Des infirmières du programme de médecine familiale du CHAUR ont tenu samedi un sit-in pendant 3 h 30 pour dénoncer le manque important de personnel.
Des infirmières du programme de médecine familiale du CHAUR ont tenu samedi un sit-in pendant 3 h 30 pour dénoncer le manque important de personnel.

Programme de médecine familiale: un second sit-in à l’hôpital de Trois-Rivières

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Des infirmières du programme de médecine familiale du Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières ont manifesté ce samedi en fin d’après-midi, en faisant un sit-in pour dénoncer le manque important de personnel.

Pendant plus de 3 h 30, une quinzaine d’infirmières du département ont ainsi procédé à un sit-in pour dénoncer leurs conditions de travail difficiles, notamment en raison du manque criant de personnel pour le quart du travail du soir.

Une situation qui n’est pas nouvelle pour ce département qui avait effectué un autre sit-in pour des raisons similaires en janvier dernier.

«Il s’agit toujours des deux mêmes unités de médecine familiale, soit le 2N et 3N où il s’est tenu un autre sit-in le 18 janvier 2020. C’est donc une situation qui perdure pour les professionnels en soins depuis longtemps et qui n’est pas corrigée. Alors hier, les membres nous ont interpellés, car ils refusaient de travailler dans des conditions inacceptables comme ça. Les manques auraient pu être plus grands que ça, mais au final, il manquait pour être fonctionnel une infirmière et deux infirmières auxiliaires», explique la vice-présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Jacynthe Bruneau.

Mme Bruneau explique que ses membres ont choisi de protester en improvisant un sit-in afin de mettre de la pression sur l’employeur. La direction avait pour sa part été mise au courant au début de la semaine dernière du manque d’effectifs pour la journée de samedi.

«La situation précaire était connue. Plusieurs actions avaient été faites en préparation du week-end pour réduire le nombre de quarts non comblés, de soir particulièrement, notamment l’octroi de quarts de travail à taux supplémentaire de façon volontaire et la réorganisation de certaines tâches. Toutefois, des absences de dernière minute pour le quart du samedi soir ont fait en sorte qu’il devenait nécessaire d’avoir recours à du temps supplémentaire obligatoire. Les équipes de soir des 2 unités de soins ont décidé de ne pas travailler et de demeurer assises jusqu’à ce que du personnel vienne. L’équipe de jour est donc restée en place pour assurer les services aux usagers», explique Fanny Houle, chef de service aux communications internes du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

Une situation que déplore pour sa part la partie syndicale.

«Ce qui est très dommage, c’est que depuis lundi, les membres dénonçaient la situation pour la fin de semaine, puisque les motifs d’absence étaient des maladies à long terme et des maladies connues, donc c’était très prévisible. D’ailleurs, dans le but d’éviter cette situation-là, le personnel avait demandé de bloquer une section, c’est-à-dire de ne pas admettre de patients dans une section pour restreindre le besoin en personnel et cette demande a été refusée. Le motif soutenu est que ça augmente la durée des séjours à l’urgence. Mais la goutte qui a probablement fait déborder le vase, c’est que les infirmières se sont fait dire à 11 h le matin qu’on avait fait le tour de la liste de rappel, donc il s’agissait pour elles d’un abandon des démarches pour leur venir en aide pour le soir.»

Pendant les quelques heures du sit-in, le syndicat qui précise ne pas encourager ce genre de comportement de la part de ses membres a pour sa part tenté de négocier avec la partie patronale afin de trouver des solutions au problème.

«Nous avons été interpellés à 16 h 45 pour nous dire que le sit-in était en cours. Je me suis donc rendue sur place pour voir l’état de la situation et voir s’il y avait des possibilités de trouver des pistes de solution. Parmi celles que nous avons apportées, il y avait de un que la liste de rappel se remette à la tâche et de voir s’il était possible d’avoir du personnel d’un autre établissement ou avoir un déplacement de personnel d’un autre département, mais aussi de demander au personnel si certains étaient prêts à faire du temps supplémentaire ou encore que le coordonnateur mette la main à la pâte. De plus, on a tenté de voir s’il était possible de faire des déplacements de patients ou de bloquer les admissions en provenance de l’urgence pendant au moins un 24 h, ce que finalement l’employeur s’est engagé à faire, en plus de tenir une rencontre avec la partie syndicale pour l’organisation du travail dès le début de la semaine», précise Mme Bruneau.

C’est donc après quelques concessions de la part de la partie patronale que les infirmières ont accepté de retourner au travail samedi à 19 h 30. «Finalement, après les démarches, un gestionnaire a accepté de venir prêter main-forte et on a réussi finalement bien qu’apparemment c’était impossible, de faire déplacer une infirmière d’un autre département, en plus de l’engagement du coordonnateur de faire du temps supplémentaire jusqu’à minuit. On a donc réussi à combler les besoins nécessaires, donc le personnel a accepté de reprendre le travail.»

Le CIUSSS MCQ assure pour sa part tout mettre en oeuvre pour éviter de devoir faire face à une autre situation similaire. «Nous sommes très conscients que les conditions de travail de notre personnel sont très exigeantes. Il s’agit d’une préoccupation constante pour nous, et ce, depuis fort longtemps. Nous avons mis en œuvre plusieurs actions dans les derniers mois, par exemple une offre de postes au nombre de jours désirés, c’est-à-dire à temps complet ou moins si la personne le préfère et le réaménagement des horaires pour limiter le recours aux équipes volantes. Nous poursuivrons le travail avec les partenaires syndicaux et avec les équipes», conclut Fanny Houle.