Le président-directeur général de l’APTR, Gaétan Boivin, a partagé la tribune offerte par la CCI3R avec le nouveau maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche.

Projet de modernisation de la bande riveraine: «On attend après Transports Canada»

Trois-Rivières — Après une présentation visuelle de ce que pourrait devenir la bande riveraine adjacente au centre-ville, le président-directeur général de l’Administration portuaire de Trois-Rivières (APTR), Gaétan Boivin, appuyé du nouveau maire Jean Lamarche, a lancé lundi un «on attend après Transports Canada» bien senti lors d’un dîner organisé par la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières.

D’ailleurs, plusieurs intervenants ont signé une lettre d’appui à l’intention du ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, pour accorder au port trifluvien l’élargissement des pouvoirs dont il a besoin pour concrétiser ce projet de modernisation évalué à près de 100 millions de dollars.

C’est que le fédéral doit autoriser la modification des lettres patentes de l’APTR pour lui permettre des projets à caractère résidentiel, commercial et récréotouristique. Or, après deux ans de démarches, rien ne bouge et «le temps presse», avoue M. Boivin, compte tenu du déclenchement prochain de la campagne électorale au pays. D’où cette vaste mobilisation qui vient d’être initiée, à son grand soulagement.

«Nous devons convenir que notre demande est novatrice dans le cadre du régime portuaire canadien actuel, qui confine les ports à offrir des installations destinées aux navires de marchandises et de passagers. Cela pourrait peut-être expliquer les hésitations de Transports Canada», a-t-il indiqué dans son allocution devant les gens d’affaires.

S’il n’a pas été possible d’obtenir la réaction du ministre fédéral François-Philippe Champagne, le député de Trois-Rivières, Robert Aubin, s’est plu à annoncer que dans le rapport fraîchement déposé par le comité des Transports et dont il est le vice-président, on recommandait justement d’élargir les lettres patentes des ports.

Pour sa part, le maire Lamarche a dit souhaiter qu’Ottawa «acquiesce dans les meilleurs délais». «C’est l’affaire de nous tous. C’est le moment d’aller plus loin», a-t-il fait savoir en évoquant les réalisations de Cap sur 2020 et les projets de Cap sur 2030.

Celui-ci a parlé de ce dîner conférence comme «d’un exercice, d’une démonstration de synergie entre le port et la Ville», retraçant du même coup l’historique de cette collaboration et ses effets sur l’amélioration du secteur.

Car ce dernier présente un potentiel de développement jugé exceptionnel par les intervenants. La proximité du fleuve offre, par exemple, la possibilité d’aménagement d’une promenade pouvant offrir des vues imprenables sur le paysage fluvial et urbain ainsi que des attraits diversifiés. Il s’agirait, dit-il, d’une pièce maîtresse dans le projet de mise en valeur et de revitalisation de ce secteur du centre-ville.

À l’extrémité est, le hangar numéro un présente quand à lui une opportunité de reconversion pouvant allier patrimoine et modernité, tout en tirant profit de l’utilisation de la lumière naturelle.

«Identifié comme iconique, il se doit d’être conservé et réutilisé à son plus grand potentiel. Témoin du passé, l’optimisation du hangar, avec son grand gabarit et ses nombreuses ouvertures donnant vue sur le fleuve, pourrait alors entraîner avec lui le redéveloppement d’une multitude de parcelles, autant sur le site du hangar que dans son voisinage», a souligné M. Boivin.

Évidemment, les activités actuelles du hangar numéro un seraient transférées dans d’autres installations. Et son parvis réaménagé serait relié à l’Amphithéâtre Cogeco par la promenade. «Ce lien permettra de combler le chaînon manquant entre le grand secteur de Trois-Rivières sur Saint-Laurent et le centre-ville», plaide-t-il.

Ce dernier précise que le concept final d’aménagement doit être le fruit d’efforts concertés entre le Port, la Ville et IDE Trois-Rivières, et faire l’objet de consultations auprès du milieu. Le développement immobilier, quant à lui, s’effectuera en partenariat avec des investisseurs et promoteurs du secteur privé. On entrevoit, entre autres, des immeubles à plusieurs étages pour des espaces à bureau et des commerces avec, dans certains cas, une architecture originale et transparente afin de maximiser les vues sur le fleuve.

«Le développement du site doit générer suffisamment de revenus pour en permettre l’entretien, l’amélioration et le renouvellement des infrastructures concernées», tient à indiquer M. Boivin.

Par rapport à la réponse attendue de Transports Canada, «nous sommes en droit d’être optimistes car ce que nous proposons répond aux objectifs attendus des administrations portuaires canadiennes, soit le maintien de relations bénéfiques avec les citoyens, l’intégration du port dans son milieu et soutenir sa communauté et la croissance économique de sa région», affirme-t-il.

«Le port de Trois-Rivières nous a déjà prouvé qu’il pouvait réaliser avec brio des projets ambitieux. Depuis plus d’une décennie, il travaille étroitement avec son milieu sur divers projets de développement porteurs pour notre région. Le projet de développement de la bande riveraine n’y fera pas exception et c’était important pour nous de rallier les représentants de notre milieu pour montrer tout l’appui dont le port bénéficie dans ses démarches auprès de Transports Canada», conclut le président de la CCI3R, Marco Champagne.