Simon Allaire, député de Maskinongé, et Robert Gauthier, maire de Saint-Élie-de-Caxton.

Problème d’eau en milieu rural: des solutions à trouver

LOUISEVILLE — Si le problème d’accès à l’eau potable dans le secteur de la Montagne ronde à Charette exige qu’on trouve des solutions pour régler le dossier, Simon Allaire admet du même souffle que les programmes de subventions du gouvernement sont mal adaptés à certaines réalités municipales.

«Ce que je vois, c’est la même contrainte que dans plusieurs autres dossiers. Le problème est le périmètre urbain. Les schémas ne sont pas adaptés à l’étalement urbain. C’est vrai que les programmes ne sont pas adaptés. On en parle au cabinet et on sent qu’eux aussi pensent que ça n’a pas de sens. Mais est-ce qu’ils sont prêts à ouvrir les programmes aux réalités de 2020? On est confronté à la conscience environnementale. Avant, l’eau et les eaux usées, c’était moins grave. Maintenant, cette conscience est vive. Je fais des représentations au ministère des Affaires municipales, mais il faut trouver d’autres solutions. La TECQ (programme de la taxe sur l’essence et la contribution du Québec) est probablement la meilleure solution», déclare le député de Maskinongé qui a rencontré des citoyens de la Montagne ronde il y a plusieurs mois et qui fera le suivi du dossier lundi après-midi avec le maire de Charette, Claude Boulanger.

Parlant du maire Boulanger, ce dernier estime que le gouvernement devrait assouplir ses règles de conformité applicables à ses programmes de subventions.

«Le problème est qu’il n’y a pas de subvention pour des projets en dehors des périmètres urbains. Le ministère ne veut pas étirer le périmètre urbain pour ne pas faire d’étalement urbain. Si on ouvre de nouveaux quartiers et qu’il y a deux maisons, je peux comprendre. Mais le secteur de la Montagne ronde existe depuis que Charette existe, ou à peu près. Il y a des maisons presque centenaires à cet endroit.»

Selon M. Boulanger, Charette est prête à utiliser le programme de la taxe sur l’essence pour financer 50 % des coûts d’un projet. Celui soumis l’automne dernier totalise quelque 400 000 $ et le tuyau se connecterait soit au réseau d’eau de Saint-Élie, en passant par le 6e Rang, soit au réseau de Saint-Barnabé, qui passe à proximité du 2e Rang. L’autre part de 200 000 $ serait refilée aux citoyens sous forme de taxe de secteur. Celle-ci serait de 1400 $ par année, payable sur 20 ans.

Claude Boulanger reconnaît que la facture est importante pour ces citoyens. Voilà pourquoi il souhaite qu’une autre avenue soit empruntée afin de desservir ce secteur en eau potable à moindre coût.

Claude Boulanger, maire de Charette.

«Saint-Élie doit faire le secteur des Bouleaux blancs et a fait une demande au programme Fimeau. On pourrait passer par là pour se rendre à la Montagne ronde, il y a 50 pieds de distance entre les limites de Charette et de Saint-Élie. On pourrait signer une entente pour payer une partie des travaux avec eux. Charette paierait pour le tuyau de 50 pieds. Ce serait plus avantageux pour Saint-Élie et pour Charette», raconte M. Boulanger, qui rejette les allégations de manquer de volonté politique.

L’option de desservir les citoyens du chemin de la Montagne ronde par Saint-Élie est analysée par le conseil caxtonien. Si aucun document écrit n’a encore été signé en ce sens, le maire Robert Gauthier assure qu’il discute régulièrement de ce projet avec Claude Boulanger. Mais pour aller de l’avant avec un tel projet, Saint-Élie aura besoin de l’appui financier du gouvernement, ce qui vient de lui être refusé: le gouvernement ne veut pas accorder une subvention à Saint-Élie pour un réseau d’eau toujours privé.

Saint-Élie sait qu’elle devra investir 1,5 million de dollars pour changer la conduite sur 1600 mètres et amener l’eau dans ce secteur. Mais avant de s’embarquer dans une telle aventure, la Municipalité veut de l’argent public.

«Le secteur des Bouleaux blancs est desservi par un petit réseau privé pour lequel le ministère de l’Environnement affirme qu’il n’est pas conforme. Mais répartir 1,5 million de dollars sur 20 résidences, c’est insoutenable. La Municipalité est intéressée à acheter le réseau. Le gouvernement nous oblige à les acheter. Mais on a besoin d’aide», plaide le maire de Saint-Élie, qui souhaite obtenir une subvention de 80 %, ce qui ferait que la part à payer par le milieu serait de 300 000 $.

C’est la raison pour laquelle le conseil demande, par résolution, l’intervention du premier ministre François Legault afin de dénouer l’impasse: d’un côté, le ministère de l’Environnement affirme que les installations actuelles sont non conformes, et de l’autre, le gouvernement ne peut aider financièrement une municipalité tant qu’elle n’est pas propriétaire du réseau à rendre conforme.

«Tant que la réponse est négative, on ne peut pas procéder, dit le maire Gauthier. Voilà pourquoi on demande l’aide de M. Legault. Et je n’ai aucun reproche à faire au député Allaire. Lui aussi constate la lourdeur administrative. Mais si on veut aider les municipalités à régler certains problèmes, il faut plus de souplesse dans l’application des programmes et une réelle volonté du gouvernement de nous aider.»

Si jamais le gouvernement accepte de financer Saint-Élie pour la réfection du réseau des Bouleaux blancs, Robert Gauthier assure que le dossier ne va pas traîner. Il sait que Charette est prête à contribuer à la facture de 300 000 $.

«Qu’on nous aide à nous rendre en haut de la montagne (aux Bouleaux blancs). On va desservir nos gens du 6e Rang et faire les 50 pieds de distance pour se rendre à Charette. Ce ne sera pas un problème d’avoir une entente intermunicipale, il y a une volonté de part et d’autre de régler le problème.»