Les opérations de déneigement et déglaçage de la toiture de RM se poursuivront tout le week-end.

Problème de structure au centre de tri: il faudra sauter une collecte

Trois-Rivières — Les citoyens qui s’attendaient à mettre leur bac bleu au chemin, la semaine prochaine, devront s’abstenir de le faire du 4 au 8 mars. La Régie de gestion des matières résiduelle de la Mauricie demande aux citoyens de sauter une collecte. Cette mesure exceptionnelle est due au fait que l’on attend toujours le rapport de l’ingénieur en structure afin de déterminer si des réparations devront être faites ou non au bâtiment de Récupération Mauricie (RM).

Le 27 février, rappelons-le, le centre de tri de Saint-Étienne-des-Grès a dû être évacué en raison de signes inquiétants au niveau de la structure du bâtiment, notamment des poutres déformées à l’intérieur. Les collectes de jeudi et vendredi avaient donc été annulées et aucun employé n’a été autorisé à entrer dans le bâtiment depuis.

Notons que 80 personnes forment trois quarts de travail dans cette usine qui a récemment fait l’objet d’importants investissements qui en ont fait un des centres de tri les plus modernes du Québec.

Le déneigement de la toiture de RM, en cours depuis jeudi, devrait durer encore tout le week-end, indique la responsable des communications à la Régie, Sylvie Gamache.

«Actuellement, on a six déneigeurs et deux grues sur place», les grues servant à attacher les travailleurs en cas d’effondrement, explique-t-elle. «On essaie d’avoir une grue et des travailleurs supplémentaires. On comprend qu’ils sont très recherchés actuellement. S’il y a des disponibilités, on va faire le nécessaire pour qu’il y ait plus d’effectifs sur le toit.»

«Dans la structure, il y a des signes ou des indices qui nous montrent qu’il y a eu une altération. C’est ce qui nous a amenés à évacuer le bâtiment. On a pris des photos et nous les avons envoyées à un expert en bâtiment et c’est lui qui nous a confirmé qu’il fallait évacuer et procéder au déneigement. Au niveau des poutres de soutènement du toit, à l’intérieur, on a pu observer certaines déformations qui nous ont préoccupés. On peut présumer que oui, il va y avoir des travaux à effectuer», indique Mme Gamache.

«L’évaluation complète va pouvoir être effectuée une fois que le toit sera complètement déneigé et déglacé», précise-t-elle.

Mme Gamache assure que la toiture a déjà été déneigée cet hiver. Ce qu’il y a de particulier cette année, toutefois, ce n’est pas seulement les grandes quantités de neige qui sont tombées, mais également la glace très lourde formée par les épisodes successifs de pluie et de verglas, fait-elle valoir. «C’est plus pernicieux. On ne le voit pas», fait-elle valoir.

La Régie invite les citoyens à ne surtout pas jeter leurs matières recyclables à cause de l’annulation de la première collecte de mars. Si le bac bleu déborde, lors de la reprise de la collecte, elle invite les citoyens à mettre les matières dans des sacs transparents ou bleus et ces sacs pourront être déposés près du bac bleu. «On vous demande de collaborer en ne sortant pas votre bac bleu la semaine prochaine», résume-t-elle.

La Régie est en train de mettre en place une mesure transitoire en attendant que la situation revienne à la normale.

Pour un, le directeur général de Récupération Mauricie, Daniel Cassivi, s’affairait à communiquer, vendredi, avec chacun des employés du centre de tri. «C’est que lundi, assurément, ils n’entrent pas au travail», dit-il en précisant que rien n’est encore décidé pour les journées subséquentes.

Selon M. Cassivi, les matières recyclables de la région pourront être envoyées dans d’autres centres de tri du Québec. «On serait couvert pour plusieurs semaines», dit-il. Le contenu du bac bleu serait envoyé en «petites quantités à gauche et à droite que chacun accepte de prendre pour nous dépanner. Cette matière-là, il va falloir la transborder, c’est-à-dire la prendre des camions de recyclage et la mettre dans une autre sorte de camion pour faire le transport. Tout ça est en train de se préparer», dit-il.

Quant aux employés, M. Cassivi croit que certains pourraient aller travailler temporairement à l’usine de Trois-Rivières ou chez le partenaire de RM, Soleno à Yamachiche, voire chez d’autres partenaires d’affaires de RM. «Présentement, on évalue toutes les possibilités. On ratisse large pour trouver des solutions», dit-il.

Daniel Cassivi rappelle qu’une situation semblable est déjà arrivée où certains problèmes avaient obligé l’arrêt de production chez Soleno Recyclage. «Il y a des employés qui ont accepté de travailler à l’usine de Trois-Rivières, d’autres préféraient prendre des vacances d’avance ou retirer du chômage. Chacun est libre de choisir, mais on essaie d’offrir des opportunités autant que possible», explique le directeur.

«On a deux casse-têtes. On veut que la récupération se poursuive et l’on veut continuer à donner de l’emploi à nos travailleurs», fait-il valoir.

Ni la Régie, ni Récupération Mauricie n’étaient encore en mesure, vendredi, d’évaluer les impacts financiers de cette situation. «C’est trop préliminaire. On ne sait pas ce qui nous attend», fait valoir M. Cassivi.