Caroline Côté opère une garderie sur la rue Proulx. Il ne sera pas évident pour les parents de récupérer leurs enfants en raison de la fermeture de la 159.

Prisonniers de leur quartier

SAINT-TITE — Pour une municipalité de 3800 âmes, recevoir près de 700 000 festivaliers génère de nombreux défis. Malgré le fait que le Festival western de Saint-Tite en soit à sa 51e édition, beaucoup d’enjeux majeurs sont encore à travailler.

Ils étaient près d’une cinquantaine mercredi soir à être présents pour la seconde rencontre informative concernant la sécurité et l’accès aux résidences entourant le quadrilatère du festival. Quatre mois avant le lancement des festivités, plusieurs mesures ont été mises en place.

Fermeture de la 159
Lors de la rencontre, la mairesse Annie Pronovost et le capitaine Jean-Pierre Cossette de la Sûreté du Québec ont expliqué aux citoyens que la 159 serait fermée entre les rues Marchand et Brunelle à la circulation et leur ont remis une planification de la circulation. «Nous avons déployé ce plan selon l’expérience de 2017 qui fut la plus achalandée des éditions. Dans 30% des cas, la circulation sera interdite et pour le reste, elle sera permise, mais seulement pour les urgences et le travail», précise-t-il sous les murmures des citoyens.

«J’ai l’impression que nous sommes prisonniers de notre quartier», raconte Caroline Côté qui opère une garderie sur la rue Proulx. Elle ajoute que pour les parents de ses six petits, il ne sera pas évident de récupérer leurs enfants. «Le jeudi, la circulation sera restreinte dès 17h et le vendredi, elle sera interdite à partir de 16h. Les parents devront être escortés par la SQ pour venir chercher leurs enfants», souligne-t-elle. Mme Côté est aussi inquiète pour la sécurité des enfants. «En cas de soucis, est-ce que les secours pourront arriver rapidement?», questionne-t-elle.

Même préoccupation pour Pierre-Luc Piché, père de quatre enfants. «L’accès au quartier, c’est ça notre principal enjeu. Si l’un de mes enfants a un problème, qu’est-ce que je peux faire pour qu’on lui vienne en aide rapidement ? Il y a quatre ans, un individu s’est effondré devant chez moi. Nous avons attendu l’ambulance pendant 26 minutes et pourtant, elle n’était qu’à un coin de rue de ma maison», s’inquiète-t-il.

Pour les gens qui travaillent pendant le festival, la circulation devra être réduite au minimum. Des entrepreneurs ont d’ailleurs soulevé des enjeux importants puisqu’ils ne pourront circuler avec leur remorque. «Si je comprends bien, je ne pourrais pas circuler avec ma remorque. Je devrai la laisser quelque part», a questionné Éric St-Arnaud. Les autorités ont pris l’information en note et devraient lui revenir.

Une cinquantaine de citoyens étaient présents pour la seconde rencontre informative concernant l’accès aux résidences entourant le quadrilatère du Festival western de Saint-Tite.

Achat d’un terrain
La mairesse de Saint-Tite a expliqué que la ville a fait l’achat d’un terrain derrière l’école secondaire Paul-Le Jeune et a passé un accord avec la Commission scolaire de l’Énergie pour créer une voie de contournement réservée aux résidents du secteur. De plus, une entente a été faite avec un citoyen près de la rue Marchand pour que les résidents puissent passer sur son terrain. «Nous allons octroyer deux vignettes, une pour la voie derrière l’école et une pour l’autre accès. Cependant, elles sont réservées pour les urgences et le travail», explique la mairesse.

Une ligne d’urgence
La mairesse promet qu’une ligne d’urgence sera mise en place. Les résidents du quadrilatère du Festival western de Saint-Tite pourront donc appeler en cas de problème. Pour les résidents du secteur, il n’est pas évident de composer avec la fermeture des rues. Cependant, ils sont unanimes en ce qui a trait à la sécurité, elle est une priorité. Ils estiment cependant qu’il y a encore du travail à faire pour régler tous les enjeux.

Des festivaliers inquiets
De plus, en raison de la fermeture de la route 159, l’accès des autocaravanes est très limité vers les rues du quadrilatère. Comme les festivaliers sont nombreux à se déplacer vers Saint-Tite, le manque de place pour les autocaravanes se fait rapidement sentir. Depuis plusieurs années, les résidents accueillent littéralement les festivaliers dans leur cour arrière. D’ailleurs, ils sont nombreux à recevoir les mêmes festivaliers, année après année.

Par contre, selon le plan de circulation établi, les festivaliers qui désirent se stationner chez les résidents des rues Brunelle, Marchand, Proulx et Guertin devront arriver le 6 septembre avant 17h s’ils veulent accéder à leur emplacement et quitter leur emplacement entre 4h30 et 8h am le 16 septembre. «C’est très difficile pour les festivaliers d’arriver à l’intérieur de ces heures. Souvent, ils terminent leur travail à 16h le jeudi et ils arrivent ensuite. Pour nous, ce sont des revenus importants, mais aussi pour le festival. Si ces gens ne peuvent pas venir, le festival va perdre de l’achalandage», a mentionné Éric St-Arnaud.

Pour la mairesse Pronovost, la situation est complexe. «Je dois respecter les mesures de sécurité de la Sûreté du Québec et je désire trouver des solutions pour que vous ayez le moins d’impact possible. Ce n’est pas facile. Là, aidez-nous à vous aider. Si vous démontrez que c’est possible de bien fonctionner par les voies d’accès, nous aurons peut-être l’autorisation de le faire les autres années aussi», a-t-elle demandé aux citoyens présents. De son côté, le directeur général de la ville, François Monfette, a tenté de rassurer les citoyens, mais il a tôt fait de se faire rappeler qu’il n’était pas un résident de la municipalité et qu’il ne pouvait pas comprendre la réalité des citoyens.

«Nous aimons notre festival, nous sommes même des bénévoles, mais c’est difficile de ne pas pouvoir circuler et avoir accès à nos résidences», a confié Annie St-Amand aux autorités.

Pour sa part, Serge Roberge, le directeur général adjoint du Festival western de Saint-Tite, souligne que ces mesures de sécurité vont avoir un impact sur le festival, mais que la gestion de la sécurité est une priorité.

«Nous voulons que les festivaliers et les résidents soient en sécurité. Ce n’est pas une demande du festival, mais nous allons composer avec», conclut-il.