Michel Purcell pose en compagnie de Me Yvan Niquette (à gauche), président de la Commission des services juridiques.

Prix Robert-Sauvé: une reconnaissance appréciée pour Michel Purcell

SAint-Paulin — «Ce prix arrive à point nommé dans ma vie, car il me reste un an environ à travailler et c’est réconfortant de recevoir un hommage comme celui-là»

Michel Purcell n’est pas du genre à réclamer les honneurs. Le prix reçu de la Commission des services juridiques lui fait toutefois chaud au cœur, car ce travailleur de rue de la MRC de Maskinongé sait que la clientèle soutenue par le travail de rue est souvent celle qui contacte un avocat de l’aide juridique lorsqu’elle doit faire face à la justice.

Jeudi soir, le coordonnateur de l’organisme Travail de rue communautaire de la MRC de Maskinongé (TrueC) a reçu le prix Robert-Sauvé, volet grand public. Ce prix vient souligner son apport exceptionnel à la promotion des droits des démunis, lui qui est travailleur de rue depuis 25 ans.

Selon la commission, la contribution de Michel Purcell doit être soulignée en raison de son engagement. Qualifié de précurseur en travail de rue en milieu rural, de combattant et de mobilisateur, M. Purcell a participé à la fondation de cette ressource dans son milieu. La commission soutient qu’il sait défendre les intérêts des plus démunis afin de trouver des solutions pour répondre à différents enjeux comme l’augmentation et le développement de problèmes graves de santé mentale de même que la hausse de l’itinérance.

«J’étais très ému de recevoir ce prix, devant les gens de l’aide juridique. Un peu comme tous les services publics, il y a peu de moyens pour faire tout le travail qu’il y a à faire. Ces avocats ont une réalité qui s’apparente à la nôtre. C’est la même clientèle que les travailleurs de rue. Ce sont des gens de peu de moyens qui sont dans la rue pour plusieurs raisons: santé mentale, toxicomanie, alcoolisme, violence. Ce prix, pour moi, c’est quelque chose d’important», raconte M. Purcell, qui a lui-même mené une vie de galère par le passé, ayant été toxicomane il y a plusieurs décennies.

Les longues heures de travail et les conditions dans lesquelles il exerce son métier commencent cependant à l’user. Mais M. Purcell souligne combien ce métier lui apporte une richesse inestimable.

«Tu ne peux pas être plus proche de la réalité des gens. T’es pas dans le curatif, c’est dans l’accompagnement. Toutes les personnes dans la rue m’ont plus apporté que moi j’ai pu leur apporter. Ça m’a apporté une vision bien différente de la vie que celle que j’avais quand j’ai commencé dans ce milieu, alors que j’avais une trentaine d’années. Côtoyer autant de gens différents m’a ouvert des horizons sur à quel point les gens peuvent vivre une vie qui est totalement différente d’un individu à l’autre.»

Le prix Robert-Sauvé, volet réseau, a été remis cette année à Me Rodrigue Joncas, un avocat originaire de la Gaspésie.

Le prix remis par la Commission des services juridiques porte le nom du président et fondateur de l’aide juridique au Québec. Robert Sauvé a été président de la Commission des services juridiques de 1972 à 1977.