Le campus de l’UQTR à Drummondville.

Projet de 22 millions $ pour 2020 sur le campus de l'UQTR à Drummondville

DRUMMONDVILLE — Le campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières à Drummondville sera doté d’un second pavillon, en 2020. Ce projet de 22 millions $ est le fruit d’une concertation avec le milieu industriel de la ville et portera le nom de Centre national intégré du manufacturier intelligent (CNIMI).

Le directeur du projet, Gerry Gagnon, a indiqué au Nouvelliste que des démarches sont en cours auprès du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, afin de pouvoir annoncer la construction de ce projet prochainement. «On sait qu’on arrive au budget», fait-il valoir. «Les indicateurs nous disent que tous les feux sont au vert avec le gouvernement actuel. Présentent, on nous lance un signal très positif à l’égard de ce projet-là», analyse-t-il.


« Ça va toucher les deux rives, autant la Mauricie que le Centre-du-Québec. C’est quelque chose qui pourrait donner toute une teinte à l’UQTR en tant que grande université.  »
Gerry Gagnon

«Pour 1 $ d’investissement du gouvernement, on va avoir 0,73 $ qui vont être investis par le privé», signale le directeur. La Ville de Drummondville, catalyseur de ce projet sur le plan politique, a déjà promis 1 million $ si le gouvernement s’engage dans le projet et plusieurs grandes entreprises veulent également collaborer.

«On est en pénurie de main-d’oeuvre», rappelle M. Gagnon. Les manufacturiers «voient ça comme une issue. On va être en pénurie de main-d’oeuvre pendant encore 10 ans, donc une transition doit se faire en partie vers l’automatisation, la robotisation des procédés», fait-il valoir, d’où l’intérêt marqué pour ce projet d’envergure.

«On a déjà la signature d’une première entente avec la société Siemens pour 1,6 million $ en équipements et logiciels», ajoute le directeur.

Une grande consultation a eu lieu en 2015, au Centre-du-Québec, sur l’avenir de Drummondville. La construction d’un centre d’excellence en productivité manufacturière était ressortie comme projet prioritaire. À l’approche de l’ère 4.0 du secteur industriel qui sera axée sur le numérique, il est devenu clair qu’il fallait «aider les entrepreneurs à connecter technologie, expertise et financement pour leurs projets», dit-il. C’est alors qu’est née l’idée du CNIMI et que l’UQTR est entrée en scène. «On a eu une entente de collaboration pour que nos projets convergent», indique M. Gagnon.

Le Cégep de Drummondville, l’UQTR, la Ville de Drummondville, la Chambre de commerce, la Société de développement économique ont rapidement uni leurs forces pour mettre en branle ce projet.

Pour la Ville de Drummondville, cela arrive à point puisqu’en septembre dernier, son Comité de pilotage sur le développement du secteur tertiaire déposait justement un rapport suggérant diverses stratégies pour favoriser la tertiarisation de son économie. Parmi elles, le CNIMI «deviendra un catalyseur important entre les entreprises et les secteurs de l’éducation, de l’économie, de l’innovation, de la recherche et de l’entrepreneuriat», peut-on lire sur le site web de la Ville.

«On veut commencer à attirer du tertiaire, au Centre-du-Québec, rehausser les salaires moyens et faire en sorte que l’on ait une économie encore plus diversifiée», résume M. Gagnon.

Le projet attire déjà des acteurs du secteur tertiaire, «notamment CGI», dit-il. En octobre dernier, cette entreprise annonçait l’ouverture prochaine d’un centre d’excellence à Drummondville et la création de 300 emplois de haute technologie en 5 ans.

Le projet du CNIMI compte quatre volets, explique M. Gagnon. Le premier a trait à l’éducation. Le programme d’éducation du CNIMI «sera dual», explique M. Gagnon. «Cela signifie que l’étudiant en génie va passer jusqu’à 2800 heures à obtenir des crédits en industrie», devenant éventuellement une ressource à embaucher.

«Ça a une capacité immense de rétention» de la main-d’œuvre dans la région, fait-il valoir.

Par conséquent, «les gens de l’UQTR ont à repenser l’éducation, à la rendre plus agile en fonction des besoins. Dans le domaine du génie, les technologies tournent très rapidement. On est un peu dans un laboratoire du point de vue de l’éducation. On veut faire de l’innovation en termes d’éducation pour s’assurer que le modèle UQTR va être axé sur l’agilité. Ça va toucher les deux rives, autant la Mauricie que le Centre-du-Québec. C’est quelque chose qui pourrait donner toute une teinte à l’UQTR en tant que grande université», prévoit M. Gagnon.

Grâce à la collaboration avec le Cégep de Drummondville, un étudiant pourrait faire sa technique en génie mécanique au Cégep et son baccalauréat de 4 ans au CNIMI dans les deux cas. D’autres formations en génie électrique, informatique et industriel sont prévues dans l’avenir.

Le CNIMI ne sera donc pas un Centre collégial de transfert technologique, mais plutôt un Centre collégial et universitaire de transfert technologique, souligne M. Gagnon. «Des pans de recherche seront mis au service des entreprises», dit-il.

Avec le troisième volet du projet, soit le Centre d’excellence en productivité manufacturière, il y aura création d’un pont naturel entre l’économie et l’éducation en étant «très terrain pour comprendre les besoins de l’industrie» et «tisser des liens avec le monde de l’éducation», dit-il. On parlera alors, par exemple, de montages de projets de recherche, organisations de stages et services aux entreprises.

Dans le bâtiment, on trouvera «un laboratoire qui va être grandiose», dévoile le directeur du projet. Des technologies nouvelles y seront en démonstration pour les industriels.

Le futur pavillon sera composé d’une vaste usine laboratoire, de quelques classes sèches ainsi que d’espaces réservés à la collaboration, au développement, à la recherche et à la découverte.