François-Philippe Champagne

Problèmes judiciaires du frère du ministre Champagne: «Une épreuve éprouvante»

«Je ne ferai aucun commentaire au sujet de mon frère, mis à part pour dire que c'est évidemment une épreuve éprouvante pour notre famille.»
Voilà comment le ministre fédéral François-Philippe Champagne, en voyage au Chili, a réagi à la manchette du Journal de Montréal de lundi impliquant son frère Guillaume Champagne.
Selon ce qu'avance le quotidien de Québecor, ce dernier a réussi à «négocier» son acquittement avec la Couronne au moment même où son frère, François-Philippe, se préparait à se lancer en politique. Guillaume Champagne faisait face à la justice en lien avec l'exploitation d'un laboratoire de méthamphétamine lié aux Hells Angels.
Sous le coup de 11 chefs d'accusation à la suite d'une intervention policière survenue le 26 novembre 2008, Guillaume Champagne, qui occupait un poste de vice-président chez Bionest, a vu son avocat, Me Gilles Doré, «ne rien brusquer». Or, le 3 décembre 2013, la poursuite annonçait qu'elle n'avait plus de preuves à offrir.
En condamnant Guillaume Champagne à payer 20 000 dollars d'honoraires additionnels à son procureur, à la fin de 2016, la juge Chantal Lamarche aurait affirmé, selon le Journal de Montréal, que «Me Doré a réussi à négocier un acquittement avec le procureur de la Couronne [...] sans qu'il y ait eu d'enquête préliminaire ni de procès».
Dans le jugement, il serait ressorti que Guillaume Champagne aurait insisté auprès de son avocat pour que son dossier se règle parce que son frère songeait sérieusement à se lancer en politique.
«Je sentirais un malaise de commenter, car ce serait de l'associer de quelque manière que ce soit. Ce sont deux personnes différentes et on peut avoir un mouton noir dans chacune des familles», a prudemment fait savoir le député bloquiste de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon.
«Je doute qu'un acquittement aurait été fait pour lui permettre de se présenter de façon plus propre», renchérit-il.
Même réserve du côté du député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell. «François est un adversaire politique sur les enjeux politiques, mais ce qui se passe dans sa vie ou sa famille, ça les regarde du moment que le processus judiciaire, nous le respectons», a-t-il indiqué publiquement.
Pour sa part, le député néodémocrate de Trois-Rivières, Robert Aubin, a du mal à comprendre où le journaliste du Journal de Montréal voulait en arriver avec son article.
«La première chose qu'il faut clairement dire, c'est qu'on ne va pas se mettre à faire de la culpabilisation par association. Que deux frères appartiennent à une même famille, ça leur laisse leur vie propre, j'imagine, et on ne va pas se mettre à accuser l'un et l'autre par association. Ça ne se fait juste pas», a-t-il soutenu.
Par ailleurs, celui-ci cherche le lien entre le titre de l'article voulant que le frère d'un futur ministre négocie son acquittement et son contenu dans lequel «on nous dit qu'il n'y a même pas eu d'enquête préliminaire».
«Or, s'il n'y a pas eu d'enquête préliminaire, il n'y a donc pas eu matière à procès. S'il n'y a pas procès, il n'y a pas d'acquittement à négocier. Je suis loin d'être un avocat et un spécialiste de la loi, mais j'avoue que j'ai peine à comprendre le procédé par lequel on veut nous laisser sous-entendre des choses.
Si la poursuite laisse tomber ses accusations, c'est parce qu'ils ont jugé qu'ils n'avaient pas suffisamment de matière à le faire. Je ne connais ni d'Ève ni d'Adam le dossier. Ça m'apparaît vouloir associer quelqu'un et son frère indûment, sans être capable d'en faire une démonstration claire. Jusqu'à preuve du contraire, pour moi, les deux frères ont droit à leur vie indépendante», a conclu Robert Aubin.