L’artiste Anick Marcil procède à la restauration d’un tableau de Louis-Eustache Monty, à l’église de Sainte-Thècle.

Projet de restauration à l’église de Sainte-Thècle

SAINTE-THÈCLE — Pour l’artiste Anick Marcil, l’église de Sainte-Thècle est un des plus importants joyaux patrimoniaux de la région. Les œuvres d’art qui ornent ses murs témoignent de la passion de Maxime Masson, artisan et curé de la paroisse pendant plus de 50 ans, et de celle du peintre d’église Louis-Eustache Monty, raconte-t-elle. Grâce à une contribution de 4000 $ des Chevaliers de Colomb de Sainte-Thècle, Mme Marcil pourra elle-même exercer son art et restaurer une des fresques de M. Monty, datant des années 1930, qui commence à accuser le passage du temps.

Le projet de restauration, entrepris il y a deux semaines, devrait encore occuper Anick Marcil au moins jusqu’à la mi-février. «Ce n’est pas une question de temps», explique l’artiste de Saint-Séverin, il s’agit pour elle de rester fidèle à l’œuvre originale. Un peu d’humidité semble être à l’origine d’une fissure traversant le tableau sur lequel elle passera le plus clair de son temps au cours des jours à venir. Celui-ci représente la première chute du Christ dans une des stations du chemin de croix. La dégradation qu’a subie la peinture en question serait plutôt l’exception à la règle. L’ensemble des œuvres qu’abrite l’église du village serait en effet en assez bon état, considérant leur âge, relate Mme Marcil.

Anick Marcil et son adjoint artistique, Valentin St-Pierre, travaillent à restaurer une fresque de Louis-Eustache Monty, dans l’église de Sainte-Thècle.

Au-delà du caractère religieux des œuvres d’art qu’elle s’affaire à restaurer, l’artiste se dit engagée dans un devoir de mémoire. «L’église de Sainte-Thècle est vraiment exceptionnelle, il faut vraiment prendre le temps de venir visiter et voir le travail qui a été fait là, c’est vraiment quelque chose qu’on rencontre assez rarement», soutient-elle, en parlant de l’œuvre de Louis-Eustache Monty.

Détentrice d’un certificat en art de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Anick Marcil avait déjà collaboré avec la fabrique du Saint-Coeur-de-Marie, à Sainte-Thècle, alors qu’elle s’était investie dans la restauration du calvaire. C’est au fil de diverses entreprises de la sorte que l’artiste parfait son savoir-faire dans la restauration d’œuvres du patrimoine religieux.

L’artiste Anick Marcil et Michel Rheault, grand chevalier du Conseil 2817 des chevaliers de Colomb de Sainte-Thècle, considèrent que l’église de Sainte-Thècle est d’une valeur patrimoniale inestimable.

Mme Marcil témoigne d’un engagement citoyen hors du commun, dans la communauté de Sainte-Thècle. «Quand les gens ont entendu que je restaurais le calvaire, ils sont venus voir par curiosité, ensuite ils sont revenus avec leur famille, puis avec leurs petits-enfants», relate-t-elle. Elle se réjouit de constater une telle capacité de mobilisation populaire autour de la sauvegarde du patrimoine.

De son côté, Michel Rheault, grand chevalier du Conseil 2817 des chevaliers de Colomb de Sainte-Thècle, explique que la préservation du patrimoine religieux s’inscrit dans la mission de son organisation. De plus, le bâtiment constitue un attrait touristique important de la localité, soutient-il. Sainte-Thècle étant la sainte patronne des Libanais, une délégation de la diaspora libanaise effectue notamment un pèlerinage sur les lieux chaque mois de septembre, souligne M. Rheault.