Le directeur des communications de l’École nationale de police du Québec (ÉNPQ), Pierre St-Antoine.
Le directeur des communications de l’École nationale de police du Québec (ÉNPQ), Pierre St-Antoine.

Profilage racial et culturel: les apprentis policiers québécois bien outillés

NICOLET — Que ce soit pendant les trois ans que durent leurs études en Techniques policières au collégial où pendant leur stage de 15 semaines à l’École nationale de police du Québec à Nicolet, les apprentis policiers suivent plusieurs heures de formation afin de les prémunir contre les risques de poser des gestes basés sur des préjugés raciaux et culturels.

Sans dire que le Québec est à l’abri de gestes déplorables comme ceux à l’origine de l’affaire George Floyd aux États-Unis, le directeur des communications de l’École nationale de police du Québec (ÉNPQ), Pierre St-Antoine, estime que la formation offerte aux futurs membres des forces de l’ordre constitue tout de même un bon moyen de les éviter.

«Dans la formation au collégial ainsi qu’à l’ÉNPQ, il y a une centaine d’heures qui touchent spécifiquement au profilage racial ainsi qu’à l’ouverture à la diversité», explique M. St-Antoine.

Concrètement, les enseignements visent entre autres à préparer les étudiants à entrer en contact adéquatement avec des membres des différentes communautés culturelles présentes au Québec dans l’exercice de leurs fonctions et à les mettre au fait des réalités de ces groupes d’individus.

Par ailleurs, les policiers en devenir ont également l’occasion de mettre en pratique ces enseignements dans le cadre des stages ponctuant leur parcours collégial ainsi que dans les différentes simulations auxquelles ils prennent part pendant leur passage à l’ÉNPQ.

Un comportement irréprochable demandé

En plus de devoir mettre en pratique les enseignements reçus au collégial sur cet épineux sujet lors des exercices, les étudiants doivent avoir un comportement irréprochable pendant leur séjour entre les murs de l’institution nicolétaine.

«L’École nationale police du Québec n’évalue pas seulement les connaissances académiques des apprentis, mais également leur comportement éthique des candidats. Je ne peux pas affirmer que notre filet est parfait, mais il nous permet tout de même de détecter des comportements inadéquats. On prend ça au sérieux», poursuit M. St-Pierre avant d’ajouter que de tels comportements peuvent même entraîner l’expulsion d’un cadet.

Un séminaire sur le sujet

De plus, l’ÉNPQ avait déjà prévu tenir à la mi-juin un séminaire virtuel portant sur le profilage auquel participeront des experts du domaine et des dirigeants de services policiers.

Par contre, les derniers évènements survenus aux États-Unis n’ont rien à voir avec l’organisation de cette activité, qui devrait permettre d’élaborer un guide qui sera mis à la disposition des corps policiers québécois.

Port de caméra personnelle par les policiers: du pour et du contre

En ce qui concerne la volonté de certains spécialistes que les policiers portent une caméra personnelle dans l’exercice de leurs fonctions, M. St-Antoine considère qu’il s’agit d’un outil intéressant, mais ne constitue pas une solution miracle à tous les problèmes.

«Il faut faire attention lorsque l’on voit un événement seulement dans l’œil d’une caméra. C’est seulement une vision parmi plusieurs autres», mentionne-t-il.