William Labranche fait face à une trentaine de chefs d'accusation pour des agressions sexuelles.

Procès de William Labranche: «Je ne suis plus capable!»

Si l'interrogatoire principal de mardi avait été très difficile pour la seconde présumée victime de William Labranche, le contre-interrogatoire l'aura été encore plus.
Dans le cadre du procès de l'individu pour des gestes de violence physique, sexuelle et des menaces de mort contre deux femmes, elle a en effet livré, mercredi, un témoignage indécis alors qu'elle était confrontée par l'avocate du suspect, Me Pénélope Provencher.
Questionnée sur les détails entourant les sévices sexuels et physiques qu'elle aurait subis, elle a répondu à plusieurs reprises ne pas s'en souvenir ou ne pas savoir. Elle a d'ailleurs avoué en pleurant que sa mémoire lui faisait défaut. 
«J'essaie de me souvenir des détails mais je ne suis pas capable», a-t-elle notamment rétorqué. Elle a ensuite ajouté: «Ça fait des années que j'essaie d'oublier tout cela.»
Durant toute la journée, la défense a en effet attaqué la crédibilité de la jeune femme de 21 ans dans le but de soulever des contradictions entre ses différents témoignages et déclarations depuis le dépôt de la plainte aux policiers.
Contrairement à l'autre présumée victime qui avait témoigné pendant quatre jours et demi, elle est apparue moins solide et plus hésitante dans ses réponses au point d'éclater en sanglots et de manifester son exaspération.
«C'est inhumain! Je ne suis plus capable», a-t-elle lancé. Le juge Jacques Trudel a alors pris soin d'intervenir pour lui rappeler que c'est le devoir de l'avocate de la défense de Labranche de lui poser ces questions. «C'est épuisant mais c'est nécessaire. Vous devez y répondre le plus fidèlement possible», lui a-t-il rappelé. 
En ce qui concerne les deux semaines qui ont précédé les événements du 19 et 20 avril 2015, elle a avoué avoir souvent été sous l'effet des stupéfiants lorsqu'elle était en compagnie du prévenu. Elle a cependant eu du mal à détailler les relations sexuelles qu'elle aurait eues avec lui au cours de ces deux semaines. 
Interrogée à savoir si elle avait été consentante, elle s'est montrée imprécise, répondant oui et non pour ensuite ajouter s'être sentie obligée car elle le trouvait violent et agressif. Elle aura continué à le voir pour la drogue, selon elle, puisqu'il était son vendeur. 
Quant aux violentes agressions sexuelles, menaces et voies de fait qui sont reprochées à Labranche, elle a dit se souvenir des moments marquants et non des détails, insistant sur le temps qui s'était écoulé depuis 2015 ou sur la gravité des gestes. 
«J'étais en grosse panique. Comment voulez-vous que je me souvienne de ce que je portais!», a-t-elle répondu à une question de Me Provencher sur l'une des agressions sexuelles. 
La défense l'a aussi interrogée sur des prétendus échanges écrits entre elle et Labranche, mais ces documents n'ont pas été déposés en preuve après une objection de la procureure de la Couronne, Me Marie-Ève Paquet sur leur provenance. 
Me Provencher l'a ensuite confrontée sur une photo d'elle issue de ces documents qu'elle aurait déchirée lors d'une suspension dans la matinée. Elle a rétorqué avoir fait une crise de panique, n'en pouvant plus de devoir regarder des photos de cette affaire. 
En fin de journée, elle a d'ailleurs clairement indiqué qu'elle était tannée mais elle devra malgré tout revenir ce jeudi pour la suite du contre-interrogatoire.