Dany Aubry a subi son procès pour des abus sexuels sur une étudiante de 14-15 ans mais il a plaidé coupable à des accusations d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels sur une autre adolescente.

Procès de l’ex-enseignant Dany Aubry pour abus sexuels: «J’étais sous le choc»

Trois-Rivières — Le procès de Dany Aubry, un ex-enseignant de l’école secondaire Les Seigneuries à Saint-Pierre-les-Becquets, s’est tenu mercredi en lien avec des abus sexuels qui auraient été commis sur deux adolescentes à l’extérieur de l’école.

D’entrée de jeu, il a plaidé coupable à quatre accusations d’attouchements sexuels et d’incitation à des contacts sexuels sur une adolescente âgée de 16-17 ans. Les événements sont survenus entre 2005 et 2006 alors qu’il était en situation d’autorité. La victime n’était pas une étudiante de l’école mais elle a participé à des activités qui s’y déroulaient.

En ce qui concerne les allégations de même nature sur l’autre adolescente, âgée pour sa part de 14-15 ans en 2012, il a maintenu son plaidoyer de non-culpabilité, confirmant la tenue du procès.

C’est ainsi que la plaignante a été invitée à livrer sa version des faits. En 2012, elle a expliqué que Dany Aubry lui enseignait la géographie et qu’il était son tuteur. Lors d’un camp médiéval organisé par le suspect, ils se sont tous les deux retrouvés seuls près d’un feu au milieu de la nuit. Comme elle frissonnait, l’homme de 49 ans lui aurait offert de lui faire un massage pour la réchauffer. Il lui aurait ensuite demandé de s’asseoir sur ses genoux. Du coup, il en aurait profité pour glisser sa main sous son chandail et lui toucher un sein. Elle se serait immédiatement éloignée en lui disant non.

Toujours selon la version de la présumée victime, il aurait continué à la complimenter, allant même jusqu’à lui faire des avances de nature sexuelle. «Il m’a dit qu’il aimerait qu’on continue à se voir mais en cachette sans que personne ne le sache. Il m’a aussi dit qu’il était vasectomisé et qu’il n’y avait pas de risque», a-t-elle raconté.

Encore là, elle soutient avoir répondu par la négative. «J’étais sous le choc. Ça m’a ébranlée. Ma mère m’avait toujours surprotégée à ce niveau. J’étais fâchée contre moi qu’une telle chose me soit arrivée. Je m’étais fait avoir», a-t-elle ajouté.

Elle aurait ensuite continué à agir comme si rien ne s’était passé avec son enseignant. « J’avais peur de perdre mes amis. Vous savez: j’avais 14 ans», a-t-elle insisté.

Et puis, lors d’un party d’Halloween, il lui aurait proposé de venir le rejoindre à la fin de la soirée. Et dans une autre fête, il l’aurait prise par la taille pour l’attirer à ses côtés.

Elle a finalement dénoncé la situation en 2014. «C’était devenu trop lourd. Je ne pouvais pas vivre avec ça toute ma vie.» Elle a donc rencontré le psychologue de l’école, ce qui a déclenché un processus au sein de l’établissement et finalement le dépôt d’une plainte aux policiers.

Pour sa part, Dany Aubry a nié toute intention sexuelle. Il a cependant raconté que lors de la fameuse soirée au camp médiéval, c’est la plaignante qui serait venue s’asseoir sur ses genoux et qu’il n’avait pas aimé ça. Il a indiqué qu’il avait peut-être voulu la réchauffer en la frottant mais il a nié lui avoir touché un sein. Il garde peu de souvenirs de cette soirée bien qu’en contre-interrogatoire, il a été en mesure identifier l’endroit où tous ses invités avaient couché cette nuit de 2012.

Il n’a jamais parlé de rencontre en cachette. Et pour la vasectomie, il soutient en avoir fait mention ouvertement auprès de plusieurs personnes. Enfin, il a admis complimenter ses étudiants mais encore là, sans avoir d’intention sexuelle. Dans le cas de la plaignante, il se défend d’avoir eu des gestes déplacés envers elle.

Outre une décision sur la culpabilité ou non de l’ex-enseignant, le juge Simon Ricard devra également se prononcer sur requête en arrêt des procédures déposée par l’avocat de la défense, Me Maurice Biron. À la suite du dépôt de la plainte par l’adolescente en 2014 et l’enquête policière, la Couronne avait refusé d’intenter des poursuites criminelles contre Dany Aubry. Vu la nature et la gravité des allégations, le délai de prescription pour les accusations portées par voie de procédure sommaire était alors écoulé.

Or, quatre ans plus tard, le dépôt d’une plainte par une autre victime (celle de 2005-2006), avait changé la donne. Comme l’a expliqué Me Julien Beauchamp-Laliberté, il ne s’agissait plus d’un acte isolé. Il avait donc été décidé de l’accuser sur acte criminel puisque la gravité était plus élevée.

Me Biron y voit un abus de procédures contre son client parce que selon lui, les faits sont les mêmes mais pas les peines. Il réclame donc réparation pour les préjudices.

Le juge a pris le tout en délibéré.

Notons que Dany Aubry avait été suspendu sans solde par la Commission scolaire de La Riveraine peu de temps après sa comparution en 2018.