Le candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, en discussion avec l’ancien candidat conservateur dans Trois-Rivières, Yves Lévesque.
Le candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, en discussion avec l’ancien candidat conservateur dans Trois-Rivières, Yves Lévesque.

«Prêt pour un débat contre M. Trudeau»

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’un des huit candidats à la chefferie du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, s’est arrêté lundi au restaurant Brasier 1908 à Trois-Rivières pour échanger avec des militants et d’anciens candidats aux dernières élections fédérales, dont Yves Lévesque.

«Andrew Scheer a commencé notre campagne ici à Trois-Rivières avec Yves, et j’espère qu’on va trouver un candidat comme Yves la prochaine fois. Yves est un candidat extraordinaire pour une circonscription comme ça», a-t-il confié en entrevue.

Et l’ancien maire s’est dit prêt à livrer bataille à nouveau. «Ça dépend du temps car le temps en politique peut être long ou court», a-t-il souligné.

Mais pour l’aspirant-chef, «on doit trouver des candidats excellents comme Yves avec de l’expérience dans le gouvernement municipal». «Avec les candidats et des politiques appropriées pour le Québec, on va gagner plus de sièges la prochaine fois. Je vais travailler plus fort sur ce défi pour nous», a promis le député ontarien.

Même s’il avait mordu la poussière lors de la dernière course au leadership, terminant troisième derrière Andrew Scheer et Maxime Bernier, Erin O’Toole croit que cette fois sera la bonne.

«On va gagner parce que j’ai l’appui des bénévoles partout au Canada, incluant ici au Québec, et j’ai plus d’expérience que les autres. Je suis déjà un député à la Chambre des communes. J’ai l’expérience nécessaire de gagner la prochaine élection», affirme-t-il.

Et la barrière de la langue? «J’ai appris mon français dans les Forces armées canadiennes, quand j’étais un officier dans les forces aériennes. Je parle un peu comme un soldat, et pas un diplomate, mais ça fonctionne. C’est très important de comprendre les enjeux importants pour les Québécois. Je peux faire ça maintenant, et j’ai la capacité d’améliorer mon français aussi, mais je suis prêt pour un débat contre M. Trudeau aujourd’hui», soutient l’homme de 47 ans.

Interrogé au sujet du train à grande fréquence devant passer par Trois-Rivières, il trouve «qu’il y a beaucoup de potentiel avec ce projet». «On va voir dans l’avenir si on a de l’argent pour ça et s’il y a de l’intérêt avec le secteur privé. C’est très important pour le futur parce qu’on doit réduire les autos sur la route», a-t-il commenté.

Quant à la pyrrhotite, M. O’Toole se dit prêt à «regarder le plan d’assistance du gouvernement Trudeau et les poursuites sur cet enjeu». «C’est très important de donner l’aide aux familles affectées. Il y en a 7000 à Trois-Rivières. Donc, on va évaluer cet enjeu dans le futur», a-t-il fait savoir.

À ce sujet, Yves Lévesque déplore que le ministre François-Philippe Champagne ait dit que son gouvernement en avait assez fait alors plusieurs victimes sont encore dans une situation précaire.

«Pourtant durant la campagne, la candidate et le parti ont laissé sous-entendre aux gens qu’ils allaient être au rendez-vous pour régler leurs problèmes. M. Champagne était prêt à ouvrir les portes pour les aider. Je trouve surprenant qu’il ait fait un comité parce qu’il n’avait pas le temps de les rencontrer. Il n’est pas au courant du dossier et les gens disent qu’ils ne l’ont pas vu depuis 2018», fait remarquer l’ancien premier magistrat.

Selon lui, au plan national, la gestion de crise avec les autochtones démontre clairement que le leadership de M. Trudeau n’est pas au rendez-vous «encore une fois». «Pourtant, les gens le savaient avant les élections, c’est le même personnage après les élections. Là, on a un constat réel de la situation. Il n’y a pas deux lois, mais une loi au Canada. On peut négocier de façon respectueuse avec la communauté autochtone, mais tout en respectant les lois canadiennes», se plaît à indiquer M. Lévesque.

«Il n’y a pas de leadership avec M. Trudeau. Il voyageait en Afrique et dans les autres pays pour un siège aux Nations Unies quand il y a une crise économique chez nous. On doit arrêter des blocus illégaux, on doit avoir un gouvernement qui va respecter nos lois et on va faire ça comme premier ministre», a renchéri M. O’Toole.

Par rapport au Bloc québécois, Yves Lévesque croit que ce parti va s’accrocher au pouvoir le plus longtemps possible, au prix de compromis.

«Ce que j’aime du Parti conservateur, il fait ce qu’il dit. Ce qui est important pour moi, c’est d’être crédible. Et après 24 ans en politique municipale, les gens me connaissent», conclut-il.