Plusieurs résidents ont exprimé leurs inquiétudes à l’égard du projet de sablière et ont vivement critiqué le travail des élus.
Plusieurs résidents ont exprimé leurs inquiétudes à l’égard du projet de sablière et ont vivement critiqué le travail des élus.

Projet de sablière à Saint-Étienne-des-Grès: les citoyens manifestent leurs inquiétudes

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS — Une quarantaine de citoyens de Saint-Étienne-des-Grès ont assisté mercredi soir à une soirée d’information sur le projet de sablière entre les 3e et 4e Rang. Les frustrations de plusieurs résidents à l’égard des élus se sont manifestées, alors que ceux-ci craignent de subir de nombreux impacts négatifs si le projet de sablière voit le jour.

«Le conseil tenait à faire cette soirée pour rectifier des choses, car on nous accuse d’avoir mené ce projet derrière des portes closes», a mentionné Robert Landry, le maire de Saint-Étienne-des-Grès dès le début de la rencontre.

Le maire a ensuite expliqué les règlements du schéma d’aménagement concernant les carrières et les sablières. Ce type d’installation ne peut être aménagé du côté ouest de l’autoroute 40, sauf si les besoins sont démontrés et «qu’aucun préjudice n’est causé à l’agriculture».

«Tant et aussi longtemps que le projet respecte les règlements, ça revient au service d’urbanisme d’analyser le projet. Ce n’est plus le rôle des élus», a expliqué le maire. «Il ne pouvait pas refuser ce dossier, parce qu’il est conforme au règlement.»

Par la suite, le projet de sablière a été approuvé par le conseil municipal sous la recommandation du service d’urbanisme. Selon le promoteur, la terre agricole où serait aménagée la sablière ne serait plus viable pour la culture.

«La décision revient à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ). Et ça peut prendre plusieurs mois ou même un an», précise le maire qui ajoute que le promoteur devra ensuite obtenir un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement.

Une quarantaine de personnes ont assisté mercredi soir à l’assemblée d’information sur le projet de sablière.

«Les critères sont très stricts. Et ça prend encore quelques mois pour obtenir le certificat. Il ne sortira pas de sable de là en 2021.»

Le maire Robert Landry assure que si la CPTAQ rejetait le projet, le conseil municipal ne contestera pas sa décision.

Nombreuses préoccupations des résidents

Rapidement après le mot d’ouverture du maire sur le cadre réglementaire des sablières, de nombreux résidents ont exprimé leurs inquiétudes. Plusieurs ont exprimé leur colère à l’égard des règlements et du travail des élus.

Les promoteurs de l’entreprise Sablière Claude Grenier et fils étaient sur place lors de la soirée d’information. Le dirigeant de l’entreprise, Claude Grenier, a eu quelques échanges musclés avec des résidents. Une citoyenne a même quitté promptement la rencontre après une remarque de M. Grenier qu’elle qualifie d’insulte envers son père décédé.

Une résidente voisine du chemin nouvellement construit par le promoteur a dénoncé les conséquences sur sa qualité de vie. Elle affirme que sa résidence perd de la valeur en raison des nombreux camions qui vont circuler dans le secteur.

«À qui je vais vendre ma maison maintenant qu’il va avoir une sablière devant? Je vais perdre de l’argent. Allez-vous nous rembourser les pertes?», a questionné un autre résident.

Le ton a monté entre le promoteur et quelques citoyens de Saint-Étienne-des-Grès. Une résidente a quitté la rencontre après ce qu’elle estime être une insulte de la part du promoteur, Claude Grenier.

Le maire Landry avoue que la valeur marchande des résidences voisines de la sablière pourrait perdre de la valeur. «Non, je n’aimerais pas habiter devant une sablière. Mais si le projet répond au règlement, on ne pouvait pas l’empêcher», a soutenu le maire.

«Je n’ai pas acheté une maison dans un quartier résidentiel pour avoir une sablière devant chez moi», a dénoncé une autre résidente du quartier qui s’inquiète pour l’avenir de la nappe phréatique.

«Quel filet de sécurité allez-vous mettre en place pour nous assurer qu’on va avoir de l’eau plus tard?»

Éric Bouffard, un résident du secteur, soutient que depuis le début des travaux de déboisement sur le site de la future sablière, une partie de son terrain est inondé. «Je n’ai jamais vu ça des inondations dans ce secteur», dit-il. «On va vivre toutes les contraintes de poussière et de bruit, sans retirer de l’argent de ça.»

Une résidente a vivement critiqué le conseil municipal. Elle estime qu’il n’a pas considéré les impacts sur les citoyens avant d’approuver le projet.

«Je ne comprends pas votre logique. Une sablière dans un quartier résidentiel, à quoi vous avez pensé?», a-t-elle demandé.

Le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry.

«On a des sablières inexploitées dans un secteur industriel et on veut en faire une dans un secteur résidentiel.»

«Vous n’avez pas considéré les citoyens. Vous nous avez oubliés», a dit ensuite une autre citoyenne. «C’est sûr que c’est dans l’intérêt du promoteur d’avoir du sable, c’est ce qu’il fait, il vend du sable.»