À l’avant, Bob le Chef et son fils, Elvis Penny. À l’arrière: Sébastien Demers, président de l’Association des techniciens en prévention incendie, Marie-France Bergeron, co-porte-parole et Dany Cloutier, directeur de la Sécurité incendie et de la Sécurité civile de la Ville de Trois-Rivières.

Prévention des incendies: le feu naît surtout dans la négligence

Trois-Rivières — La Semaine de prévention des incendies a été lancée à la caserne incendie numéro 1 de Trois-Rivières, sur le boulevard des Chenaux alors que les pompiers de cette équipe se remettaient d’un combat avec l’élément destructeur chez Menthes Rito.

Tous les feux ne naissent pas de la même façon. Dans les résidences du Québec, c’est surtout dans la cuisine que ça se passe. La friture et surtout les chaudrons laissés sans attention sont les facteurs qui favorisent le drame.

Marie-France Bergeron, lieutenante à l’éducation du public au Service d’incendie de Drummondville et co-porte-parole de la Semaine nationale de prévention des incendies est venue faire le lancement officiel de cette semaine avec Bob le Chef, une personnalité bien connue du milieu culinaire.

«Le tiers des incendies commencent dans la cuisine et la principale cause est la négligence», dit-elle. Certes, on parle de chaudrons oubliés, mais les incendies sont aussi allumés par des cigarettes, les articles de fumeurs et les cendres chaudes, un élément auquel il faudra prêter une attention toute particulière avec l’arrivée prochaine de l’hiver.

Dans la cuisine, la lieutenante Bergeron conseille de ne plus utiliser de chaudrons d’huile, pour la friture. «Utilisez une friteuse. Elle va vous permettre de régulariser la température de l’huile», dit-elle. Plus sécuritaire, elle permettra en prime d’obtenir «une cuisson parfaite», fait-elle valoir.

«Le chaudron d’huile, on ne connaît pas sa température. On ne sait pas s’il va s’enflammer. Il s’agit que le téléphone sonne, que vous soyez inattentif et c’est la cuisine qui y passe», prévient-elle.

Si jamais on est confronté à des flammes qui émergent d’un chaudron, dès le début, il faut étouffer le feu. «On garde toujours le couvercle tout près. On le pose dessus, on le tasse et l’on ferme la chaleur», explique-t-elle, «mais jamais on ne déplace le chaudron en flammes, jamais le mettre dans le lavabo.» Surtout, ne jamais jeter de l’eau sur un feu d’huile, avertit la pompière. «Ce sont des ennemis. C’est une boule de feu qui va monter aux armoires et au plafond. Ça détruit les cuisines.» Si c’est trop tard pour cette simple intervention, «on sort dehors et on appelle le 911», conseille-t-elle.

Le ministère de la Sécurité publique a d’ailleurs mis, sur son site web www.securitepublique.gouv.qc.ca/spi une série de capsules vidéo permettant de mieux comprendre les situations qui peuvent créer des incendies. Le fameux BBQ, par exemple, doit absolument se situer à un mètre et plus de la maison, même si elle est en brique.

Le co-porte-parole de la Semaine de prévention des incendies, Bob le Chef, rappelle qu’il faut faire attention de ne pas porter de vêtements amples autour d’un feu de cuisson. Le chef invite le public à être vigilant: «Quand on cuisine, il faut garder les yeux sur le puck, pas celui qui est à la TV», fait-il valoir. Pas moins de 25 incendies par semaine éclatent dans la cuisine, dit-il. Au Québec, plus de 22 000 incendies de domicile sont survenus depuis 2013. «Entre 2011 et 2015, 74 décès sont survenus à la suite d’incendies de cuisine», précise le porte-parole. «Pour éviter ça, il faut faire de la prévention», dit-il.

La Semaine de prévention des incendies se conclura le samedi, 13 octobre, par une journée portes ouvertes dans plusieurs casernes au Québec.