Le ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme, Pablo Rodriguez, visitant le Musée POP de Trois-Rivières avec sa directrice générale, Valérie Therrien.

Prochaines élections fédérales: «plusieurs personnes intéressées»

Trois-Rivières — Même si sa tournée des régions a pour but de prendre le pouls du milieu culturel, le ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme, Pablo Rodriguez, est en mode recrutement en vue des prochaines élections. Et il n’est pas insensible à ce qui se passe du côté du gouvernement du Québec en matière de laïcité.

«Nous, on pense que les droits fondamentaux doivent être protégés et défendus, on ne veut pas faire de distinction entre les différents droits. C’est sûr que les politiciens, à mon avis, doivent chercher la cohésion sociale, trouver des points en commun et non pas des points qui nous divisent», a-t-il commenté lors de son passage mercredi à Trois-Rivières, après un arrêt à la Cité de l’énergie de Shawinigan.

Une fois qu’il aura pris connaissance du projet de loi sur la laïcité de l’État québécois, le député libéral d’Honoré-Mercier entend «possiblement» intervenir dans le débat.

«Mais dès le départ, je peux vous dire qu’il y a un certain inconfort évidemment parce que le rôle d’un politicien, c’est vraiment d’aller chercher les éléments en commun, de rassembler. C’est notre job, nous autres comme député, comme membre du gouvernement aussi, de chercher les points en commun, pour faire en sorte de faire avancer la société avec le moins de friction possible», a-t-il ajouté lors d’un point de presse au Musée POP qu’il a visité en compagnie de sa directrice générale, Valérie Therrien.

Par ailleurs, le coprésident de la campagne a profité de l’occasion pour rencontrer des candidats potentiels en vue des prochaines élections fédérales.

«Je le fais partout, lorsque j’ai l’opportunité de rencontrer des candidats, des personnes qui sont intéressées d’embarquer dans l’aventure et je suis content de ce que je vois. Il y en a quelques-uns ici à Trois-Rivières. Il y a plusieurs personnes qui sont intéressées actuellement, mais je ne peux pas donner les noms. En général, ce sont des gens assez connus. Il y a du monde intéressant aussi dans Berthier-Maskinongé. Ce qui est le fun, c’est que ce sont des gens qui souvent sont impliqués, soit à un autre niveau de gouvernement, soit dans des organisations comme des chambres de commerce. C’est pour ça que ces conversations doivent rester confidentielles jusqu’à la prise de décision. Mais pour l’instant, ça va très bien», assure le ministre Rodriguez.

Du même souffle, il a eu de bons mots à l’endroit de son collègue dans Saint-Maurice-Champlain. «On a non seulement un député, mais un ministre extrêmement solide dans la personne de François-Philippe (Champagne) qui fait un travail extraordinaire, pas juste pour son comté, mais pour la région», a-t-il affirmé.

En vue du prochain scrutin, celui-ci mise sur le bilan du gouvernement Trudeau. «On se concentre sur nous, pas tellement sur nos adversaires. Il y a ce qu’on a fait pour la classe moyenne, de baisser les impôts, d’investir dans les familles, les jeunes enfants, dans les infrastructures, chez nos aînés. Ça ce sont des choses concrètes et on peut le dire aux élections qu’on a dit qu’on ferait ça et c’est ça qu’on a fait», a laissé savoir M. Rodriguez.

«L’autre chose, c’est ce qu’on propose et ce qui nous différencie beaucoup des conservateurs. Par exemple, agir au niveau de l’environnement. Eux, ils ne veulent rien faire, nous, on pense que c’est impensable pour nos générations futures. Il y a des éléments comme ça qui sont déterminants pour choisir entre l’un ou l’autre», explique-t-il.

Mardi et mercredi, ce dernier aura multiplié les rencontres avec les organismes culturels et patrimoniaux à Drummondville, Victoriaville, Québec, Shawinigan et Trois-Rivières.

«Les gens sont assez contents de l’intervention de Patrimoine parce qu’on a investi plus que jamais, plus qu’aucun autre gouvernement du G7, plus qu’aucun autre gouvernement du Canada. On a investi dans le Conseil des arts, dans Téléfilms, dans l’ONF, la semaine dernière, on a investi dans la musique. L’ADISQ est contente de cette intervention-là. On a investi dans les festivals, cela a un impact ici aussi. Évidemment, il y a des suggestions, on les écoute pour faire une bonne politique publique en culture», s’est-il plu à souligner.

«Le premier jour que j’ai été nommé ministre, j’ai dit à ma gang: eh!, il est beau mon bureau de ministre, mais je ne veux pas être ici. Ce n’est pas ici qu’on écrit une bonne politique culturelle, c’est sur le terrain, je vais aller parler à nos créateurs, à ceux qui s’occupent de troupes de danse, de troupes de théâtre, à ceux qui écrivent des scénarios. Et c’est ce que je fais depuis huit mois», a conclu M. Rodriguez.

Médias traditionnels: «un rôle fondamental à jouer»

Alors que son gouvernement vient de donner un coup de pouce de 600 millions de dollars aux médias, le ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme, Pablo Rodriguez, a parlé d’une aide fédérale essentielle.

«Le journalisme professionnel est l’un des piliers de la démocratie et les journaux et les hebdomadaires disparaissent à une vitesse vertigineuse. Alors, les gouvernements ont un rôle à jouer en respectant un principe fondamental qui est l’indépendance et la liberté de la presse», a-t-il confié au Nouvelliste, en marge de sa tournée régionale.

Outre les 50 millions de dollars davantage consacrés, dit-il, pour les nouvelles locales, l’autre programme de 600 millions de dollars «sont des crédits d’impôt pour les salles de nouvelles, pour les journalistes, qui sont neutres, indépendants, qui réfléchissent à tout ça, et qui contribuent à l’avancement de notre société».

«Les journalistes, ils viennent nous poser des questions. Dans le fond, parfois, ça ne nous tente pas d’en avoir. Ils font leur job, mais moi ma job, c’est de répondre. C’est ce type de nouvelle-là, ce type de journalisme-là qu’on doit préserver», affirme-t-il. 

Selon lui, les médias traditionnels ont un rôle fondamental à jouer. «Par exemple, au sein de petites communautés, les gens ont le droit de savoir qu’est-ce qui se passe à l’hôtel de ville, qu’est-ce qui se passe au niveau de leurs élus. Mon député fédéral, il fait quoi quand il est à Ottawa. Mon député provincial, il fait quoi quand il est à Québec. Les médias traditionnels rapportent cette nouvelle-là et je pense qu’ils sont irremplaçables dans ce sens-là», poursuit le ministre Rodriguez.

En ce qui concerne le comité indépendant qui doit formuler au gouvernement des recommandations quant aux critères d’admissibilité, il devrait être formé sous peu.

«Ça va être assez rapide. On sent l’urgence d’agir. Mais c’est vraiment le milieu qui va déterminer la constitution du comité, ce n’est pas le ministre du Patrimoine, ce n’est pas le gouvernement. Moi, je tenais à ça mordicus parce que de la même façon que je tiens à ce qu’il y ait une aide concrète aux médias, je tiens à ce que cette aide-là soit déterminée, distribuée, choisie par les médias eux-mêmes et non pas par le gouvernement», a-t-il conclu.