«Le ministre de l’Éducation se donne tous les pouvoirs. C’est une centralisation des pouvoirs à Québec.»
– Le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Claude Lessard
«Le ministre de l’Éducation se donne tous les pouvoirs. C’est une centralisation des pouvoirs à Québec.» – Le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Claude Lessard

Projet de loi sur la fin des commissions scolaires: malheureux et improvisé

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le projet de loi sur la fin des commissions scolaires est bien sûr accueilli comme une douche froide par le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Claude Lessard.

«Je trouve ça malheureux. Selon moi, c’est plutôt improvisé. Il y a des gestes qui sont posés trop rapidement», estime Claude Lessard.

L’abolition des commissions scolaires va créer une forte centralisation des pouvoirs au ministère de l’Éducation, alors que la volonté affichée du gouvernement est de donner plus de compétences aux établissements scolaires.

«La semaine dernière, on a décidé de centraliser tous les achats au gouvernement et de centraliser au ministère de l’Éducation les ajouts d’espaces. C’est au ministère qu’on va déterminer les besoins partout au Québec», affirme le président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. «Le ministre de l’Éducation se donne tous les pouvoirs. C’est une centralisation des pouvoirs à Québec.»

Si elle devient réalité, cette loi représenterait selon Claude Lessard un risque pour la diplomation des élèves.

«On veut décentraliser les responsabilités administratives dans les établissements. Les établissements ont déjà toute la responsabilité pédagogique et on va leur donner les responsabilités administratives. Avec plus de tâches administratives, les écoles auront moins de temps pour accompagner les enseignants et les professionnels», mentionne le président de la commission scolaire.

«Surtout alors qu’on pense à assouplir la formation pour les futurs enseignants à cause d’un manque de main-d’œuvre. Ces gens vont nécessiter davantage d’accompagnement. Je vois un danger à ce niveau.»

Estimant que ce projet de loi est prématuré, Claude Lessard aurait souhaité qu’on mène un débat de société sur l’abolition des commissions scolaires.

Malgré des tentatives du Nouvelliste, il a été impossible de recueillir les réactions du président de la Commission scolaire de l’Énergie, Jean-Yves Laforest.